Flashback (Super Famicom, 1993)

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Titre alternatif : Flashback: The Quest for Identity
Année : 1993
Studio : Delphine Software International
Éditeur : SunSoft (U.S. Gold en Europe)
Genre : mémoire (très) vive
Joué et testé sur Super Famicom
Support : cartouche


2142. Vous vous appelez Conrad B. Hart mais vous l’ignorez encore… Vous avez en effet perdu la mémoire, et vous vous réveillez en pleine jungle, sur la colonie de Titan. C’est ici, dans cette forêt hostile, que vous mettrez la main sur un hologramme vous représentant – mais que vous ne vous rappelez pas avoir enregistré. Votre double du passé vous demandera de vous rendre à New Washington, afin de retrouver un certain Ian qui vous expliquera tout.

Vous vous appelez Conrad B. Hart. Vous avez tout oublié de votre passé… et pourtant c’est de vous dont dépend notre futur tout entier.

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Flashback sur l’année 1992. Non vous ne me ferez pas croire que vous avez perdu la mémoire, des semblants de souvenirs doivent vous revenir petit à petit : FLASHBACK est un jeu qui porte en effet bien son nom, car on ne l’oublie pas.

À la manière de ces bribes de mémoire que les retrogamers peinent parfois à reconstituer en un tout cohérent, FLASHBACK est un jeu aux inspirations fragmentées. Sa cohérence, pourtant, tombe sous le sens, tant Paul Cuisset semble avoir ici maîtrisé son sujet. On observe ce grand mélange (presque un trafic !) d’influences aussi bien sur la forme que sur le fond. En ce qui concerne la forme, nous avons ainsi droit à PRINCE OF PERSIA pour l’animation et le système de plates-formes, à ANOTHER WORLD d’Eric Chahi pour l’ensemble de son œuvre (et son système de combat repris à l’identique – ou presque), et même à un ou deux sons directement empruntés au jeu LES VOYAGEURS DU TEMPS (oui j’ai l’oreille). Sur le fond, la liste est sans doute trop longue à énumérer, mais on pourrait par exemple citer Philip K. Dick dont l’ombre légendaire, depuis son Haut Château, plane constamment au-dessus de FLASHBACK (le film TOTAL RECALL était sorti deux ans plus tôt), Stephen King et son RUNNING MAN, John Carpenter pour THEY LIVE ou encore René Goscinny et Albert Uderzo pour la jolie référence au film LES DOUZE TRAVAUX D’ASTÉRIX – et pas seulement parce que Paul Cuisset a dû consommer de la potion magique faite maison pour accomplir un tel travail de titan.

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Dans FLASHBACK, vous contrôlez un personnage dans des environnements en 2D classique. Il faudra déjouer quelques pièges et se défaire d’ennemis trop collants, dans la plus grande tradition des jeux de plates-formes et d’action. Là où FLASHBACK surprend, par contre, c’est dans le mélange des genres, ou plutôt dans « l’assaisonnement » des genres, puisque non content de nous livrer un excellent « action-plateformer », Paul Cuisset a pimenté le tout en y ajoutant un zeste d’aventure – avec par exemple ce superbe deuxième level (sur Titan) où il faudra mener une petite enquête que n’aurait pas reniée Rick Deckard. D’autres passages vous demanderont d’effectuer des actions uniques, que vous n’aurez donc à faire qu’une seule fois (ou presque) durant votre aventure, rendant l’anticipation du geste juste plus difficile et vous obligeant par conséquent à vous triturer légèrement les méninges – que faire face à une barrière vitrée, comment utiliser cet objet ressemblant à un téléporteur, mais à quoi peut donc servir cette espèce de photomaton ?

À côté de cela, FLASHBACK est donc, avant tout, un jeu de plates-formes dans le style d’un PRINCE OF PERSIA. C’est-à-dire plutôt lent, à l’action posée. Vous aurez toujours le temps de préparer vos sauts et de choisir le chemin le plus sûr. À l’exception d’un niveau génial où il vous faudra désamorcer une bombe dans un temps limité, FLASHBACK ne cherche donc pas à faire stresser le joueur. Celui-ci peut reprendre son souffle (peut-être coupé après avoir vu les superbes paysages de la Terre inspiré du style du dessinateur Philippe Caza ?) et même sauvegarder régulièrement sa progression sur des bornes prévues à cet effet et généralement disposées près des endroits les plus dangereux. Le temps se retrouve donc parfois suspendu, dans FLASHBACK. Prendre le métro de la colonie de Titan, vagabonder d’ascenseur en ascenseur et partir à la recherche du prochain interrupteur à enclencher pour ouvrir une porte n’est jamais ennuyeux, ou redondant. L’ambiance générale du jeu rend en effet le tout très plaisant (oui FLASHBACK a clairement une gueule d’atmosphère !), tandis que son level design bien senti se permet même de sublimer l’aventure, celle-ci devenant très rapidement passionnante (mais décevante sur la fin). Les quelques phases de backtracking (plutôt rares d’ailleurs pour l’époque) passent d’ailleurs comme une lettre à la poste, le facteur de service Conrad B. Hart nous proposant une tournée aux chemins extrêmement dépaysants.

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L’action, enfin, est ponctuellement présente au cours de notre aventure, les escarmouches devenant plus nombreuses à mesure que vous progresserez dans l’histoire. Le système de combat s’inspire directement de ANOTHER WORLD, avec un laser et un bouclier magnétique permettant de bloquer les tirs adverses – si on a le bon timing. Le pistolet laser, qu’il vous faudra toujours dégainer avant de pouvoir l’utiliser, possède un tout petit temps de latence – comme les sauts de Conrad d’ailleurs, sans doute pour donner un cachet réaliste à l’ensemble (et ça fonctionne). Enfin lors de certains affrontements (face à des adversaires pouvant se téléporter par exemple), il vous faudra user et abuser des roulades. Non malgré les apparences, l’action de FLASHBACK n’est aucunement statique.

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Ce savant mélange de plates-formes, d’aventure et d’action trouve donc un équilibre presque parfait, dans le jeu de Paul Cuisset qui, par conséquent, n’ennuie jamais – peut-être est-ce aussi dû à la relative brièveté de ses sept niveaux plutôt denses. La version Super Famicom que j’ai testée demeure, malgré tout, quelque peu décevante. Tout d’abord il s’agit d’une version légèrement censurée – des noms ont été modifiés, et les extraterrestres ayant noyauté notre société en se déguisant en humains sont désormais tout verts (ce qui n’est pas logique, si on suit le scénario du jeu à la lettre). À l’instar de ces extraterrestres qui ont donc perdu leur couleur de peau de bébé, tout n’est pas rose, dans FLASHBACK sur Super Famicom. Dans mes souvenirs, par exemple, le jeu était plus fluide sur Amiga (et même sur Megadrive). De plus, certains combats se révèleront un brin usants, en raison d’une maniabilité très perfectible et pas toujours super intuitive – n’oubliez pas que le jeu est d’abord sorti sur Amiga, ne soyez donc pas surpris de devoir utiliser la croix directionnelle « haut » pour sauter (comme on le ferait avec un joystick) en lieu et place d’un simple bouton de saut (qui aurait été plus souhaitable, je pense). Vous risquez également de criser lorsque, touché par un tir adverse, Conrad sortira de l’écran à cause du recul et que l’ennemi disparaîtra donc de votre champ de vision – le jeu n’ayant pas de scrolling.

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Mais comme je l’ai déjà dit, le jeu propose pas mal de points de sauvegarde (sans compter les bornes permettant de recharger son bouclier) et il est possible de configurer la difficulté – du coup, les petits soucis de maniabilité ne viennent pas vraiment miner le plaisir du joueur. FLASHBACK est par conséquent un vrai grand jeu des années 90, qui a certes pris un petit coup de vieux mais qui demeure un immanquable de cette époque de l’histoire vidéoludique.

Note : joystick 2joystick 2     Nostalgie : joystick 2joystick 2joystick 2

FLASHBACK était un grand jeu à l’époque, mais qui a pris quelques rides : la maniabilité risque de rebuter certains nouveaux joueurs (les gâchettes ne sont même pas utilisées sur Super Famicom), et son parti pris « full 2D », s’il ne vieillira jamais graphiquement, ne passionnera pas les jeunes avides d’effets spéciaux en tous genres. Plutôt que la folie, FLASHBACK mise donc sur une ambiance posée et un enchaînement plutôt lent des scènes d’action. Ça ne plaira pas à tout le monde.
Concernant les versions, la mouture Super Famicom est loin d’être la meilleure : dans mes souvenirs le jeu était plus fluide sur Amiga, voire même sur Megadrive. Et je ne parle même pas de la version Mega CD…

Images : Jeux vidéo et des bas

Une longue vidéo du jeu (il s’agit de la version non censurée) :

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