Chikyû kaihô gun ZAS (Game Boy, 1992)

chikyuu zas_fronticone game-boyCHIKYÛ KAIHÔ GUN ZAS
Année : 1992
Studio : T&E Soft
Éditeur : T&E Soft
Genre : tirs aux flancs ?
Joué et testé sur Game Boy
Support : cartouche


Année 20XX. En raison d’un environnement hautement pollué, les Hommes ont abandonné la Terre pour s’installer sur Mars, en espérant qu’un jour leur planète retrouve son lustre du passé et qu’elle puisse redevenir le berceau de l’Humanité.
Bien des années plus tard, et alors que les humains tentent de revenir sur Terre, ils se rendent compte que celle-ci a été colonisée par les troupes de l’extraterrestre Mazeru. L’Armée de Libération Terrestre va alors envoyer ses soldats au combat… sans succès… jusqu’à ce qu’un pilote, aux commandes du super vaisseau Miraida01, se décide à passer à l’offensive.

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Le business des jeux rétro commence à être lucratif. Ces dernières années, il m’est ainsi arrivé de voir certains jeux non pas doubler, mais tripler voire quadrupler de prix en très peu de temps, au Japon. La faute à certains profiteurs mais aussi à des acheteurs (occidentaux pour la plupart ?) qui sont prêts à cautionner n’importe quel prix (a-t-on la même valeur de l’argent ?) faisant ainsi artificiellement décoller les cotes de certains jeux à vitesse grand V (« v » pour « vomir »).

Ces prix élevés peuvent pourtant se justifier dans des cas bien précis : celui des jeux rares. Rares parce qu’à l’époque ils furent tirés à peu d’exemplaires, voire peut-être exclusifs à un seul continent. Rares parce que lors de leur sortie ils n’ont pas rencontré le succès escompté. Rares parce que malgré l’omniprésence d’Internet, il s’agit de titres peu mis en avant. Rares parce que tout simplement on ne les voit jamais en magasin. C’est par exemple le cas des RECCA SUMMER CARNIVAL (édités uniquement lors de festivals), de NINJA FIVE-O sur GBA ou du jeu qui nous intéresse aujourd’hui : CHIKYÛ KAIHÔ GUN ZAS.

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Avec son titre à coucher dehors, ZAS remplissait fort bien les conditions pour ne pas passer à la postérité. D’ailleurs, lorsque l’on demande à des joueurs de citer les meilleurs shoot’em up de la Game Boy, les NEMESIS et les R-TYPE arrivent, comme Turbo et Zoom, en pole position. Et c’est d’ailleurs parfaitement justifié – il est simplement dommage que ZAS soit trop souvent oublié car ce soft est, en toute simplicité : une tuerie (comme on dit dans le jargon plein de poésie propre aux jeux vidéo). Alors certes, le jeu coûte cher désormais. Se destine-t-il aux seuls joueurs pleins aux ZAS ? J’espère que non, tant CHIKYÛ KAIHÔ GUN ZAS mérite d’être découvert par tous les amateurs de la Game Boy. Par tous les fans de shoot’em up. Par tous les amoureux de jeux vidéo.

ZAS c’est tout d’abord une claque visuelle dont on se relève difficilement. Regardez donc ce scrolling sur deux plans, donnant l’impression de décors regorgeant de détails et de vie. Mieux encore : les décors en question réservent parfois de subtiles surprises comme, par exemple, cette étoile filante qui s’invite nonchalamment lorsque l’on arrive à la fin du premier niveau. Ces arrière-plans sont d’ailleurs à tel point incroyables pour la Game Boy que les développeurs ont, semble-t-il, été obligés de les faire disparaitre durant les affrontements contre les boss – les entrailles de la petite console de Nintendo n’auraient sans doute pas pu suivre… car je ne vous l’ai pas encore dit, mais les boss sont parfois énormes ! Graphiquement magnifiques, ils sont de plus très réussis au niveau tactique : patterns sympas et techniques originales qui vont parfois vous laisser bouche-bée ! Le monstre qui lance des cubes pour vous écraser (hommage aux casse-briques ?), celui qui se protège derrière des blocs qui se transforment en boulettes tueuses lorsque vous tirez dessus… ou encore le double boss final, ces jumeaux qu’il vous faudra occire plus ou moins au même moment sous peine de voir le second rapidement régénérer le premier : tout simplement fabuleux ! Un duel final qui revêt d’ailleurs plus ou moins les atours d’un danmaku avant l’heure : c’est une pluie de balles qui vous attend, préparez-vous à slalomer entre les boulettes et quelques rayons particulièrement vicieux susceptibles de changer de direction !

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Les graphismes géniaux, le scrolling de fou furieux, les musiques entrainantes et les boss inoubliables ne sont pas les seuls bonnes surprises de ZAS : les cinq niveaux du jeu recèlent en effet en leur sein tout un tas d’idées et de petits passages remarquables et souvent surprenants.  Les chaînes qui tournent dans le ciel du premier niveau et dont vous pouvez changer la rotation (dans le sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse) ; ce moment culte où le scrolling s’arrête durant le cinquième niveau et que vous vous retrouvez bloqué dans un minuscule labyrinthe avec des vaisseaux à dézinguer ; les nombreux décors destructibles – et d’autres qui vont vous courser ! ; ces plates-formes qui tombent du haut de l’écran vous obligeant à anticiper votre chemin… Chaque niveau (ouvert ou au contraire confiné dans d’étroits couloirs) risque ainsi de vous décrocher la mâchoire – ce qui ne devrait pas vous empêcher de mordre à pleines dents dans l’aventure.

Un dernier mot sur le gameplay : votre vaisseau est un peu lent, mais comme tout a été prévu en conséquence (level design, vagues ennemies) ZAS jouit d’une jouabilité absolument parfaite. Du côté de l’armement par contre, c’est un peu chiche : hormis votre laser de base, n’espérez pas glaner de quelconques armes ou options supplémentaires (à part davantage de puissance ou un champ protecteur). Mais, car il y a un mets (de choix), dans ZAS toute la stratégie de vos batailles tourne autour de votre seul et unique laser frontal puisqu’il vous est possible de l’altérer en le divisant en deux modules, se rangeant sur vos flancs. Vous aurez alors à votre disposition trois tirs évidemment plus faibles mais qui couvriront une partie plus importante de l’écran. Le tout se fait en jonglant le plus naturellement du monde avec les deux boutons de la Game Boy : un bouton pour changer les options, et un autre pour tirer. Une idée grisante et… gagnante ! Malgré la lenteur relative de vos joutes spatiales, vos parties se révèleront en effet particulièrement trépidantes – surtout que la difficulté est bien dosée. En easy le jeu est très faisable, tandis qu’en normal il va vous demander davantage d’efforts – sans pour autant être rédhibitoire. Je ne parle pas du mode hard car je le dis sans honte : dans les shoots ce n’est pas ma tasse de thé…rreur !

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ZAS est par conséquent un jeu immanquable. À la fois d’un point de vue historique – pour avoir en main l’un des jeux les plus aboutis de la Game Boy. Mais aussi parce que ZAS est un super shoot’em up, tout simplement. De plus, et contrairement à un NEMESIS ou à un R-TYPE aussi disponibles sur Game Boy, il ne s’agit aucunement d’un portage, d’une suite ou d’un spin-off d’une célèbre série. Non, CHIKYÛ KAIHÔ GUN ZAS est un jeu unique, et il mérite définitivement d’être appelé par son titre complet !

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Graphismes grandioses pour la machine, scrolling sur deux plans sublimant les backgrounds, CHIKYÛ KAIHÔ GUN ZAS est un jeu absolument incroyable pour la Game Boy – un travail d’orfèvre réalisé par l’équipe déjà responsable d’un autre shoot culte, cette fois sur MSX et Megadrive : UNDEAD LINE. Bien que votre vaisseau soit un peu lent et doté d’une seule arme (que vous pouvez néanmoins diviser en trois tirs), ZAS propose une aventure super rythmée, originale et, disons-le franchement : inoubliable. Le plus grand shoot de la Game Boy c’est lui, incontestablement.

Images : shmup.com

Vidéo :

mag vintage

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