ESWAT: Cyber Police (Megadrive, 1990)

eswat_fronticone megadrive japESWAT: CYBER POLICE
Titre alternatif : ESWAT: City Under Siege
Année : 1990
Studio : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Robocopier-coller ?
Joué et testé sur Megadrive
Support : cartouche


Les rues de Liberty City sont gangrénées par le crime. Après avoir fait vos preuves le badge dans la poche et l’arme à la main, vous allez connaître le privilège de revêtir l’armure E.S.W.A.T. (Enhanced Special Weapons and Tactics). Grâce à cette combinaison très résistante, vous pourrez voler et surtout utiliser plusieurs armes extrêmement puissantes. Les terroristes du E.Y.E. n’ont qu’à bien se tenir… Mais il se dit que ces maniaques ont aussi leurs armes secrètes. Pourrait-il s’agir de mutations ou de terreurs bactériologiques ?

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ESWAT, sur Megadrive, fut adapté bon an, mal an de l’arcade (les jeux sont très différents) avec le moteur de ROLLING THUNDER/THE SUPER SHINOBI. On retrouve en effet la même hauteur de sprites, des animations très proches, les mêmes types de scrolling, la possibilité de jouer parfois sur deux plans de l’écran et bien évidemment une certaine rigidité de l’action. Si cela passait comme une lettre à la poste dans SHINOBI, le facteur chance n’entrant que peu en ligne de compte, dans ESWAT cette rigidité est beaucoup moins digeste : la faute à une difficulté mal dosée. Si les versions occidentales d’ESWAT demeurent jouables grâce à la présence de plusieurs continus, au Japon il en va tout autrement : aucun continu et pas de cheat codes. Justes vos yeux pour pleurer et des ampoules aux doigts à force de stresser manette en main.

Déjà excessivement dur avec quelques continus, ESWAT devient presque hardcore dans sa version japonaise. Une politique inexplicable de la part de Sega… ou alors le constructeur est parti du fait que les Japonais étaient des mutants venant au monde avec des joypads à la place des mains ? Pour terminer ESWAT j’ai ainsi dû ressortir SONIC’S ULTIMATE GENESIS COLLECTION, sur PS3. ESWAT y est proposé en version américaine, avec la possibilité d’utiliser des savestates – je sais c’est un gros mot. Puis je me suis remis sur le jeu en version cartouche dans un tout autre esprit : j’ai fait le vide, oui j’ai enclenché le mode “aware”, cher à un grand penseur belge. Oubliées les vidéos Youtube mensongères où les joueurs vont super vite et slaloment entre les lasers au millimètre près (savestates/retours en arrière > au final on n’y voit que du feu mais tout est bidonné). Oubliées mes mauvaises impressions initiales : je me suis pris en main et ai joué à ma manière. Soit très lentement, pas à pas, presque pixel par pixel dans certains niveaux (les égouts) – sans exagérer ! Et là, surprise : j’ai progressé beaucoup plus naturellement. Gestion des armes, connaissance des patterns des boss, maîtrise du jetpack… oui j’ai pu terminer le jeu en stressant parfois, certes, mais en ayant toujours l’impression de contrôler mon destin.

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ESWAT est donc un vrai bon jeu old school. Il correspond à un genre que j’apprécie beaucoup : action à scrolling horizontal, qui sait compenser une relative rigidité et une évidente lenteur par de bonnes idées dans la variété des situations et dans la gestion des armes. Celles du robot d’ESWAT sont d’ailleurs géniales, et injectent par la même occasion une once de stratégie pas désagréable puisque certaines d’entre elles vous permettront de vous défaire de quelques boss sans même transpirer, quand d’autres seront plus utiles pour vous frayer un passage au travers de niveaux pullulant d’ennemis. Missiles qui suivent le sol (R.L.), plasma à charger pour lancer une grosse boulette (P.C.), tirs à répétition (SUPER) ou encore explosion enflammée à usage unique (FIRE). Pour progresser dans ESWAT, il vous faudra jongler entre toutes ces armes de destruction massive, tout en gardant à l’esprit que les prises de risque doivent être bien calculées : si vous mourez avec une arme spéciale entre les mains, celle-ci disparaitra de votre inventaire ! Sadique, surtout que le jeu est déjà suffisamment difficile comme cela… Oui on finirait presque par pleurer, l’arme à l’œil

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Parallèlement à cet arsenal, un jetpack qui crache du feu (BURNER) vient aussi enrichir le gameplay… Hélas il se vide extrêmement vite et doit donc être utilisé avec parcimonie. Autant le dire de suite : si vous y allez comme un bourrin, le jetpack en question vous servira plutôt de four crématoire pour votre dernier voyage vers l’au-delà. La maîtrise du jetpack ne se fait ainsi pas sans mal, et n’est pas super intuitive durant les premières minutes de jeu, disons-le franchement. Personnellement je m’en suis sorti de la même manière que lors des phases de gameplay à pied : en y allant très doucement. Avancer par à-coup et ne pas hésiter à rester figer dans les airs (votre réserve ne se vide que lorsque vous êtes en mouvement) : voici le secret du jetpack sévèrement BURNER. Une fois maîtrisé, même le terrible niveau 5 (une torture les premières fois) ne devrait plus vous résister bien longtemps.

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Mais un bon jeu d’action en 2D saupoudré de plates-formes ne serait rien sans un level design bien pensé. De ce côté-là, ESWAT flatte les neurones. Tout d’abord le jeu surprend par son entame : les deux premiers niveaux sont simples mais efficaces. On y contrôle un flic qui avance et qui flingue (dommage qu’à l’instar de ROLLING THUNDER 2 on ne puisse pas tirer en diagonale). Ces deux niveaux ne sont qu’une mise en bouche pour mieux surprendre le joueur puisque dès le troisième chapitre, il faut endosser l’armure de robot qui va nous permettre d’être plus résistant, de voler et d’utiliser des armes très évoluées. Le gameplay change donc du tout au tout – c’est d’ailleurs là, avec ce troisième niveau, que le véritable jeu commence. La suite des aventures de notre policier robot (ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?) continuera alors de distiller des petites surprises à intervalles réguliers : la boue tueuse qui va vous traquer dans le niveau 4, un niveau 5 truffé de pièges et dont vous ne triompherez que lorsque voleter avec le jetpack sera devenu une seconde nature, le niveau 6 et ces espèces de facehuggers géants qui vont vous immobiliser, ou encore le terrible ascenseur final. Oui ESWAT n’est pas avare en surprises – ou en sadisme, c’est selon.

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ESWAT c’est donc à la fois le meilleur et le pire de l’action en 2D des années 80/90. Le meilleur pour la variété, les armes, les boss, la marge de progression et le chiptune de le Megadrive encore une fois bien utilisé. Le pire pour la difficulté parfois étrangement dosée et le manque de permissivité durant les premières heures de jeu – où on passe son temps à rager. Par conséquent non, ESWAT n’a pas vraiment bien vieilli, et un joueur qui n’a pas (ou plus) l’habitude de suer pour maîtriser certains éléments de gameplay (le jetpack par exemple), des phases de level design qui relèvent de la torture (l’ensemble du niveau 5, les jets de boue du niveau 4, l’ascenseur final…) et des patterns de boss machiavéliques (j’ai toujours eu du mal à me faire au serpent mécanique dans les égouts), eh bien ce joueur-là trouvera ESWAT tout simplement injuste et mal fichu. Quelqu’un qui a encore l’état d’esprit des années 80-90 devrait au contraire parvenir à goûter comme il se doit la substantifique moelle d’ESWAT. Le jeu en vaut la chandelle (allumée au jetpack pour se la péter un peu) : une fois que l’on en maîtrise tous les différents éléments, ESWAT devient vraiment valorisant. Il est même alors possible de varier les angles d’attaque et les plaisirs.  Le plaisir d’offrir… les baffes robotisées bien évidemment.

Note : joystick 2     Nostalgie : joystick 2joystick 2joystick 2

Certaines mécaniques d’ESWAT ont vieilli. Aujourd’hui sa lenteur et son gameplay plutôt rigide, qui ne pardonne rien, rebuteront plus d’un joueur (rebuter > du verbe buter une deuxième fois !?). C’est encore plus vrai dans la version japonaise du jeu, qui ne propose aucun continu ! Au contraire, si vous avez connu cette époque vidéoludique impitoyable où il fallait souffrir avant de maîtriser un jeu (gameplay, level design, patterns…), vous pourriez bien adorer ESWAT, surtout que sa marge de progression est très bonne – ce qui prouve qu’il ne s’agit pas d’un mauvais jeu… Le mauvais jeu étant par essence un soft mal pensé et qui ne permet donc aucun progrès. Du coup ESWAT mérite bien ses trois bâtons de joie – pour les retrogamers only.

Images : jeux vidéo et des bas

Une vidéo commentée en français : le bonhomme joue bien et ne triche pas (sauf sur la fin visiblement !)

mag vintage

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