Batman Returns (Super Famicom, 1993)

icone Super_Famicom_JPNBATMAN RETURNS
Année : 1993
Studio : Konami
Éditeur : Konami
Genre : ménagerie à trois
Joué et testé sur Super Famicom
Support : cartouche


Dans une ville de Gotham City qui prépare les fêtes de fin d’année, Batman va se retrouver aux prises avec non pas un, mais deux super vilains : la féline Catwoman, et le grotesque Pingouin. Ce dernier, sous ses allures de gros dégénéré, va néanmoins parvenir à discréditer Batman en le faisant passer pour un meurtrier. Armé de ses seuls poings et gadgets, ou au volant de sa Batmobile, Batman devra lutter contre un gang décérébré issu d’un cirque et répondant aveuglément aux ordres du Pingouin… tout au long de sept niveaux de baston non-stop. 

BATMAN RETURNS est l’adaptation ultra musclée du film de Tim Burton, par Konami. Le jeu est sorti sur divers supports, dont bien évidemment les deux consoles stars du moment : la Super Famicom et la Megadrive, les meilleures ennemies. Le jeu est bon sur les deux machines, mais radicalement différent, le grand prix du bourrinage revenant sans nul doute à la version Super Famicom, puisque les développeurs de Konami nous y ont réservé un beat’em all jouissif.

La première chose qui frappe, dans BATMAN RETURNS, ce n’est pas notre héros (ou les super vilains), mais bien la taille des sprites : ils sont énormes ! On avait rarement vu un Batman aussi beau, sans parler de ses ennemis, empruntés au film et qui sont tout aussi réussis, notamment le Pingouin (Danny DeVito aurait mérité la patte palmée d’or) et bien évidemment la sexy Catwoman (qui donne envie de bat-ifoler), immortalisée par une Michelle Pfeiffer qui trouva là l’une de ses interprétations les plus marquantes – souvenez-vous, à l’époque Sean Young avait sorti les griffes pour arracher le rôle, mais c’est bien Michelle Pfeiffer qui eut le privilège de miauler la dernière.

Passé le choc visuel, vient celui des baffes : Batman distribue en effet les mandales à tout va, et les coups s’enchaînent avec une facilité déconcertante. On peut bien évidemment frapper normalement (réalisé plusieurs fois consécutivement le simple coup de poing se transforme en petit combo terminant sur un coup de pied retourné), sauter pour frapper en plein vol, bloquer, ou encore lancer un coup spécial avec la cape qui touchera immanquablement les ennemis proches de vous (mais cette attaque fait perdre un peu d’énergie). Trois bat-gadgets sont également de la partie : le bat-grappin (usage vital dans certains niveaux pour éviter de chuter dans le vide, par exemple), le bat-test tube (dispo en nombre limité et qui éliminera la plupart des ennemis à l’écran) et enfin le plus utile, l’indispensable batarang (il peut paralyser temporairement vos adversaires, faire exploser les motards…). Déjà avec tout ça, le joueur brutal devrait être content. Eh bien avec BATMAN RETURNS, le bat-bourrin n’est pas au bout de ses surprises, car le jeu a encore plus à offrir en matière de tatane : les développeurs ont en effet centré le gameplay sur les prises au corps, et en vous approchant comme il faut d’un ennemi, vous pourrez vous en saisir. Plusieurs possibilités s’offrent alors à vous : donner plusieurs coups de tête, écraser le pauvre bad guy par terre, ou l’envoyer voler sur un élément du décor quand c’est possible (sympa car les décors se détruisent vraiment avec un bruit particulier pour chacun d’entre eux : le banc, le panneau, la vitrine…). Notez qu’écraser un ennemi au sol procure un sentiment de supériorité tout simplement jouissif car Batman soulève les méchants d’une seule main (même les clowns obèses) pour ensuite les écrabouiller comme s’il s’agissait de vulgaires insectes. Accessoirement si d’autres vilains personnages se trouvent près de vous lorsque vous faites ça, ils prennent des dégâts. Et quand on parle de dégâts collectifs, comment passer sous silence la double prise ? Il faut saisir deux adversaires en même temps (attention au timing) et, avec un méchant dans chaque main, vous pouvez les écraser l’un contre l’autre : Bat taille XXL ! Eh oui, dans BATMAN RETURNS, votre meilleure arme c’est l’adversaire que vous utiliserez contre ses petits frères !

En plus de ce gameplay simple et bien trouvé, BATMAN RETURNS propose des niveaux qui varient de la 3D à la 2D. Ceux en 3D sont les meilleurs (et les plus nombreux), mais se déplacer sur des plates-formes en 2D apporte un peu de vent frais à l’aventure, en nous mettant ainsi aux prises avec les flammes dévoreuses d’un grand incendie, ou sur les toits desquels la chute est généralement mortelle (le bat-grappin devient alors indispensable). Un niveau (parmi les sept – c’est peu) nous met également au volant de la Batmobile. Encore une fois cela amène un peu de variété à un beat’em all somme toute assez répétitif, mais ce passage est vraiment raté (heureusement il est très court). La sensation de vitesse n’est pas mauvaise mais, en gros, on ne fait quasiment rien. Il faut éviter quelques motards (super mal faits), tirer sur quelques ennemis et passer au travers de tirs adverses (qui ne ressemblent à rien). La Batmobile se conduit trop facilement, et on n’est par conséquent jamais vraiment dans l’action (molle, de toute façon). On est ici très loin des scènes en Batmobile du jeu BATMAN: THE MOVIE, pourtant sorti plusieurs années plus tôt sur Amiga (la voiture dérapait, sautait, on utilisait le grappin, etc.).

Malgré quelques petits défauts (répétitivité, absence de jeu à deux, passage en Batmobile…), BATMAN RETURNS est une réussite absolue dans son genre, et la prise en mains est tellement simple et intuitive qu’on a souvent envie de se refaire une petite partie (la redondance de l’action se révèle alors être un problème très relatif). La replay value est donc avant tout assurée par le gameplay fun et addictif, mais aussi par de nombreux niveaux de difficulté, pour les plus téméraires (je précise d’ailleurs que les boss, Catwoman et le Pingouin en tête, sont de vraies teignes). En bref BATMAN RETURNS est un super jeu qui, à la manière de sa Batmobile qui ne dérape jamais, tient la route encore aujourd’hui.

Note :           Nostalgie :

Des sprites énormes, de l’action non-stop basée sur les prises au corps (original), des niveaux alternant 3D et 2D, des décors altérables, des boss ignobles et quelques bat-gadgets de derrière les fagots pour un jeu jouissif bien qu’un peu simpliste dans son level design (à quelques exceptions près, comme le passage sur le train en marche). Certes BATMAN RETURNS n’est pas tout à fait au niveau des meilleurs titres du genre. Par exemple, on aurait bien évidemment aimé avoir davantage de chapitres et une option deux joueurs, mais on ne va pas faire les grincheux devant un tel spectacle : merci Konami !

mag vintage

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3 réponses à Batman Returns (Super Famicom, 1993)

  1. slimdods dit :

    Oh les heures que j’ai passé sur ce jeu à l’époque … Oli, merci ! Je me souviens d’un jeu magnifique et les images et le tests parlent d’eux mêmes …
    (souvenir … souvenir …)

  2. cherycok dit :

    Vi, le jeu était franchement super beau pour un jeu SNES, avec des sprites énormes et un mode 7 pas trop foireux si je me souviens bien lors des parties en voiture.

  3. masterdje dit :

    Acheté par hasard un jour où starfox us n’etait pas arrivé, chez pixy soft …
    Jamais regretté, jamais égalé… et quelle rigolade, la version genesis, en comparaison …

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