Operation Stealth (Amiga, 1990)

icone amiga_500OPERATION STEALTH
Titre alternatif : James Bond: The Stealth Affair
Année : 1990
Studio : Delphine Software
Éditeur : Delphine Software
Genre : le SPECTRE de James Bond plane…
Joué sur Amiga et PC, testé sur Amiga
Support : disquettes


Un avion ultra-sophistiqué vient d’être dérobé par une obscure organisation terroriste. Vous êtes John Glames, agent de la CIA. Votre chef vous envoie au Santa Paragua, en Amérique du Sud, pour retrouver la trace du prototype. Sur place, vous avez rendez-vous avec votre contact… qui a juste le temps de vous remettre une clé et un code… avant de mourir le corps criblé de balles. Ça commence mal…


Go ahead John, don’t be a (octo)pussy !

Un an après le superbe LES VOYAGEURS DU TEMPS, l’équipe de Paul Cuisset remettait le couvert avec un nouveau point & click remarquable : OPERATION STEALTH. Première grosse différence entre les deux jeux : OPERATION STEALTH perd le graphiste Éric Chahi pour une nouvelle équipe qui orientera le design vers les comics (vous reconnaitrez sans doute des similitudes avec OCEAN BEACH VOLLEY ou encore IVANHOE). Et ça fonctionne plutôt bien : on saute à pieds joints dans l’aventure d’espionnage (bien évidemment une parodie de James Bond) et si les mécaniques sont similaires aux VOYAGEURS DU TEMPS, le gameplay a été amélioré, affiné. Les menus, actions et clics sont ainsi beaucoup plus intuitifs que dans le titre précité, nous permettant ainsi de naviguer avec une facilité déconcertante entre notre inventaire, les actions possibles ou encore les objets présents à l’écran (inutile d’être à côté pour les observer, les prendre ou encore les actionner : ouf !).

Du côté des références, le fan de James Bond s’amusera à pister tous les clins d’œil disséminés ça et là. La cigarette explosive (YOU ONLY LIVE TWICE), John Glames qui sort de la mer en costard (GOLDFINGER), la base qui surgit des eaux (THE SPY WHO LOVED ME), le QG planqué dans un sous-marin (YOU ONLY LIVE TWICE), le stylo acide (OCTOPUSSY), le personnage féminin dans le rôle de la potiche (et James Bande) et tout un tas d’autres détails que je vous invite à découvrir par vous-même (l’uniforme des méchants, le canot de sauvetage à la fin, etc.). Le jeu est tellement proche de la célèbre franchise ciné qu’il fut même rebaptisé JAMES BOND: THE STEALTH AFFAIR pour le marché américain (pas très logique, puisque dans le jeu le héros bosse pour la CIA… mais passons.).

Sur le fond, c’est du point & click à l’ancienne comme on aime : chaque pixel à l’écran peut avoir son importance, l’inventaire est vital, le jeu se révèle parfois très sournois (pensez bien à faire de la monnaie deux fois de suite à la banque, sous peine de vous retrouver bloqué plus tard dans le jeu !) mais au final la difficulté du titre n’a absolument rien d’insurmontable pour qui connaît un peu les ficelles, non pas des bikinis des James Bond Girls, mais du genre. En plus vous pouvez sauvegarder autant que vous le souhaitez, et ce à quasiment n’importe quel moment du jeu : un détail important, en particulier durant les phases d’arcade d’OPERATION STEALTH. Oui vous avez bien lu : les phases d’arcade. Il s’agit d’ailleurs du seul vrai défaut du jeu : elles sont trop nombreuses, et parfois trop dures. Si les phases sous-marines sont sympathiques, si la poursuite en scooter des mers ne fait pas de vagues et nous fait au contraire un peu changer d’air (c’est assez facile, donc fun), les différents labyrinthes (notamment ceux plongés dans l’obscurité avec des rats) sont un véritable supplice, surtout que la maniabilité à la souris n’est pas vraiment adaptée à ce genre de challenges. Heureusement, comme je l’ai déjà précisé, on peut aussi sauvegarder pendant ces phases, aussi je vous conseille de le faire à chaque nouveau centimètre gagné sur l’ennemi ! Bon, la difficulté est loin d’être hardcore, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit… Néanmoins je ne comprends pas la présence de telles scènes dans un jeu d’aventure. Si on voulait de l’arcade et du stress, on ne jouerait pas à un point & click, non ?

Ci-dessous en images : les phases d’arcade (ou de torture ?).

OPERATION STEALTH demeure malgré tout un très bon point & click, drôle, parfois original et souvent dépaysant. Dans mes souvenirs (oui je l’avais déjà terminé plusieurs fois l’année de sa sortie) il s’agissait même d’un jeu exceptionnel. Après y avoir rejoué plusieurs dizaines d’années après, mon avis a été légèrement revu à la baisse : OPERATION STEALTH est certes mieux emballé que LES VOYAGEURS DU TEMPS, mais il ne lui est pas si supérieur, finalement. Surtout, quelques jeux de LucasArts ont placé la barre du point & click encore plus haut (THE SECRET OF MONKEY ISLAND, INDIANA JONES AND THE LAST CRUSADE). Mais peut-être était-ce aussi le souhait de Delphine Software, à l’époque : faire des jeux d’aventure plus faciles d’accès et donc légèrement sous-évalués par une catégorie de joueurs un peu élitistes (dont j’ai dû faire partie à un moment donné). OPERATION STEALTH n’en demeure pas moins un très bon jeu, et sans doute toujours l’un de mes point & click préférés.

En 1990, avec OPERATION STEALTH, Delphine Software faisait donc indéniablement un grand James bond en avant : dans les années qui suivirent, l’éditeur accumula en effet les titres novateurs et/ou d’exception (CROISIÈRE POUR UN CADAVRE, ANOTHER WORLD, FLASHBACK). Quelle glorieuse époque pour les jeux vidéo !

Note :      Nostalgie :

Avec OPERATION STEALTH, Delphine Software signait un très bon point & click, qui demeure aujourd’hui encore dans le cœur de bien des fans de l’Amiga (sur PC le jeu est très bon, mais les musiques sont affreuses). L’équipe de Paul Cuisset a en effet réussi à renouveler le tour de force effectué sur LES VOYAGEURS DU TEMPS, en affinant l’interface tout en prenant le risque de changer complètement les graphismes et l’univers. Pari gagnant pour cette parodie de James Bond trépidante et parfois un peu tortueuse (mais pas trop, le bon équilibre est trouvé). Un seul point noir : les phases d’arcade auraient pu être sympathiques (pour varier un peu) mais certaines d’entre elles sont juste énervantes et n’ont absolument pas leur place dans un jeu d’aventure.

Images : jeux vidéo et des bas (version PC)

L’intro du jeu, sur Amiga :

mag vintage

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2 réponses à Operation Stealth (Amiga, 1990)

  1. Louis-Jean LONGEPE dit :

    Bonjour,

    Je cherche à acquérir ce jeu (Opération STEALTH) version PC sans devoir prendre un abonnement de quelle sorte que ce soit.
    Est-ce possible et si oui, merci de bien vouloir me donner la marche à suivre.
    Bonne journée

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