Prohibition (Amstrad CPC, 1987)

PROHIBITION
Année : 1987
Studio : Infogrames
Éditeur : Infogrames
Genre : les gangs se terrent
Joué et testé sur Amstrad CPC
Support : cassette ou disquette


Chicago, 1931. La mafia, dirigée d’une main de fer par Al Capone, contrôle la ville : le maire, les juges et même une partie de la police ! Personne n’ose se dresser en travers de son chemin… Personne à part vous ! Muni de votre pistolet-mitrailleur, vous allez mettre les pieds dans le plat, et les plombs dans le gras… des gangsters ! Ceux-ci, extrêmement nombreux et bien organisés, se sont retranchés dans un quartier lugubre de la ville. Gardez un œil aux fenêtres, peut-être aussi sur les toits des immeubles, derrière des femmes prises en otage voire sur les bouches d’égout ! Prenez garde aussi à ne pas trainer en chemin : agissez, et agissez vite, car les tueurs à gages d’Al Capone, eux, n’hésiteront pas à vous trouer la peau.

Les ruelles malfamées du Chicago des années 30, leurs odeurs de clopes et de canons sciés encore fumant… Le jeu PROHIBITION, malgré une économie de moyens évidente, parvient à retranscrire intelligemment l’atmosphère délétère qui sévissait alors : avec ses graphismes simples mais bien exploités et ces belles nuances de gris bien mises en évidence au sein d’un panel de couleurs amoureusement délavées, on s’y croirait presque, en 1930 – au fond d’un coupe-gorge ou au pied d’un vieil immeuble aux briques apparentes.

PROHIBITION, qui s’inspire largement de la borne EMPIRE CITY: 1931 (sortie en 1986), est un jeu de tir sur cibles extrêmement simple en apparence, mais qui propose aussi une certaine finesse : des bandits patibulaires surgiront à intervalles réguliers aux fenêtres, sur les toits ou dans des endroits plus improbables encore, et le joueur devra les mitrailler avant que ceux-ci n’ouvrent le feu – d’où l’importance du minuteur (entre trois et cinq secondes selon les situations). Lorsque celui-ci tombe à zéro, vous êtes mort ! Avec le joystick, on navigue alors au gré d’un superbe scrolling concocté par Yves Lamoureux (Purple Saturn Day, Capitaine Blood…) entre les nombreux écrans du jeu – impossible de savoir où se situe vraiment le prochain tueur à occire, il faut donc garder un œil avisé sur les flèches qui apparaissent pour nous indiquer si on doit aller vers la droite, ou vers la gauche. Par contre il n’y a aucune indication concernant la verticalité, ce qui rend certains choix, à effectuer en une petite seconde voire en un souffle coupé, particulièrement cornéliens. Votre prochaine cible se situe-t-elle sur les toits, ou au contraire sur une plaque d’égout, au niveau de la rue ? Choisissez vite et choisissez bien, car vous risquez bien d’être rapidement abattu comme un chien !

Heureusement il est possible de se mettre à couvert, et donc de gagner du temps – mais cette manip, absolument essentielle, est également limitée et les précieuses secondes qu’elle nous permet d’utiliser ne se rechargent qu’après avoir atteint certains paliers. Si le jeu est donc vraiment amusant durant cinq ou six minutes, la difficulté atteint assez rapidement des sommets… assommants ! Des gangsters deviennent plus résistants, certains se cachent derrière des portières de voiture quand d’autres ne se distinguent plus que par quelques pixels, situés au loin sur des échafaudages ! La précision de nos rafales de plombs est également loin d’être optimale, notre curseur semblant sautiller lorsque l’on tire, causant par la même occasion quelques ratés bibliques, qui vous feront avaler votre chique. Crises de nerfs carabinées à la clé ? Oui et non. Pour être honnête, je trouve que notre manière de tirer a un petit côté jouissif, voire presque réaliste : on a un peu l’impression de tenir entre nos doigts tremblants un pistolet-mitrailleur Thompson (vous savez, celui sur lequel on pouvait fixer un magasin cylindrique), et dont la précision était toute relative en mode automatique.

PROHIBITION demeure donc un excellent jeu rétro, qui se targue même de la présence d’un boss, affalé dans son bureau, dans certaines versions du jeu sur Amstrad CPC 6128 (curieusement absent de ma version…). Mais ce soft est-il trop difficile ? À mon sens pas vraiment, car il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit avant tout d’un jeu de scoring : se battre contre ses propres records, ou ceux d’un ami, voilà le véritable nerf de la guerre qui sévissait subrepticement dans les ruelles pixélisées du Chicago des années… 1980. Progresser légèrement dans le tableau des scores, abattre un ou deux renégats de plus que lors de notre dernière partie, terminer un premier loop et fêter la victoire avec le poing serré, voire un cri. Le plaisir simple d’un jeu qui n’a pas trop mal vieilli.

Note :   Nostalgie :

Excellent et super jouable à l’époque, PROHIBITION demeure un bon petit jeu de tir sur cibles aujourd’hui. Le scrolling est vraiment efficace, le stress bien présent et vider son chargeur sur des malotrus a rarement été aussi jouissif sur un Amstrad CPC.

Images : Jeux vidéo et des bas

Une petite partie enregistrée par mes soins :

7 réflexions au sujet de “Prohibition (Amstrad CPC, 1987)”

  1. Prohibition est magique, de la pure nostalgie (tu ne veux pas rajouter au moins un tout petit joystick dans ta notation :o) ).
    Que d’heures passées dessus. Un de ces jeux qui m’ont fait regretter d’avoir remplacé mon Amstrad par un Amiga. En effet, Prohibition a été porté sur ATARI ST mais pas sur Amiga (du coup je me souviens à l’époque m’être rabattu sur Operation Wolf qui était à des années lumières de l’ambiance de Prohibition).

    J’y avais joué sur une borne d’arcade (il ne s’appelait pas Prohibition, mais un nom qui m’échappe aujourd’hui). Puis, grosse déception quand il a été annoncé sur Amstrad 6128 uniquement (j’avais le 464). Néanmoins, une version est bien sortie sur 464, d’abord sur cassette, puis sur disquette, justement sans le boss dans les bureaux (je pense que c’est la version dont tu disposes).
    J’ai découvert les boss sur émulateur des années plus tard.
    Mince, il va falloir que je le relance celui-là.

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    • Oui on garde tous de super souvenirs de ce jeu. Merci pour les anecdotes. Concernant l’absence de boss dans la version 464, je le savais mais justement c’est bizarre car j’ai essayé plusieurs roms récemment, et aucune ne propose le boss… Je suis mal tombé je pense. Allez tu as raison, je vais ajouter une moitié de bâton de joie à la note finale ahah.

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  2. Je partage totalement votre engouement ! Que de souvenirs sur ce jeu ! Un de mes premiers sur cpc 6128 (avec Cauldron, Sorcery+ et Zombi…). Les graphismes pour l’époque m’impressionnait beaucoup mais j’avoue que le côté punitif et hasardeux du jeu ne m’ont jamais permis d’aller très loin dans ce jeu…
    En tout cas très bonne idée de ressortir cette pépite de la belle époque !
    Info pour les nostalgiques : le génial (mais ultra difficile) Head over Hells de 1987 vient de ressortir sur Switch pour qq euros 😉

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    • Aaaaaah ! HEAD OVER HEELS. L’un de mes jeux cultes, j’y ai passé des heures sur Amstrad. J’ignorais qu’il avait été remis au gout du jour – mais je n’ai pas de switch c’est pour ça que je suis passé à côté… Il faudrait que je le relance un jour sur Amstrad.

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  3. EMPIRE CITY: 1931 est sorti également sur switch il y a quelques semaines.
    Mais bof : le graphisme n enous met pas dans l’ambiance et le décompte chrono avant de se faire shooter ! Hé, les gars, relisez la définition de la seconde !

    Prohibition reste bien meilleur quoiqu’on en dise.

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