Catherine (PlayStation 3, 2012)

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Année : 2012
Studio : Atlus
Éditeur : Atlus
Genre : Catherine avec un C, un K ou un Q ?
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray

Vincent Brooks, 32 ans, a une vie simple. Il est en couple depuis plusieurs années avec Katherine, il a un travail, un petit appartement, et tous les soirs il retrouve ses amis au bar du coin, le Stray Sheep. Seulement des incidents bizarres se produisent dans son quartier, où des jeunes hommes meurent dans leur sommeil. Coïncidence, Vincent est en ce moment victime de cauchemars dans lesquels il doit escalader une tour, et meurt s’il tombe. C’est à ce moment-là, alors que Katherine lui annonce être enceinte et que sa petite vie bascule, que Catherine, jolie blonde, débarque dans sa vie…

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Catherine fait office d’ovni dans le paysage vidéoludique actuel. À l’heure où les grosses boîtes livrent leurs jeux tous les ans (Call of Duty par exemple), se vendant à des millions d’exemplaires, les petits jeux indépendants se retrouvent souvent à sortir de manière discrète en support dématérialisé. Succès ou pas, remarqué par le public ou pas, cela ne change rien à la question. Catherine, développé par le studio Atlus (Persona, Trauma Center), fait office d’exception, en proposant déjà une expérience de jeu totalement différente des grands standards actuels (grand spectacle, graphismes de plus en plus réalistes), et en ayant droit à une sortie boîte, et surtout une localisation française malgré le concept du jeu assez…spécial. Car avant sa sortie, on ne savait que deux choses de Catherine (le jeu, pas la fille, quoi que…). La promo du jeu, du moins ses photos promotionnelles, donnaient l’impression d’un soft érotique, ce qui est finalement totalement faux. Surtout, le jeu se trainait au Japon une réputation de difficulté hardcore, si bien que certains joueurs se seraient plaints : un patch est logiquement sorti quelque temps plus tard. Pour son arrivée en Amérique puis en Europe, le jeu se retrouva donc avec 3 modes de difficultés (facile, normal, difficile, que du classique).

Bref, Catherine ! Un jeu assurément pas comme les autres, et ce dès son introduction. Car l’aventure se découpe clairement en trois parties, jour après jour. Chaque journée, nous suivons notre personnage principal, Vincent Brooks. Un personnage comme vous et moi (pour les trentenaires ou presque). Il a beau avoir une petite amie depuis 5 ans, un appartement, retrouver ses amis tous les soirs au bar pour abuser un peu de l’alcool, il aime sa vie comme elle est, son train-train quotidien et ne voit aucune raison de changer tout cela. Seulement quand nous faisons la connaissance du personnage, toutes ces croyances foutent le camp. En un éclair. Sa petite amie Katherine lui annonce être enceinte et commence donc à s’introduire un peu plus dans sa vie, pour qu’il y mette de l’ordre, voire le pousser au mariage. Pour ne rien arranger, Vincent fait des cauchemars atroces et étranges où il frôle la mort à chaque instant, et alors que rien ne va, une jolie blonde, Catherine, débarque dans sa vie par hasard et se fait elle aussi envahissante. Malgré tout, cette jeune femme représente à ses yeux la femme parfaite. C’est-à-dire pas franchement intéressée par le mariage, ouverte à tout et, cerise sur le gâteau : magnifique et accro aux MMS coquins le soir. Vous l’avez compris, Catherine, le jeu, parle du passage à l’âge adulte, le vrai, parle des responsabilités, de la vie de couple, de la tromperie, de la fidélité. Des sujets matures traités la plupart du temps comme il faut malgré quelques simplicités, mais aucunement érotique comme beaucoup pouvaient le croire, et surtout assez rares dans le monde du jeu vidéo.

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Le côté coquin de l’œuvre se limitant à quelques poses suggestives de la part de Catherine, il n’y a rien de bien méchant. Car finalement, le jeu se fait plus glauque qu’érotique, plus étrange qu’excitant. Bref, revenons au gameplay, découpé en trois parties distinctes comme je le disais plus haut. Le jeu se déroule sur 9 jours en tout, et chaque journée suivra le même principe. La journée, on suit les aventures de Vincent dans des cinématiques, à la façon d’un visual novel, avec animation et design type manga du plus bel effet. L’effet aurait pu être casse gueule pour les joueurs, comme moi, qui préfèrent s’éclater avec la manette en mains plutôt que de suivre de longues cinématiques comme certains jeux récents ont trop tendance à le faire (Beyond : Two Souls par exemple). Seulement ici, la sauce prend, le graphisme est des plus sympathiques, les personnages attachants. Ensuite, on entre dans la deuxième partie du jeu, se déroulant tous les soirs au bar, où Vincent retrouve trois de ses amis pour se bourrer la gueule. Là, le joueur aura la possibilité de commander des alcools différents, de se balader dans le bar pour parler avec les différents personnages, que ce soit des clients, le patron toujours avec ses lunettes de soleil, ou la serveuse Erica. On pourra également aller s’amuser sur la borne d’arcade ou aller aux toilettes pour consulter des sms coquins à l’abri des regards. Si on pourra penser au début que ce bar n’est qu’un endroit répétitif où l’on ne fera que discuter avec des PNJ, ou accéder à son téléphone pour répondre aux sms et sauvegarder, on va rapidement changer d’avis tant ce bar va devenir au fur et à mesure des longues heures de jeu un lieu de repos où l’on aimera s’attarder.

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Car c’est là qu’arrive la troisième partie du jeu, le troisième style de gameplay pourrait-on dire, avec les cauchemars de Vincent. Ici, on se retrouve dans un monde étrange où l’on devra pousser et tirer des blocs pour escalader une tour. Dis comme ça, c’est simple, mais dans les faits, c’est une autre histoire. Longue tour, peu de checkpoints, quelques ennemis, des blocs traitres (certains fissurés se brisent et pourront donc vous empêcher d’avancer une fois disparu, d’autres explosent quelques seconds après, certains possèdent des pics vous transperçant une fois grimpés dessus), et surtout, oui, surtout, un temps limité, puisque les étages de la tour s’écroulent rapidement derrière vous. Pas le temps d’analyser en détail les différents blocs et chemins possibles sous peine de tomber dans le vide et de recommencer. Le jeu devient alors une course contre la montre, tout en étant un jeu de réflexion assez pervers. On va stresser, paniquer, s’énerver et vite comprendre pourquoi le jeu nous offre 10 vies dés le premier niveau. La fameuse polémique sur la difficulté du jeu n’est plus à prouver, puisque sur 9 nuits (donc 9 escalades découpées en plusieurs sous-niveaux), il m’aura fallu 16 heures pour arriver à la fin du jeu (en mode normal, je l’ai retenté en mode facile et cela paraît extrêmement facile, 8 heures devraient suffire).

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16 heures de stress, de casse-tête, d’énervement et d’addiction. Car malgré tout, Catherine (le jeu hein) se fait extrêmement addictif. Une fois plongé dans le monde des cauchemars, on se prend la tête, on n’a qu’une envie, c’est d’y arriver pour connaître la suite de l’histoire de Vincent, le dénouement. Mais étrangement, une fois la journée suivante arrivée et l’habituelle soirée au bar en compagnie de notre verre de whisky, on aura envie d’y passer des heures pour retarder l’inévitable, le prochain cauchemar. Outre le stress provoqué par ces niveaux, Catherine distille une ambiance assez étrange et malsaine, paradoxalement bienvenue qui continuera de nous mettre les nerfs à rude épreuve, puisque les événements étranges se multiplient dans la journée, les situations deviennent plus tendues pour Vincent, jonglant sans cesse entre Katherine et Catherine, entre la vie et la mort, et chaque nuit lui donnera son lot d’émotions fortes. Car oui, il n’est pas le seul à devoir escalader ces tours interminables, et il verra les autres humains en moutons (What the fuck!!!), qui, eux, le voient également en mouton. Un procédé qui fera dérailler certains personnages, car si certains vont vouloir s’entraider (entre chaque étage, on pourra leur parler pour échanger des techniques pour monter la tour), certains vont aimer faire tomber les autres et y prendre du plaisir. Assez malsain. Ajoutons à cela que chaque nuit, et donc, chaque niveau, se termine par une dernière escalade ardue face à un boss aux attaques variées qui va nous poursuivre sans cesse. Ne soyez donc pas étonnés de mourir rapidement sous les attaques des boss, en plus des chutes. Écrasements sous un poing, coups de fourchette géante, pièges sadiques qui viendront littéralement nous exploser… Oui, le jeu se fait de plus en plus dur.

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Extrêmement prenant, extrêmement addictif, mais également extrêmement dur, Catherine hypnotise, intéresse de par son histoire et ses différents personnages auxquels on peut souvent s’identifier. Ajoutons, outre le jeu principal, un mode Babel à la difficulté encore plus haute (je n’ai pas passé le premier niveau, c’est vous dire…), qu’il faudra débloquer en gagnant des médailles d’or en mode normal ou difficile, et la possibilité de refaire le jeu pour débloquer… les 9 fins disponibles, et vous en aurez pour votre argent, d’autant plus que le jeu est disponible actuellement à bas prix sur le PlayStation store. Oui, le jeu en énervera plus d’un par sa difficulté, il pourra déclencher des crises de nerf et pourtant, on ne pourra pas s’empêcher d’y revenir même après avoir éteint la console à la suite d’un geste d’énervement. Beau visuellement, doté d’une bande son assez jazzy en journée et de remix de musiques classiques pour les cauchemars, on pourra juste émettre un regret au sujet de la maniabilité (extrêmement simple) : l’inutilité du stick droit censé pouvoir bouger la caméra pour nous aider si l’on doit se suspendre et passer derrière des blocs pour avancer.

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Catherine surprend en n’allant pas où on l’attendait. Jeu de réflexion extrêmement stressant baignant dans une ambiance sombre et étrange, il nous tiendra en haleine de longues heures durant. Pas un chef d’œuvre, mais un vrai coup de cœur.

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Une réponse à Catherine (PlayStation 3, 2012)

  1. Oli dit :

    Il fait partie des jeux qu’il faut encore que j’achète absolument sur PS3 (avec PUPPETEER, OKAMI HD, DRAGON’S CROWN et quelques autres). Je suis sûr que ça va me plaire.

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