Narazumono sentou butai: Bloody Wolf (PC Engine, 1989)

NARAZUMONO SENTOU BUTAI: BLOODY WOLF
Titre alternatif : Bloody Wolf
Année : 1989
Studio : Data East
Éditeur : Data East
Genre : une fin, deux loups
Joué et testé sur PC Engine
Support : HuCard


Le président vient d’être kidnappé. Un commando surentrainé, formé des soldats Snake et Eagle, va partir à sa rescousse pour tenter de le libérer de sa geôle : une base secrète dissimulée en pleine jungle. Prenez garde à vous… et un dernier conseil : ne faites confiance à personne.

On dit souvent que les retrogamers nes-talgiques, adeptes du oldisme, aiment se replonger dans leurs jeux d’antan pour leur difficulté, aujourd’hui passée à la moulinette neo-casual de la next-gen (auto-régénération, checkpoints toutes les 15 secondes, continus infinis…). Il y a une part de vérité, certes, mais une part seulement. Car on aime aussi nos vieux softs poussiéreux pour leur gameplay qui va à l’essentiel, indépendamment de toute notion de difficulté. BLOODY WOLF, sur PC Engine, en est une bonne illustration : pas extrêmement difficile (à l’exception du boss de fins – au pluriel, oui), BLOODY WOLF n’en demeure pas moins un super jeu, qui a remarquablement bien vieilli malgré ses pixels accusant plus de vingt ans d’âge. Oui, BLOODY WOLF est un bon cru-el. Sanglant, bourrin comme on aime, proposant pas mal d’armes différentes (couteau, grenades, roquettes, lance-flammes, tirs multidirectionnels) et des mouvements très variés pour le genre run & gun (on peut sauter, grimper, faire de la moto, plonger sous l’eau), le jeu de la mythique firme Data East est un pur concentré de bonheur vidéoludique old-school.

S’il s’agit bien de run & gun, la « caméra » abandonne ici la classique 2D (à la CONTRA) et la vue de dessus (à la IKARI WARRIORS) pour un léger mélange des deux, accouchant ainsi d’une simili-vue en perspective isométrique qui permet de donner pas mal de profondeur aux décors. On pourra ainsi monter sur des plates-formes, naviguer sur un radeau, descendre des talus à flanc de montagne, grimper sur des grillages et bien évidemment profiter de ladite perspective pour slalomer entre les balles et grenades ennemies qui vont pleuvoir à grosses gouttes. BLOODY WOLF n’est donc absolument pas un simple run & gun parmi d’autres. Il fourmille en effet de petits détails originaux et attachants, qui font clairement la différence avec la concurrence : les objectifs variés, le sauvetage d’otages, la scène durant laquelle il vous faudra protéger le président, les rondins de bois qui roulent pour vous écraser, le niveau un peu ouvert dans un camp ennemi, les musiques super cool, certaines séquences faisant presque penser à un jeu de plates-formes (sur le pont), ou encore… l’excellent retournement de situation à la fin du jeu… qui vous apprendra que vous n’êtes en fait arrivé qu’à mi-parcours ! Du coup, il faut relativiser la relative facilité du soft : oui il est simple de libérer le président, mais continuer l’aventure dans la foulée avec le deuxième personnage (dans de nouveaux décors et avec de nouveaux objectifs) vous demandera malgré tout pas mal de dextérité, surtout qu’accessoirement vous perdrez toutes vos améliorations. Sans parler du fait que les boss deviendront aussi de plus en plus durs à battre – rien d’impossible, loin de là, mais vous mourrez quelques fois pour comprendre comment les mettre à mal.

Varié et bourrin avec de bons vieux boss à l’ancienne, BLOODY WOLF est à mon sens l’un des meilleurs jeux dans sa catégorie. Surtout que son gameplay est très riche pour le genre (vous pouvez par exemple toujours choisir entre une attaque à l’arme à feu ou au corps à corps, voire même à la grenade). Hélas, et un peu à la manière des héros de cette aventure musclée, c’est la mort dans l’arme que je me dois de lister les quelques défauts du soft : des ralentissements sont présents dès qu’il y a trop de mouvements à l’écran… et il est impossible de jouer à deux (contrairement à la borne d’arcade). Heureusement, l’aventure qui va sans cesse crescendo (avec retournements de situation à la clé) et le sang abondant de vos ennemis vont vous aider à avaler la pilule. Le bloody wolf que vous êtes en reprendra bien une gorgée ?

Note :           Nostalgie :

BLOODY WOLF est un super jeu d’action : aventure longue, mouvements variés, de nombreux décors et pièges différents, un niveau quasi-ouvert, un arsenal riche et la possibilité d’améliorer votre personnage. Vous en voulez encore? Que dire des boss, alors? Si certains se ressemblent légèrement (des tanks ou un hélico à dégommer un peu comme dans CABAL), d’autres sont plus originaux et vous mourrez sans doute plusieurs fois avant de deviner comment en venir à bout. Un jeu immanquable sur PC Engine, malgré l’absence de parties à deux.

mag vintage

5 réflexions au sujet de “Narazumono sentou butai: Bloody Wolf (PC Engine, 1989)”

  1. Je me suis remis à Bloody Wolf aussi, suite à la lecture de cet excellent test. Pour l’instant, les premiers niveaux m’ont paru assez peu intenses. C’est plus précis que bourrin sur le début. J’attends de voir comment les niveaux évoluent par la suite !

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    • Excellent ce BLOODY WOLF ! Merci pour la lecture. Tu as raison concernant l’intensité faiblarde au début. D’ailleurs en plus de l’action presque non-stop, le jeu est aussi varié avec des objectifs sympas pour diversifier les plaisirs. Et oui : c’était la belle époque où il était possible de slalomer entre les balles comme dans MATRIX mais à vitesse réelle ahahah ! De mémoire le jeu devient assez dur sur la fin quand même. Tu me diras si tu parviens à vaincre sans trop transpirer.^^

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      • Je suis arrivé au dernier boss hier. Je maîtrise bien son premier pattern, par contre le second est plus dur à lire. Je commençais à me débrouiller (il ne lui restait plus qu’un carré de vie !), mais là grosse erreur, j’ai fait un reset en voulant mettre sur pause 🙁 Bref, le deuxième pattern du dernier boss est chaud, le reste ça va.

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          • En fait, cette histoire de reset m’est arrivé car je trichais en mettant le jeu sur pause pour voir de quel côté arrivait le boss et avoir le temps d’aviser sur le meilleur placement possible 🙂

            Entre temps, j’ai fini Bloody Wolf. Pour le deuxième pattern, j’attendais que le boss tire et ensuite je m’apprchais de lui pour lui mettre un maximum de coups de couteau ! Un très bon jeu qui m’a un peu surpris. Je m’attendais à quelque chose de super bourrin, et au final, c’est un jeu plutôt carré, qui requiert demande patience, timing, et précision.

            Le “niveau ouvert” que tu mentionnes dans le test est le 5ème et c’est le plus lourd, car il faut délivrer tous les nombreux otages en une seule vie sous peine de tout recommencer à zéro.

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