Kiki KaiKai: Tsukiyo Sôshi (Super Famicom, 1994)

KIKI KAIKAI: TSUKIYO SÔSHI
Titre alternatif : Pocky and
Rocky 2
Année : 1994
Studio : Nastume
Éditeur : Nastume
Genre : shinto’em up
Joué et testé sur Super Famicom
Support : cartouche


Au Japon, tout le monde est au courant : la Lune est habitée… par des lapins qui fabriquent des mochi (ou gâteaux de riz glutineux). Aussi lorsque la princesse de cet auguste astre rend visite aux Terriens, ça ne laisse personne indifférent… Et surtout pas les démons malintentionnés qui vont pousser le vice jusqu’à la kidnapper. Sayo chan et son ami le Tanuki vont bien évidemment partir à la rescousse de la princesse lunaire, et cette fois-ci ils seront épaulés par de nombreux amis, qui ne peuvent se résoudre à laisser ce crime impuni sur leurs propres terres (leur propre Terre ?) : un Tengu ayant la capacité de voler, une jeune ninja pouvant ouvrir les coffres sans utiliser de clé, une taupe pouvant creuser pour se faufiler un peu partout et bien d’autres encore !

Les esprits malins n’ont qu’à bien se tenir !

Entre KIKI KAIKAI et sa suite, un peu moins de deux années se sont écoulées. Deux années, à l’époque, c’était suffisant pour tenter son BAC, commencer une collection de pin’s, entrer à l’université, refourguer sa collection de pin’s… Mais je m’égare. Deux années, c’était aussi un petit gouffre technologique tant le petit monde des jeux vidéo avançait à pas de géant. Il ne faut donc pas être surpris des progrès effectués par la team Nastume entre KIKI KAIKAI 1 et 2. Si le premier jeu était déjà magnifique, respirant le sprite réalisé avec amour et le pixel de compétition, KIKI KAIKAI 2 va encore plus loin dans les graphismes – absolument somptueux et rivalisant d’audace dans le souci du détail. Du côté des animations, c’est tout aussi beau et, encore une fois, supérieur au premier opus : les décors sont parfois superbement animés, tous les sprites de chaque personnage se mettent au diapason et au final le jeu de Natsume se paie le luxe d’être largement moins miné par les ralentissements que son prédécesseur. Bien au contraire même, vous pourrez en effet compter sur des accélérations… de votre petit cœur emballé par tant de magie old-school et de pacifique religion !

Enfin, pacifique… c’est vite dit ! Si, historiquement, le shintoïsme peut se targuer de ne pas jouer dans la même catégorie que l’islam ou le christianisme, il faut quand même préciser que Sayo chan, la petite miko (servante d’un sanctuaire shinto) dégaine plus vite que son ombre ! Bon, il faut aussi reconnaître qu’elle n’annihile que des méchants monstres ou des yôkai dérangés – et la demoiselle à la peau ivoirine et aux petits pieds séraphiques n’a plus rien d’un ange, lorsqu’elle se met à tirer ! Son tir continu est ainsi extrêmement rapide et soutenu, et après quelques améliorations, ses projectiles (des o-fuda dans la version originale, d’horribles cartes à jouer avec un cœur dans les versions occidentales) peuvent nettoyer les écrans de toutes leurs mauvaises âmes en une fraction de seconde ! Oui, lorsque Sayo chan se lance dans un niveau de KIKI KAIKAI 2, il est trop tard pour les esprits malins : ils ont déjà entendu sonner l’hallali.

Le bestiaire du jeu va donc avoir la frousse. Paradoxalement, ça ferait presque de la peine tant ces individus extraordinaires ont une jolie frimousse. On retrouve ainsi quelques kappa (un grand classique des yôkai) mais on a heureusement droit à bien des nouveautés, parmi lesquelles de nombreux servants des kitsune (voire un kitsune en personne !), la Yuki onna (femme fantôme des neiges) ou encore Fûjin et Raijin (divinités qui vont par paire) pour corser les fins de niveau. Au rayon des clins d’œil à l’épisode précédent, citons aussi la présence du komainu que l’on pourra une nouvelle fois chevaucher – dans le premier jeu, il s’agissait d’un bonus ponctuel qui nous rendait invincible. Ici, le concept est plus poussé puisque vous chevaucherez le komainu dans un niveau entier au scrolling forcé et assez rapide (le reste du temps le jeu se déroule en scrolling libre), rappelant les shoot’em up plus classiques en scrolling vertical. Sympa et original, ce style de niveau sera repris vers la fin du jeu, avec cette fois-ci un énorme dragon asiatique, volant dans un ciel bleu azur, en lieu et place du petit komainu – si l’idée est bonne, elle est ici bien mal exécutée. Le joueur contrôle en effet les mouvements de Sayo chan et du dragon en même temps, ce qui rend le gameplay particulièrement brouillon – et crispant quand on doit dans le même temps tirer et éviter les ennemis qui fondent sur nous depuis les airs… Les teintes du ciel me rappelleraient alors presque les nuances de bleu de la rivière Bérézina…

Hormis ce fâcheux faux pas, KIKI KAIKAI 2 demeure une franche réussite. Surtout, les développeurs ne se sont pas reposés sur leurs lauriers (je ne sais pas si vous avez déjà essayé mais ça pique un peu les fesses), puisqu’ils ont considérablement changé le gameplay. Celui-ci est désormais tout entier tourné vers la coopération à deux joueurs – oui, c’était déjà possible dans le premier jeu, mais cette fois-ci c’est devenu obligatoire ! Rassurez-vous, amis solitaires, vous ne serez pas abandonnés en cours de route puisque si vous jouez seul, l’IA (simpliste) prendra le contrôle de votre petit camarade pixelisé – à choisir entre trois au départ (dont l’inoubliable Tanuki). Mieux : à mesure que vous progresserez dans l’aventure, vous découvrirez de nouveaux amis (parfois cachés) que vous pourrez enrôler. Surtout, chacun de ces personnages possède des caractéristiques propres, qui vont d’un tir différent à des capacités spéciales uniques. Pour utiliser ces capacités (porter un rocher, crocheter des coffres, creuser, etc.) très utiles pour dénicher des bonus, vous devrez prendre le contrôle dudit personnage via un simple bouton. Et ce n’est pas fini, puisque si la smart bomb du premier jeu a disparu, c’est en réalité pour la remplacer par une attaque spéciale : le lancer de héros ! Avec la gâchette R, vous pourrez en effet projeter votre compagnon d’armes quelque part dans l’écran (de préférence sur un boss) et faire ainsi des dégâts considérables. Il convient de préciser que votre camarade ne peut pas mourir – mais il disparait durant de longues secondes, soit après une projection, soit après avoir subi trop d’attaques. Le gameplay en ressort grandi et particulièrement enrichi, l’impression de variété est totale. Un bémol cependant : le tir secondaire du premier jeu a disparu (la boule de feu, que j’ai toujours jugée dispensable), et la glissade qui servait d’esquive a été abandonnée dans la suite, ce qui, selon moi, retire un brin de technicité aux joutes endiablées de KIKI KAIKAI 2.

KIKI KAIKAI 2 qui est d’ailleurs globalement moins difficile que le premier opus. Presque moins élitiste. Et donc plus abordable, certes, mais je regrette parfois le petit côté hardcore gaming et purement arcade du premier épisode qui nous demandait d’alterner à toute vitesse entre la parade, l’esquive et le tir, tandis que nous croulions sous les hordes d’ennemis sans jamais pouvoir prendre le temps de souffler. Si la parade est toujours présente et très importante, l’esquive a donc fait les frais des nouveaux choix de gameplay pris par les développeurs de Natsume : coopération obligatoire, possibilité de changer de personnage à la volée et attaque monumentale (et assez longue) lorsque l’on projette son petit camarade. Pourquoi pas ! C’est tout aussi efficace et plaisant à jouer. Plaisant oui, surtout que les  niveaux sont incroyablement vivants et variés, qu’il faudra cette fois ramasser des pièces pour acheter des bonus dans des « magasins », trouver des clés pour ouvrir des coffres abandonnés en chemin, changer de partenaire suivant les situations et ainsi dénicher les secrets disséminés çà et là. Oui, dans KIKI KAIKAI 2 on a vraiment l’impression de voyager, de ne jamais vraiment faire deux fois la même chose – à part tirer, bien évidemment. Malgré un niveau complètement raté (celui à dos de dragon), KIKI KAIKAI 2 est donc un beau et très bon jeu, qui plaira aux amateurs de shoot pédestres, même s’il tourne quelque peu le dos au côté purement “arcade” du premier épisode.

Note :     Nostalgie :

Plus beau, plus fluide et plus riche que le premier jeu, KIKI KAIKAI 2 est une véritable pépite en matière de shoot pédestre – même s’il n’éclipse pas totalement le premier épisode puisque celui-ci possède sa propre identité – plus hardcore, plus arcade ? Si l’esquive a disparu, il est désormais possible (obligatoire en fait) de jouer à deux – avec un ami, ou avec l’IA. Les personnages disponibles sont nombreux et ils possèdent chacun des caractéristiques propres – balayant d’un revers de la main toute idée de monotonie. Les niveaux sont également assez variés, avec notamment deux passages en scrolling vertical forcé rappelant les shoot’em up plus classiques – dommage que le passage à dos de dragon soit si brouillon… Une grande réussite malgré tout. Un (presque) grand jeu de la Super Famicom, auquel les fans d’arcade pure et dure préféreront peut-être le premier opus.

Images : ce site

Vidéo :

Genre : . Ce contenu a été publié dans OLD-GEN, Test, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Kiki KaiKai: Tsukiyo Sôshi (Super Famicom, 1994)

  1. colwyn1978 dit :

    Superbe jeu! Que de bons souvenirs avec sa difficulté et son ambiance médiévale fantastique nippone 😀

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *