Cursed Castilla EX (PlayStation 4, 2016)

CURSED CASTILLA EX
Titre alternatif officieux : Maldita Castilla EX: Cursed Castilla
Année : 2016
Studio : Locomalito / Abylight Studios
Éditeur : Abylight Studios / eastasiasoft
Genre : la chevalerie, le joueur pleure
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


Au XIème siècle, un ancien et puissant démon a utilisé les larmes de Moura, meurtrie par la perte de son grand amour, pour créer une clé magique. Grâce à ce truchement, il est parvenu à ouvrir une porte pour déverser son armée démoniaque sur le royaume de Castille. Le roi Alfonso VI de León envoie Don Ramiro, Quesada, Don Diego, et Mendoza à Tolomera, pour tenter de mettre un terme à ce cauchemar.

Vous incarnez le preux chevalier Don Ramiro. For God and Castilla !


CURSED CASTILLA EX est la dernière mouture d’un jeu freeware sorti en 2012 : MALDITA CASTILLA, le fruit des fendus Locomalito pour la programmation, et Gryzor87 pour les sons et les musiques. Il n’est pas étonnant de voir deux Espagnols ainsi brillamment surfer sur la vague pixelisée du néo-rétro, quand on sait que les ordinateurs 8 bits ont connu un joli succès dans leur pays, dans les années 80. Locomalito et Gryzor87 ont sans doute grandi avec un Spectrum, un Amstrad CPC ou un MSX sous le coude, et avec dans leurs yeux grand ouverts des jeux confinant au rêve éveillé, concoctés qui plus est par la scène hispanique, particulièrement vive à l’époque. Par exemple, comment oublier les Espagnols de Dinamic Software, et leurs ARMY MOVES, AFTER THE WAR, GAME OVER, voire leur DON QUIJOTE, certes moins connu en France, mais qui prouve que ces créateurs ont, à l’instar de Locomalito et de Gryzor87, la culture de leur pays chevillée au corps – oui, MALDITA CASTILLA regorge de références historiques et culturelles à l’Europe et à l’Espagne en particulier.


Mais bien évidemment, l’œil avisé du tueur de gargouilles pourpres que vous êtes aura tout de suite remarqué la principale inspiration de MALDITA CASTILLA, cette substantifique moelle qui lui donne une âme et fera pousser bien des râles aux joueurs de toute une génération, à la fois traumatisés et émerveillés par la célèbre franchise de Capcom… MAKAIMURA ! MALDITA CASTILLA en reprend tous les codes nés sur bornes d’arcade, et en détourne même certains personnages. Bien sûr, tout ici est habilement digéré pour être resservi à la sauce espagnole. On peut ainsi utiliser le double-saut de SUPER GHOULS’N GHOSTS (mais uniquement si on trouve le bonus correspondant), mais contrairement à ce jeu il est possible de tirer dans quatre directions (à la manière de GHOULS’N GHOSTS). Par contre, on ne retrouve pas le système de magie et d’armure dorée des deux titres précités. En cela, MALDITA CASTILLA se rapprocherait donc davantage du plus épuré GHOSTS’N GOBLINS – jusque dans la présence de coffres à bonus maudits !


Les premiers instants au contact de MALDITA CASTILLA sont  donc hautement euphorisants. Les graphismes en pixels sont absolument magnifiques (ça passe rudement bien sur une grande télé – trois affichages disponibles), et les musiques sont orgasmiques – très typées Megadrive, je trouve. On progresse relativement bien (quelques passages sont très durs mais il y a des checkpoints), et on est rapidement subjugué par la beauté et l’élégance des boss. Puis, à mesure que l’on progresse, on se rend compte que certains chapitres sont diablement retors. Pire : Locomalito a repris à son compte l’un des défauts (à mon sens) des jeux de l’époque. Je veux bien évidemment parler de la double peine, à savoir ces moments cruels où, lorsque vous vous faites toucher, vous reculez d’un bon mètre pour tomber… dans un trou ! Parfois c’est à en devenir fou : on rage, on peste, on choléra… à force de tomber de Charybde en Scylla. C’est d’autant plus frustrant que dans MALDITA CASTILLA, Locomalito a bien évidemment prévu l’emplacement de certains ennemis et de nombreux trous en conséquence… Un joueur qui n’a pas été élevé au bon grain (de folie) des jeux d’antan ne devrait pas pouvoir supporter un tel supplice. Les autres, au contraire, devraient être capables de se retrousser les manches pour reprendre du service des sévices, après chaque mort prétendument injuste. Je précise bien « prétendument » injuste car au final, MALDITA CASTILLA n’est perclus d’aucun défaut. Chaque mort peut être évitée. Chaque trou peut être esquivé. Oui, l’aventure pour délivrer la Castille peut être domptée ! C’est d’ailleurs l’une des grandes forces du jeu : à force d’y revenir, le joueur motivé l’apprivoisera peu à peu pour, finalement, passer certains chapitres machiavéliques à toute vitesse, en slalomant presque entre les ennemis et leurs tirs vicieux. Avec en ligne de mire un record de speedrun ?


Il y a ainsi différentes manières d’aborder MALDITA CASTILLA. La plus simple : y jouer sans se prendre la tête (même si c’est parfois costaud), profiter des checkpoints et des crédits infinis, mourir souvent mais finir par vaincre à force d’opiniâtreté plus que par le talent. Mais si vous voulez voir la meilleure fin du jeu et son niveau caché, il vous faudra aussi découvrir des secrets (vraiment bien fichus d’ailleurs), mourir peu et par conséquent développer votre skill et votre science du mouvement utile – personnellement je trouve le jeu plus maniable à la croix directionnelle qu’au stick. Cerise sur le gâteau : vous pouvez également jouer à MALDITA CASTILLA pour le scoring, ou pour le speedrun (affichable à l’écran). Ce qui changera bien sûr votre manière d’aborder les parties du tout au tout.


MALDITA CASTILLA est, pour moi, bien plus qu’un simple hommage à nos jeux d’antan, GHOSTS’N GOBLINS et BLACK TIGER en tête : il s’agit d’un véritable monument à la croisée des chemins de croix du retrogaming, de l’arcade et des jeux plus modernes. Mieux : sa dernière version, intitulée CURSED CASTILLA EX et éditée sur One, PlayStation 4 et PC (sortie physique uniquement sur PS4), propose quelques nouveautés dont des armes et deux niveaux supplémentaires, avec leurs doubles doses de mini boss et de boss absolument immanquables. À en pleurer des pixels de joie…

Note :

La grande force de MALDITA CASTILLA, c’est qu’il ne se contente pas d’être un simple hommage aux jeux d’arcade et de plates-formes de notre jeunesse. Il sublime le genre pour se rendre accessible à tout type de joueurs – vous pouvez en effet jouer à MALDITA CASTILLA pour le fun, pour voir la meilleure fin (ne pactisez pas avec la Mort !), pour le speedrun ou encore pour le scoring. Beau, maniable, riche… MALDITA CASTILLA est un pur condensé de bonheur vidéoludique pixelisé, parfois très corsé, encore sublimé dans sa dernière mouture intitulée CURSED CASTILLA EX. Immanquable !

Images : éditeur

Trailer :

Pour la Castille ! Voici la fin de mon speedrun (dernier chapitre du jeu) – à éviter si vous voulez conserver le plaisir de la découverte – je me demande d’ailleurs si Locomalito ne s’est pas inspiré d’une feinte déjà vue dans CHELNOV pour imaginer le point faible du boss final… :

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8 réponses à Cursed Castilla EX (PlayStation 4, 2016)

  1. Tatsael dit :

    Le die and retry et le “par coeur” dans tout sa splendeur !
    J’en suis au niveau 6 et je bouffe ma manette !
    Félicitations à toi de l’avoir fini 😉 et bravo à Locomalito pour cette pépite !
    Dans le même genre récent il n’y a que Rogue Legacy qui m’a procuré un plaisir semblable (même si il y a des différences de gaming entre les deux).

    • Oli dit :

      Une fois apprivoisé, on découvre le jeu sous un autre jour : quel pied ! Niveau 6 ? Tu y arriveras sans problème tu verras, le 5 était même plus corsé je trouve ! Les niveaux 5 et 8 (enfin deux petits passages dans ces niveaux) sont les plus ardus pour moi. Je continue à jouer au jeu d’ailleurs, il me manque encore quelques exploits, hélas l’un d’eux me semble impossible à atteindre – finir le jeu avec l’épée de feu…

  2. Tatsael dit :

    Je viens de finir le jeu…avec la bad ending ! Saloperies de larmes : c’est reparti pour un tour…

    • Oli dit :

      Bravo ! Et bon courage pour le deuxième tour de manège ! Personnellement j’ai trouvé le jeu encore meilleur durant ma deuxième partie – on maîtrise bien plus les évènements. J’ai fini le jeu pas mal de fois, et là je viens enfin de débloquer la (meilleure ?) fin : Hero ! Elle est vraiment cool ! Quel super jeu !
      Enjoy cher Tatsael 😉

    • Oli dit :

      Alors… Tu en es venu à bout ?

  3. Fred - FLQ dit :

    J’espère qu’il va débarquer prochainement sur GOG, le test et vos échanges font envie. 😀

    • Oli dit :

      Au pire, prends-le sur Steam ! En attendant la sortie du prochain jeu du duo infernal, à savoir SUPER HYDORAH… Un shoot qui s’annonce exceptionnel !

  4. Oli dit :

    Le jeu vient de connaître une édition physique sur Vita ! Édition limitée, il en reste encore au moment où j’écris ces lignes : https://www.play-asia.com/cursed-castilla-ex-limited-edition-play-asiacom-exclusive/13/70bj2v?ref=17_ccpsv_slider

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