Sleeping Dogs (Xbox 360, 2012)

icone xbox_360_arcadeSLEEPING DOGS
Année : 2012
Studio : United Front Games
Éditeur : Square Enix
Genre : A true dog story
Joué et testé sur XBOX 360
Support : DVD-ROM

Hong Kong, la guerre des gangs n’a jamais été aussi violente. L’inspecteur Wei Shen est chargé de s’infiltrer dans la mafia locale afin de démanteler les différents réseaux criminels de Hong Kong. La mission s’avère plus périlleuse que prévue car ses relations lui font perdre de vue la frontière entre le bien et le mal …

Wei Shen, pinneur et simple flic, se voit confier une mission assez tendue : s’infiltrer dans la mafia locale et arrêter quelques parrains du crime afin de purifier les rues macabres de Hong Kong. Bah voui, Hong Kong est une ville dangereuse : entre devenir aveugle en croisant le reflet du soleil du torse huilé de Donnie Yen, mourir de faim car Lam Suet vous suit à la trace où mourir d’intoxication alimentaire après avoir acheté un bun à Anthony Wong, il en fleurit des gangs et des trafics en tous genres. Wei a fait ses études aux USA (bah tiens) et est plutôt beau gosse, ce qui aide dans le milieu du crime mine de rien. Fan de karaoké, de nouilles au poulet et de moto, il aime aussi donner des tartines en pleine gueule. Et c’est là que Wei Shen se démarque de ses collègues occidentaux à la Niko Bellic : il manie aussi bien le double flingue de Chow Yun Fat made in John Woo que le double pied sauté huilé de Donnie Yen. Le gameplay de Sleeping Dogs se voit donc agrémenter d’une touche plutôt bienvenue, ou quand « Hard Boiled » croise «Flashpoint » au détour d’un récit à la « Infernal Affairs » : chouette programme n’est-il pas ?


The Killer ?

Mais quid de ce qui m’a fait le plus plaisir dans Sleeping Dogs ? Se balader ailleurs qu’à New York pardi ! A force de s’y promener dans la plupart des GTA like, on connait les rues du quartier de Manhattan mieux que les locaux même ! Alors rien de mieux que de changer d’air, et c’est fort plaisant de sentir une ambiance urbaine différente, entre modernisme et culture ancestrale, où quand les temples de culte côtoient les buildings commerciaux. Alors je ne connais Hong Kong que par son cinéma, mais l’ambiance semble correctement retranscrite, les coins reconnaissables et l’ambiance vraiment sympa. Entre les marchés bondés de monde, les petites ruelles macabres, son port avec ses bateaux typiques et ses quartiers résidentiels, le dépaysement est total et l’immersion s’en retrouve rehaussée ! Malgré un petit retard technique sur ses concurrents de part ses textures parfois grossières et ses nombreux retards d’affichage au niveau de certains éléments du décor, on s’étonne de s’arrêter pour contempler certaines vues imprenables de la baie de Hong Kong, de vaguer dans une ville réellement vivante où les gens pullulent et parlent différentes langues (Hong Kong étant une ancienne colonie anglaise jusqu’à sa rétrocession à la Chine en 1997) et de sentir la folie nocturne de Hong Kong avec ces mille et une lumières … Hong Kong est bien une ville qui ne dort jamais, tout comme cette guerre entre les différentes triades qui ne connaît aucun répit.


Time and tide ?

Les Sun On yee et les DogEyes furent amis jadis, mais aujourd’hui, ils se livrent à une guerre sans merci pour le partage des territoires et des business. Wei Shen rentre chez les Sun On Yee par l’intermédiaire d’un pote d’enfance afin de s’infiltrer petit à petit au cœur du clan. Le but final de l’opération est bien évidemment de recueillir les informations nécessaires au démantèlement des différents réseaux criminels, mais la tâche s’avère bien plus compliquée que prévue. A force de trainer avec les Sun On Yee, Wei va se prendre d’affection pour sa nouvelle famille malgré les boulots de plus en plus macabres qu’il va devoir solder dans la douleur. Les missions débutent avec quelques extorsions de commerçants, mais ça dégénère vite en une guerre des clans sanglante où les morts abondent avec fusillades, combats de rue et scènes de torture. Le jeu a pour avantage de proposer plusieurs gameplay différents dans une même mission : ainsi cela peut commencer par une course à pied dans une ruelle pour continuer par une baston à 1 contre 20 et se terminer par une poursuite automobile avec des ralentis bien stylés. Il y a du Batman Arkham machin dans le système de baston avec quelques interactions sympas possibles avec les décors. Qui n’a jamais rêvé de taper un malfrat avec un poisson pas frais sortant d’un énorme aquarium qu’on a défoncé auparavant, où encore de mettre la tête d’un de ces derniers dans une scie circulaire où de les empaler sur un nez d’espadon… et oui, c’est très violent, voire crade comme un bon vieux CAT 3 de la bonne époque par moment mais croyez moi, ça fait du bien de se prendre pour l’inspecteur Chan ou Mr Ja par moment !


Story of Ricky ?

Ces phases de bastons s’intègrent parfaitement au reste du gameplay qui reste plus standard pour ce genre de jeu. Phase de poursuite à pied plutôt sympa, gunfight avec ralentis ou en sautant de la moto en marche (tiens, un peu comme Philip Kwok dans Hard Boiled qui saute de sa moto …) et phase de conduite arcade avec possibilité de sauter de véhicule en véhicule (une sorte de mix bien foutu entre Just Cause 2 et Wheelman), la plupart de ces phases sont maîtrisées et ont le mérite de rester assez limitées dans ce qu’elles proposent, ce qui à tendance à dynamiser l’ensemble d’autant qu’il faut utiliser toutes les possibilités pour en sortir vainqueur. C’est donc un vrai plaisir que de vivre ces séquences explosives manette en main ! Merci donc aux développeurs qui ont trouvé un juste équilibre dans les mécanismes de jeu, les possibilités offertes et le sérieux de l’ensemble. Dommage cependant que le moteur physique soit timide, notamment pour la conduite des véhicules qui se révèle en deçà des productions du même genre …

Malgré un récit sans surprises, je me suis facilement pris au jeu avec cette guerre des clans vraiment bien narrée et surtout menée par des personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. Entre les belles conquêtes qui font partie de l’histoire, les différentes générations de mafieux (dont le vieux papy qui mène la barque et la vielle mama chef cuisinière qui découpe de la viande comme Anthony Wong) et les dialogues qui vont à l’essentiel, il est facile d’affirmer que Sleeping Dogs est une vraie réussite narrative ! Il manque certes un peu de folie à cette histoire qui tangue vers un mix d’Infernal Affairs (avec reprise de scènes à la clé) et de Election (jeu de dupe entre mafieux pour la conquête du trône), mais certaines missions offrent des climats qui savent sortir de l’ordinaire, tel ce mariage qui se transforme en une dramatique boucherie, ou autre exemple avec Wei, très mal en point après s’être fait torturé, qui tente de s’évader d’un immeuble alors que la tempête fait rage dehors. Ou comment se prendre pour John McLane dans sa tour de cristal. La dernière heure et son climax de folie va vous faire frissonner le caleçon à n’en pas douter !


Hard Boiled ?

Comme tout GTA like, les quêtes secondaires sont présentes et souvent sympas (course, arrestation de dealer, bourre pif chez les petits commerçants), parfois inintéressantes (recherche de mallette de fric, un peu comme les plumes d’Assassin’s Creed tiens), puis il y a les mini-jeux bien nunuches histoire de parier sur le meilleur coq de la région ou de chanter au karaoké sur des tubes bien kitch ! Wei aime bien chanter «  Hit me with your best shot » en regardant la belle hôtesse de bar dans les yeux (quel dragueur !). Wei aime bien manger aussi et s’arrête souvent chez le petit commerçant prendre un thé ou des nouilles sautées, ce qui lui permet d’obtenir quelques skills sur un temps limité. D’ailleurs, un petit passage chez les masseuses nous rendra plus résistant contre les malfrats (puis elles veulent que Wei reviennent, trop endurant ce Wei). Puis Wei est un mec classe, alors il s’oblige à faire un peu de shopping pour rester à la mode et garder un minimum de sex-appeal pour chanter au karaoké ! Et c’est reparti pour un tour … Sleeping Dogs a encore le mérite de ne pas en rajouter des tonnes, et les quêtes secondaires ne vous prendront pas une vie entière pour les terminer. Puis Wei est un mec qui gagne des compétences (c’est un peu à la mode en ce moment de rajouter des composantes RPG qui ne servent pas à grand chose) mais ce système ne se révèle pas réellement convaincant sur la longueur …


Sha Po Lang ?

Malheureusement pour tous les fans de cinéma HK, Sleeping Dogs reste un GTA-like avant tout. Plutôt que d’offrir un spectacle totalement décérébré et ancré dans la culture Hong Kongaise, j’ai plutôt eu l’impression de jouer à un GTA-like simplement transposé à Hong Kong. Les codes cinématographiques Hong Kongais auraient pu être source d’originalité très bienvenue pour un jeu de cet acabit, mais peut-être que les développeurs sont restés timides par souci d’intégrité artistique. Malgré une chouette ambiance de tous les instants, Sleeping Dogs m’a donc laissé un petit goût amer de déception côté fan-service, mais il faut tout de même avouer que pour un jeu au développement très chaotique (le jeu se présentait comme un nouvel épisode de True Crime par Activision en 2009, mais ce dernier se retire en 2011, s’ensuit des licenciements, des cris et des pleurs pour le studio jusqu’à ce que Square Enix ramène les dollars pour déterrer le projet), l’ensemble est suffisamment carré, fun et varié pour nous tenir en haleine tout du long. C’est déjà pas mal pour un jeu de nos jours, preuve en est qu’un bon cahier des charges n’est pas toujours celui qui est le plus fourni …

Note :

Malgré ses similitudes avec l’inégalé GTA IV, Sleeping Dogs possède suffisamment de personnalité et d’atouts majeurs pour se démarquer et offrir une expérience de jeu plus qu’agréable. Les trois bâtons de joie ne sont pas volés loin de là, car avec son gameplay varié et maitrisé, son histoire prenante et son Hong Kong à l’ambiance superbe, il serait dommage de passer à côté de cette agréable surprise malgré une technique un peu faiblarde. Le jeu aurait été parfait s’il avait été marqué par des références plus directes au cinéma Hong Kongais, voire asiatique … non mais imaginez une chasse à l’homme dans les HLM à la Time and Tide ou l’apparition de nombreuses têtes connues … bref, une tâche infernale à faire pour le studio, sans doute.

NB : A noter qu’un DLC mettant en scène les Gyonshis, les fameux vampires sauteurs depuis éradiqués par le regretté Lam Ching Ying, vient de sortir. Un effort artistique à saluer car de mémoire, je n’ai jamais vu de vampires sauteurs dans un jeu vidéo ! La classe, et ça s’appelle Nightmare in North Point.

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5 réponses à Sleeping Dogs (Xbox 360, 2012)

  1. Oli dit :

    “de mémoire, je n’ai jamais vu de vampires sauteurs dans un jeu vidéo !”

    mince je l’ai pas fait exprès mais au même moment je postais cette image sur hkmania : DRACULA KUN, sur Famicom (1990) :

    PS : sinon j’ai pas accroché à la démo de SLEEPING DOGS…j’ai du mal avec les sandbox en général…

  2. cherycok dit :

    Pareil, pas mon trip les Sandbox mais Slim m’a donné envie là ^_^

    • Oli dit :

      Moi j’y suis quasiment allergique. Déclencher un script en causant avec un type Y, aller à un point B puis C pour déclencher un autre script…je peux pas. Même les meilleurs (GTA, RED DEAD), je n’accroche pas. Les seuls que j’ai bien aimés ce sont INFAMOUS (peut-être le coté super héros bad ass) et GRAVITY DAZE (gameplay original, ça court pas les rues dans les sandbox). Et puis souvent il n’y a presque aucun challenge, dans les sandbox…bref pas mon truc. Mais il ne faut jamais dire jamais…

  3. cherycok dit :

    Moi le problème des sandbox, c’est que faire ce qu’on me demande, genre aller de A à B, faire tel truc dans le batiment X qui va déclencher un évènement dans le batiment Y dans lequel il va falloir aller, ça me gonfle très rapidement, genre au bout de 30 minutes. Et du coup, je glande dans la ville. GTA Sans Andreas est le seul que j’ai fini mais j’avoue avoir mis beaucoup de temps parce que je passais plus de temps à me balader dans la ville, à faire le con avec des voitures rapides, chercher des tremplins,…qu’à faire les missions ^_^

  4. Postscriptom dit :

    Oui mais dans celui-là il n’y a pas beaucoup de temps morts, beaucoup d’action pas lassante, on s’attache même au personnages, j’ai failli pleurer dans la grande scène (massacre) du mariage, et j’ai fini le DLC “vampire” en 4 heures il est sympa, éclater des gyonshis avec sa Lotus habillé comme Tony Jaa dans ONG BAK c’est la classe quand même…

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