Earthworm Jim 2 (Sega Saturn, 1996)

earthworm jim 2_fronticone sega saturn japEARTHWORM JIM 2
Année : 1996
Studio : Screaming Pink
Éditeur : Takara
Genre : l’as des asticots
Joué et testé sur Sega Saturn
Support : CD-ROM


La princesse What’s-Her-Name a été enlevée par Psy-Crow, le terrible corbeau astronaute. Ne reculant devant aucun danger – pas même les grands-mères démoniaques – le ver de terre Jim, engoncé dans sa combinaison spatiale, va partir à la rescousse de la demoiselle. En chemin il devra sauver quelques vaches des griffes d’étranges ovnis, sacrifier quelques chiots qui vont s’écraser en faisant « splatch » et tirer à tout-va contre les monstres les plus patibulaires de la galaxie : l’evil steak qui n’a pas la frite, la larve à bicyclette ou encore Bob, le poisson rouge… de honte.

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David Perry n’est pas un poète, et pourtant il aime les vers. En effet, après des softs de la trempe de BEYOND THE ICE PALACE, COOL SPOT, ALADDIN (Megadrive) et EARTHWORM JIM, il signe en 1995 (1996 sur Saturn) la suite tant attendue des aventures du lombric de l’espace : Jim (personnage créé par Douglas TenNapel).

Bien que la machine de Sega ne soit pas poussée dans ses derniers retranchements, la version Saturn de ce jeu est un véritable régal pour les yeux. Outre des décors dotés de différents scrollings et fourmillant de détails, la musique se met aussi au diapason. Si sur la forme les versions 32 bits sont donc à privilégier, sur le fond 16 et 32 bits se valent complètement : si vous avez aimé le premier EARTHWORM JIM vous adorerez donc celui-ci qui va encore plus loin que son prédécesseur. Les mini jeux sont très nombreux, des tas de bonus sont disséminés çà et là et l’humour ravageur propre à la série est omniprésent. C’est un véritable fes-ti-val de blagues, de non-sens et d’idées de game design : la course dans les escaliers sur un fauteuil de grand-mère, les vaches à porter à bout de bras sous la menace d’avides ovnis, les armes très nombreuses, le niveau à la BOULDER DASH où il faut creuser son chemin (normal, le ver déterre), la tête de Jim qui gonfle et qui lui permet de s’envoler nonchalamment, la course-poursuite après une porte ! – et j’en oublie tant tout le jeu est truffé d’idées, de gadgets, de décors grandioses (la vache en forme de statue de la liberté) et de créatures inoubliables.

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EARTHWORM JIM 2 est donc un très bon jeu de plates-formes, original et qui plaira aux fans. Mais… je vais faire mon coming-out. Pas à la manière de Jim (cela sous-entendrait que je m’extirpe de mon corps et j’ai peur que ça fasse mal). Non je vais simplement vous avouer une chose : je ne suis pas un grand amateur de cette série. Je lui reconnais bien évidemment d’énormes qualités (voir ci-dessus), mais il y a un petit quelque chose qui me gêne dans la maniabilité (le tir, pourtant multidirectionnel, n’est pas super précis) et dans l’enchaînement des niveaux : en gros on en prend quand même plein la tête, mais on finit par ignorer certains ennemis et par leur passer au travers – peu importe qu’ils nous touchent ou pas, en fait, notre réserve d’énergie étant conséquente en mode normal. Je préfère les jeux de plates-formes plus techniques, qui sanctionnent davantage le joueur – le poussant donc à peaufiner son style.

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Autre petit défaut d’EARTHWORM JIM 2 : la redondance de certains passages. Récupérer des vaches c’est rigolo une fois, voire deux. Mais cinq ou six fois d’affilée, c’est aller de mal en pis. C’est également valable pour le niveau à la BOULDER DASH (très drôle au début, il devient un brin usant par la suite) ou pour certains mini jeux : Puppy Love en tête, puisqu’il vous faudra le terminer trois fois (avec à chaque fois trois rounds). Alors oui c’est très amusant au début, mais ça devient lassant puis énervant sur la durée (rapport à la difficulté et à la répétitivité de l’action). Varier les plaisirs n’est donc pas toujours une bonne idée, et à injecter des niveaux au gameplay souvent différent on finit inévitablement par tomber sur un écueil : le niveau The Flyin’ King à la façon d’un shoot’em up en 3D isométrique est ainsi très lourd à digérer ; le passage dans la peau d’une salamandre aveugle est également (à mon sens) une fausse bonne idée – la maniabilité est crispante. Dernier détail visqueux : Jim a un nouveau copain, Snot le blob vert collé à son dos (Jim fait donc taire toutes les rumeurs : non il n’est pas un ver solitaire !). Cet ajout est à double tranchant : si son mode « parachute » est sympa, son mode « grappin » manque de précision.

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Avec le recul, je crois même préférer le premier opus : il avait pour lui l’impact de l’originalité et une certaine homogénéité – tandis que son grand frère s’éparpille un peu. EARTHWORM JIM 2 n’en demeure pas moins un bon jeu – qui tend souvent vers le très bon, mais qui manque assez largement l’excellence à mon sens. Les fans de la franchise seront malgré tout aux anges, et pour peu que l’on soit amateur du gameplay et du game design particuliers du jeu (qui ne correspond pas aux canons de la plate-forme au sens noble du terme), vous devriez encore une fois passer un très bon moment au côté du ver de terre de l’espace le plus célèbre de l’histoire vidéoludique.

Note : joystick 2joystick 2     Nostalgie : joystick 2joystick 2

EARTHWORM JIM 2 est incontestablement un bon jeu. Un grand jeu ? Pour moi non. La faute à des mini jeux répétitifs et crispants et à quelques niveaux moyens (lorsqu’il faut creuser son chemin) voire mauvais (en particulier celui en 3D isométrique). J’avoue également n’avoir jamais été fan du gameplay de cette franchise. Certes il ne s’agit pas d’un jeu de plates-formes dans la pure tradition du genre, il serait donc injuste de comparer Jim à Mario et consorts. Mais j’ai toujours eu un peu de mal à prendre totalement mon pied dans la peau du ver Jim. Mais trêve de bavardages : si je préfère légèrement le premier EARTHWORM JIM (plus homogène à mon sens), cette suite ravira les fans et les joueurs à la recherche de l’originalité. EARTHWORM JIM 2 est en effet doté d’une identité propre couplée à un humour ravageur, et mérite sa place dans toute ludothèque qui se respecte – les version Saturn et PS1 sont bien évidemment les plus jolies.

Images : jeux vidéo et des bas

Une petite vidéo présentant quelques niveaux :

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Une réponse à Earthworm Jim 2 (Sega Saturn, 1996)

  1. cherycok dit :

    Je préfère aussi le premier, quand il est sorti, c’était la révolution en terme d’animation de personnages, et même de graphismes de manière générale. Le 2 surfe sur la même recette en essayant d’en rajouter mais en ce qui me concerne, j’avais été plus déçu.

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