Loom (PC Engine Duo, 1992)

loom pc engine duo_fronticone pc engine duoLOOM
Année : 1992
Studio : Realtime Associates
Éditeur : Victor Interactive Software
Genre : un jeu sans fausse note
Joué sur Amiga, PC, PC Engine Duo, testé sur PC Engine Duo
Support : SUPER CD-ROM²


Dans un monde de contes de fées, où les dragons dérobent encore les moutons des bergers, où il est possible d’ouvrir le ciel, de discuter avec des revenants voire, même, de teindre des draps blancs en vert (ne cherchez pas, un jour ça vous sera utile), la paisible Guilde des Tisserands va connaître un chamboulement auquel elle n’est pas habituée : chacun de ses membres va en effet être transformé en cygne et disparaitre dans les affres du temps. Bobbin Threadbare, jeune disciple de la Guilde des Tisserands, va se lancer à la recherche des siens. Pour l’aider dans sa tâche, il pourra compter sur le bâton magique de l’Ancien Atropos, lui aussi disparu. Le bâton en question, une quenouille de tisserands, permet à son possesseur de lancer des sorts. Encore faut-il en connaître les quatre notes, puisque dans l’univers de Loom, tout se fait en musique.

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On entend très souvent les joueurs occidentaux se plaindre, prétendre que les Japonais sont ultra favorisés, qu’il n’y aurait qu’à nos chères petites têtes blondes que l’on refuserait certaines localisations. C’est bien évidemment archi faux, et de très nombreux jeux européens et américains n’ont jamais franchi les portes de l’archipel japonais. Il en va ainsi de certains titres cultes (ou pas loin de l’être), et ce sur toutes les générations de machine : DUNE, DUNE II, la série THIEF (même le troisième n’est jamais sorti sur la Xbox japonaise) ou plus près de nous DEAD SPACE, THE CHRONICLES OF RIDDICK et tant d’autres. Aucun public n’est donc favorisé, et pour connaitre le privilège de pouvoir jouer à tout sans subir ces restrictions ubuesques qui subsistent encore aujourd’hui, il convient donc de savoir parler au moins une langue étrangère et d’éviter les machines zonées.

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Très étrangement, certains point & click de la fin des années 80 et du début des années 90, édités par LucasArts, ont connu une localisation au Japon – on doit ce miracle au succès du mythique ordinateur personnel FM Towns (le pendant du non moins culte ordinateur occidental Amiga). Des titres comme THE SECRET OF MONKEY ISLAND, ZAK MCKRACKEN, INDIANA JONES AND THE FATE OF ATLANTIS et LOOM ont ainsi connu des versions FM Towns, bien évidemment traduites en japonais. LOOM a pour sa part connu la particularité de s’être frayé un chemin jusque sur les SUPER CD-ROM² de la PC Engine Duo. Alors, ce LOOM tatamisé, qu’est-ce qu’il donne ? Et bien tout d’abord, il est intégralement en japonais (tandis que d’autres jeux de cette époque permettaient de choisir entre l’anglais et le japonais). Ensuite, et techniquement parlant, il correspond peu ou prou à la version Amiga 500 – les musiques de qualité CD en plus. Il est donc globalement inférieur au jeu édité sur PC CD-ROM en 1992. Enfin, il convient bien évidemment d’y jouer au joypad, et non pas à la souris : il ne s’agit aucunement d’une gageure, les clics n’étant pas si nombreux à réaliser et le jeu se parcourant en totale dilettante. Dernier détail concernant le packaging : un peu chiche puisqu’il s’agit d’un boîtier CD comme tous les autres jeux au format SUPER CD-ROM², mais qui contient malgré tout le Cahier des Trames (inclus dans la notice) dans lequel vous pouvez noter vos sorts nouvellement acquis. Un Cahier des Trames qui détaille de très nombreux sorts – bien plus nombreux que ceux dont vous aurez besoin au cours de votre aventure : un indice supplémentaire confirmant qu’une suite à LOOM était bel et bien envisagée dès le départ. Hélas et comme tout le monde le sait aujourd’hui, cette suite n’a jamais vu le jour.

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LOOM, sur PC Engine, c’est donc l’assurance de passer un joli moment : magique, presque poétique – et relaxant, aucun Game Over ne venant sanctionner votre parcours initiatique. Non, malgré l’omniprésence musicale de Tchaïkovski dans la bande originale de LOOM, le jeu n’est jamais casse-noisette. Oubliez donc le stress du travail, la cohue dans le RER, votre collègue qui ne parle que des résultats scolaires de ses enfants. Prenez le temps de souffler un peu : plongez dans l’univers onirique de LOOM. Son atmosphère éthérée. Ses personnages enchanteurs renvoyant à de discrètes mythologies, à de savantes comptines. Son gameplay simplifié à l’extrême afin de nous faire goûter à la substantifique moelle de son âme vidélodique : la musique. Flanqué de votre bâton (une quenouille), vous allez ainsi partir à la recherche de différents sorts. Un clic sur de la teinture verte, et vous apprendrez quatre notes : le sort de teinture. Ces quatre notes jouées à l’envers, et vous obtenez le sort de décoloration. A mesure que vous progressez dans l’aventure, vos talents augmenteront, vous permettant par la même occasion de jouer davantage de notes – et par conséquent plus de sorts. Un clic. Oui, c’est tout. Un clic et aucun inventaire. Aucune combinaison d’objets. Pas de mystères tortueux ou de labyrinthes détestés des migraineux. Juste un seul bouton ; un simple clic. Et la promesse d’une aventure courte, mais inoubliable.

LOOM, c’est l’impression d’avoir de la magie partout. Dans le nulle part, dans le tout. Intangible. Voire au plus près de nos corps éthériques. Un amour de jeu pour l’éther tout, l’éther rien. Et les terriennes aussi.

Note : joystick 2joystick 2joystick 2joystick  Nostalgie : joystick 2joystick 2joystick 2joystick 2

Même s’il se termine rapidement, LOOM n’en demeure pas moins un grand jeu, et ce quelle que  soit la version envisagée. Excellent sur Amiga, LOOM est encore meilleur sur l’ordinateur japonais FM Towns (graphismes plus fins, musiques de qualité CD). Sur PC Engine Duo, on retrouve cette qualité CD pour l’ambiance sonore, mais les graphismes sont plus proches de ceux de la version Amiga. De toute manière, la meilleure version de LOOM demeure incontestablement celle sortie sur PC CD-ROM en 1992 : on y retrouve de superbes graphismes, des musiques très propres et, surtout pour la première fois d’excellents doublages (d’où l’absence des scènes en gros plan, présentes par exemple sur PC Engine, en raison d’un problème de synchronisation labiale avec les dialogues).

Images : jeux vidéo et des bas

Vidéo de la version américaine :

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