Batman (Game Boy, 1990)

icone game-boyBATMAN
Titre alternatif : Batman: The Video Game
Année : 1990
Studio : SunSoft
Éditeur : SunSoft
Genre : le Joker attaque sans (bat) mobile
Joué et testé sur Game Boy
Support : cartouche


Batman surprend une conversation entre le commissaire Gordon et un officier de police : Jack Napier se serait retranché dans une usine avec ses sbires. Ni une, ni deux : Bat’ fonce tête baissée (il est habitué puisqu’il dort la tête en bas) dans ce qu’il devine être un piège. Il va rapidement mettre fin aux tergiversations de Napier… qui va pourtant parvenir à s’enfuir, affreusement défiguré. Les deux hommes (?) se retrouveront alors bien plus tard… au sommet d’une bien triste cathédrale.

Alors oui je sais, dans BATMAN sur Game Boy, notre musculeux Bruce Wayne ressemble davantage à une mouche qui se serait écrasée sur l’écran de la petite console de Nintendo, qu’à un grand héros masqué. Mais bon, une mouche, une chauve-souris… après tout on reste à peu près dans la même catégorie.
Et puis surtout, BATMAN est une petite perle vidéoludique, un jeu de plates-formes qui parvient à cumuler à peu près tous les bons points nécessaires à tout bon hit.


Bat’ harangue la foule

La maniabilité : BATMAN est simple et hyper jouable (une fois que l’on s’est un peu habitué à l’inertie du personnage). Les sauts sont modulables (suivant la pression effectuée sur le bouton) et rappellent au fan qui l’aurait oublié que Batman est capable de légèrement planer avec sa Batcape. On peut aussi s’accroupir et avancer en se baissant, et bien évidemment tirer avec l’arme de son choix – on peut en récupérer plusieurs durant le jeu, depuis le petit laser, en passant par la grosse boulette et le génial Batarang qui revient toujours à son destinataire.
Les bonus : en plus des armes, il est possible de récupérer des petites chauves-souris qui servent de protection, des vies supplémentaires ou des power-ups vous permettant de tirer davantage (attention, certains power-ups, au contraire, diminuent les capacités de votre arme !).
Les secrets : il n’y en a pas des centaines mais ils sont malgré tout en nombre suffisant pour pousser le joueur à l’exploration (un bonus inatteignable ? Impossible : cherchez les escaliers cachés ou le passage dissimulé dans un mur !).
La variété : les développeurs ont eu l’intelligence d’ajouter aux phases de plates-formes classiques, quelques chapitres aux commandes de la Batwing. Il s’agit alors d’un pur shoot’em up à l’ancienne, avec un scrolling horizontal, d’une qualité qui ferait rougir de honte certains autres shoots sur Game Boy ou ordinateurs 8 bits. La Batwing est super maniable et bien animée, on peut tirer devant ou derrière (les deux boutons de la Game Boy sont donc utilisés) et les quelques boss sont vraiment bons avec des patterns originaux blindés de boulettes (le dernier boss sera un peu difficile à passer pour les non-initiés aux shoots).

BATMAN c’est donc du fun en barres, qui se permet même le luxe de reprendre à la lettre le scénario du film de Tim Burton (au moins voici une adaptation fidèle !). Attendez-vous donc à poursuivre le Joker et à aider Gotham (oui les citoyens de la ville et Vicky valent la peine d’être sauvés). Par contre, on ne retrouve pas les musiques composées par Danny Elfman mais des thèmes originaux de toute beauté : la Game Boy en avait vraiment dans le ventre (comme le Lt. Eckhardt mais pour d’autres raisons). Concernant le reste de la réalisation technique il faut dire les choses comme elles sont : c’est pas extraordinaire. Si les décors sont sympas, les différents personnages relèvent davantage de l’amas de pixels que d’autre chose. Enfin bref, on oublie vite ce petit défaut car le jeu est hyper maniable et très prenant. On saute, on s’accroupit, on shoot, shoot, shoot, on ressaute, on navigue de plate-forme en plate-forme et on se dit que le jeu n’est finalement pas très difficile. Jusqu’à ce que l’on pose les pieds dans le dernier niveau… d’une difficulté presque surréaliste. Imaginez un instant : vous êtes dans la cathédrale, les ennemis sont nombreux MAIS le décor avance à toute allure, de la gauche vers la droite, vous forçant à vous dépêcher. Bien évidemment au moindre faux pas c’est la chute assurée ou le tir vicieux encaissé de plein fouet et anéantissant ainsi vos derniers points de vie. Que les continus soient infinis ne change pas grand-chose à l’affaire : ce passage est d’une difficulté à taper la tête de Joel Schumacher contre les murs. Et comme il n’y a aucun password de prévu, bon courage pour vous relancer dans l’aventure. BATMAN n’est donc certainement pas le jeu auquel on s’adonne au bureau pendant la pause-déjeuner (le stress causé par les derniers niveaux et le boss final pourrait vous pousser à vous venger sur vos collègues – celles qui arrêtent de travailler quelques minutes avant l’heure afin de franchir la porte de sortie à l’heure pile). Il vaut mieux se réserver deux petites heures tranquilles afin d’être bien concentrés sur la chose. BATMAN est donc un jeu de console portable… de salon. Ce qui pourrait constituer un défaut pour certains joueurs.

Hormis ce point, quelques petits trucs ridicules (les ennemis qui se suicident en se jetant dans le vide !) et la difficulté qui n’est pas du tout progressive (puisqu’on passe d’un coup d’un seul d’un jeu facile à un jeu quasiment hardcore), BATMAN sur Game Boy constitue une réussite absolue du jeu de plates-formes saupoudré d’un zest de shoot’em up. Un classique de la petite console blanche qui pique les yeux et provoque ainsi des petites larmes de nostalgie.

Note :       Nostalgie :

BATMAN n’est pas le plus beau jeu ayant pour thème l’homme à la cape sorti sur Game Boy, et pourtant il est peut-être le meilleur. Il vient aussi confirmer que Batman est sans doute le super-héros ayant connu le plus grand nombre d’adaptations vidéoludiques de qualité (jusqu’à encore très récemment, avec le superbe BATMAN: ARKHAM ASYLUM). BATMAN, sur Game Boy, ce sont donc des sprites tout riquiquis (et pas franchement jolis) mais qui, paradoxalement, mettent les grands décors en valeur (on voit ainsi les tirs ennemis arriver de loin, et aucune mort n’est due à la malchance). Super jouable, très varié (jeu de plates-formes, shoot’em up en Batwing, duels contre le Joker, un dernier niveau original) mais aussi assez difficile sur la fin, BATMAN devrait pouvoir contenter tous les joueurs. Un grand bravo à SunSoft, donc, coutumier du fait puisque cet éditeur est responsable d’autres bons jeux dédiés à cette même franchise : DYNAMITE BATMAN (Famicom), BATMAN (Famicom et Megadrive)…

Une vidéo de gameplay :

mag vintage

Ce contenu a été publié dans OLD-GEN, Test, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *