Mystical (Amiga, 1990)

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Année : 1990
Studio : Infogrames
Éditeur : Infogrames
Genre : il n’a pas la recette magique
Joué et testé sur Amiga 500
Support : disquette


Vous êtes un apprenti magicien enfin arrivé au terme de ses études. Lors d’un cours sur l’ouverture des portes chez le Grand Sorcier, vous avez commis un impair et provoqué la dispersion de tous les parchemins et de toutes les fioles magiques de ce dernier ! Si vous voulez obtenir votre diplôme de fin d’études, il va vous falloir récupérer la majorité des reliques – une tâche loin d’être aisée, puisque celles-ci ont été dispersées dans quatre mondes parallèles peuplés de monstres belliqueux  et de dieux mauvais jaloux des pouvoirs des magiciens.

Malgré sa grande colère, le Sorcier vous permet d’utiliser les breuvages contenus dans les fioles ou les formules magiques inscrites sur les parchemins pour vous défendre. De plus, il vous suivra durant tout votre périple grâce à sa boule de cristal et utilisera ses pouvoirs pour vous faire passer d’un monde à l’autre et pour vous redonner vie si les circonstances vous sont fatales. Mais comme le Grand Sorcier n’est pas un modèle de patience, il ne vous ramènera à la vie que deux fois…

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MYSTICAL est un jeu peu connu du grand public mais ses graphismes soyeux, ses couleurs chatoyantes et ses monstres si expressifs avaient fait chavirer plus d’un Amigaïste en 1990. Et puis MYSTICAL est un shoot pédestre, sous-genre d’une espèce en voie de disparition – que dis-je : quasiment éteinte, et qui survit bon an mal an dans les souvenirs paradoxalement remplis de lumière des joueurs nés dans les années 70 ou 80.

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Dans ce shoot pédestre d’Infogrames, le scrolling est forcé. Il ne faudra donc pas perdre de temps en chemin et parer au plus pressé : ramasser des fioles et des parchemins pour acquérir des pouvoirs – temporaires. Il s’agit là du premier écueil du jeu – rédhibitoire selon moi. Votre personnage ne peut pas tirer à moins d’acquérir un pouvoir magique. Vous allez donc souvent vous retrouver complètement dénudé, c’est-à-dire sans magie aucune, contraint à esquiver les hordes d’ennemis qui ne cesseront d’apparaitre depuis le haut de l’écran. Et comme ceux-ci n’ont pas de problème d’éphémérité frappant leur magie, ils vont vous en mettre plein la tête et trouer vos oripeaux de part en part. Pire : lorsque vous ramassez un nouveau parchemin (ou une potion), il vous faudra rapidement appuyer sur la barre d’espace pour les stocker (en haut de l’écran) – dans le cas contraire, votre magicien consommera immédiatement la relique et pourrait, selon les cas, annuler le pouvoir que vous utilisiez jusque-là (oui, quelques pouvoirs ne sont pas cumulatifs). Si vous parvenez à stocker un certain nombre de magies, vous pouvez y avoir accès à tout moment de la partie en appuyant sur la barre d’espace (encore elle) à plusieurs reprises pour sélectionner la magie souhaitée – puis la touche entrée pour valider. Ça a l’air facile dit comme ça, mais in-game, avec les ennemis qui avancent nonchalamment vers vous tout en tirant des objets violents non identifiés, préparez-vous à subir une crise de nerfs carabinée ! Le pire, dans cette sombre histoire belge (parce que ce n’est pas drôle), réside encore dans l’éphémérité des pouvoirs – oui je l’ai déjà dit, mais se retrouver régulièrement dans l’incapacité de tirer dans un shoot’em up, c’est une pure hérésie. Cerise rassise sur le gâteau : de nombreux parchemins et breuvages ne sont pas des sorts offensifs continus. Préparez-vous donc à de longues traversées du désert, sans pouvoir tirer et en ramassant coup sur coup un sort de protection, de paralysie, d’emprisonnement ou de peur ! Il y en a vingt-quatre différents, alors avant de tomber sur les bons… Nom d’un pixel mort, qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête des développeurs ?! La logique aurait voulu que le joueur puisse tirer constamment – mais avec un tir de base, plus faible que les autres, que l’on aurait pu agrémenter d’upgrades ou de pouvoirs supplémentaires temporaires, eux. Mais la logique et certains jeux micro des années 80/90 vous savez, c’est un peu comme les politiciens français et le non-cumul des mandats, Gameblog et l’orthographe, Diam’s et la musique… Ça ne va pas forcément de pair.

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C’est d’autant plus regrettable que MYSTICAL est, techniquement, extrêmement réussi. Si on met de côté l’absence de musiques in-game (un crime de lèse-majesté sur Amiga), le reste frise la perfection : les graphismes sont superbes, les animations et les sons variés et si expressifs qu’ils confèrent au jeu une vraie touche humoristique (le « bouh » du sort de peur est tordant) et le chara-design est dans le ton. La multitude de sorts disponibles était également une bonne idée et aurait pu (dû ?) apporter une grande originalité au gameplay – si les sorts en question ne disparaissaient pas en fumée au bout de quelques secondes. Oui MYSTICAL avait tout pour être un vrai hit, un vrai grand shoot micro – et ça ne court pas nécessairement les rues – et encore moins les disques durs décatis ou les Amiga 500 jaunis.

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Les premières minutes de MYSTICAL sont pour ainsi dire enchanteresses : le magicien est maniable, les ennemis sont trognons, on s’amuse à tripoter un peu tous les sorts qui jonchent le sol et la première fois que l’on transforme un berger fou en grenouille, que l’on pétrifie un monstre dont la statue va s’effriter ou que l’on coince tous les ennemis présents à l’écran dans des petites geôles, on s’amuse comme un gosse, un gros sourire dessiné sur le visage ! Hélas on déchante vite : tout d’abord on ne comprend pas pourquoi notre magicien ne peut plus tirer – il faut alors slalomer longuement entre les méchants trolls, chimères et autres coquecigrues pour enfin mettre la main sur un parchemin. Et si ce n’est pas un sort offensif, on se retrouve avec nos seuls yeux pour pleurer – et nos petits pieds fatigués pour se lancer dans de nouveaux slaloms inintéressants au possible entre toute la faune et la flore machiavéliques de ce monde médiéval fantasmé. Puis arrive le premier boss. Après l’avoir occis, arrive la deuxième très mauvaise idée du jeu : après chaque boss de fin, il faut en effet attendre plusieurs secondes debout au centre d’un pentacle tout en se farcissant plusieurs vagues de monstres lambdas qui ne vont pas se faire prier pour vous envoyer au ciel – là où l’idée se révèle sacrément mauvaise, c’est que le joueur vient de se taper un boss, qu’il n’a sans doute plus beaucoup de parchemins en stock et qu’il doit donc se lancer dans un baroud d’honneur des plus saugrenus – et jamais vu auparavant dans un (bon) jeu vidéo. Alors certes, on pourrait jouer à deux – l’un contrôlant le magicien, l’autre son familier (une espèce de golem qui n’utilise pas la magie mais saute pour écraser ses adversaires). La difficulté semble s’en retrouver amoindrie surtout que le golem ne meurt pas – il disparait sous terre quelques instants pour revenir avec le plein d’énergie. Mais on aurait aimé autant d’implication dans le jeu solo de la part des développeurs…

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Oui, MYSTICAL passe donc à côté de quelque chose de grand – pour un shoot micro, j’entends. Et après y avoir rejoué plusieurs fois (dont une avec l’énergie infinie pour en voir la fin), j’ai compris pourquoi ce jeu avait disparu des souvenirs embrumés de nombreux joueurs du début des années 90. Non, ceux-ci ne sont pas frappés de démence précoce – bon sang, nous ne sommes que trentenaires ou quarantenaires, pour la plupart ! Il s’agit juste d’une mémoire sélective – qui a l’élégance de passer sous silence les expériences les moins mémorables… voire les plus douloureuses ?

Oui MYSTICAL passe à côté de quelque chose de grand. Un tir de base infini et continu, ça tombe sous le sens, et ça aurait suffi à mon bonheur.  Nom d’une baguette magique, c’était pourtant pas sorcier !

Note : joystick half      Nostalgie : joystick 2

Sans doute plus amusant à deux joueurs, seul le soft d’Infogrames se révèle très vite trop difficile et bien trop contraignant pour un shoot’em up pédestre. Imaginez : vous n’avez pas de tirs infinis et il faut trouver des sorts ou des potions en chemin pour pouvoir utiliser de la magie – hélas pas toujours offensive, ou alors juste à usage unique ! Beaucoup trop contraignant oui, d’autant plus qu’il vous faudra aussi jongler entre la barre d’espace et la touche entrée pour gérer tout ça en temps réel – MYSTICAL n’avait aucunement besoin de ça ! C’est d’autant plus regrettable que le jeu est vraiment beau et que ses animations, belles et drôles, parviennent à plonger le joueur dans une ambiance délirante. Oui MYSTICAL avait vraiment tout pour plaire – sur micro-ordinateur, parce que la même année, on avait du AERO BLASTERS sur PC Engine au menu, pour ne citer que lui...

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

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Une réponse à Mystical (Amiga, 1990)

  1. colwyn1978 dit :

    Ah mais je l’avais complètement oublié celui là et je me rappelle pourtant qu’à l’époque j’y jouais régulièrement ! Quand je le revois, je me demande pourquoi j’aimais tant y jouer lol

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