Indiana Jones’ Greatest Adventures (Super Famicom, 1994)

INDIANA JONES’ GREATEST ADVENTURES
Année : 1994 (1995 au Japon)
Studio : Factor 5
Éditeur : JVC Digital Studios
Genre : fortune et gloire…
Joué et testé sur Super Famicom
Support : cartouche


Indiana Jones, célèbre archéologue au style inimitable, se lance à la recherche de l’Arche d’Alliance, qui intéresse également fortement les nazis… En Chine, l’aventurier sera pris pour cible par la pègre locale, à Shanghaï. Dans sa fuite, il survivra au crash de son avion sans pour autant savoir que le palais de Pankot, qui accepte de l’héberger, est aussi le repère d’un culte extrêmement cruel. Enfin, Indy marchera dans les pas de son père, sur les traces d’un trésor légendaire : le Saint Graal.

Les habitués des SUPER STAR WARS ne seront pas dépaysés avec INDIANA JONES’ GREATEST ADVENTURES. Il s’agit peu ou prou de la même recette (magique) et du même moteur, mais avec un studio différent aux manettes : Factor 5, un gage de qualité – tout du moins jusqu’à l’année 2007 et le crash du dragon de LAIR… Comparé aux trois SUPER STAR WARS, INDIANA JONES dispose même d’un atout de taille : il regroupe toute la trilogie cinéma sur une seule cartouche (ne me regardez pas comme ça : le quatrième film n’a jamais existé). Oui, vous avez bien lu : le jeu débute par RAIDERS OF THE LOST ARK, enchaîne avec THE TEMPLE OF DOOM pour se conclure sur THE LAST CRUSADE. Les joueurs et le professeur Henry Jones peuvent jubiler : ils le tiennent donc enfin, leur Saint Graal !

Les amateurs des films seront en effet aux anges : le jeu de Factor 5 est un pur condensé de fan-service, ça n’arrête pas une seule seconde. Et je ne parle pas des cut-scenes qui reprennent des scènes mémorables, mais bien de l’action in-game. Tout, il y a absolument tout ce que vous aviez aimé dans les films de Steven Spielberg. De l’inoubliable ouverture de RAIDERS OF THE LOST ARK avec le rocher qui va poursuivre Indy, à la fusillade dans le club Obi Wan de THE TEMPLE OF DOOM, en passant par la course de wagonnets ou le duel sur le pont suspendu, pour se conclure avec THE LAST CRUSADE, son château autrichien, son mano a mano sur un tank à deux doigts de faire le grand saut, et bien évidemment son temple final et ses pièges très… tranchants ! Pour couronner le tout, la technique se met au diapason avec des graphismes magnifiques et très variés, dans un style très « SUPER STAR WARS ». Et que dire de l’ambiance sonore… entre les jurons poussés par Harrison Ford, le bruit du fouet qui claque comme jamais et les thèmes du film des films repris avec talent (raaaaah, les chants sacrificiels dans les grottes du temple maudit !), il y a là de quoi ficher la chair de poule au fan le plus stoïque qui soit.

Au niveau du gameplay, le jeu est tout aussi diversifié. Tout d’abord Indy se révèle extrêmement maniable, ses sauts sont précis et modulables, il peut effectuer une roulade (à la Han Solo dans SUPER STAR WARS: THE EMPIRE STRIKES BACK), pousser des caisses (sans mauvais jeu de mots !), lancer une grenade, frapper à coups de poing, tirer au pistolet s’il en trouve un en chemin et surtout, surtout user et abuser de son fouet – quel pied ! La richesse des mouvements du héros au chapeau permet en général au joueur de se sortir des situations inextricables imaginées par les développeurs : action pure, plates-formes (beaucoup de plates-formes), pièges en tous genres, labyrinthe du palais de Pankot, passages en mode 7, boss originaux et niveaux qui se renouvèlent très souvent. Trop souvent ? La question mérite d’être posée, tant le gameplay peut varier du tout au tout d’un stage à l’autre. Il m’est ainsi arrivé, plus d’une fois, de débarquer quelque part sans trop savoir ce que le jeu attendait de moi (la course de wagonnets, le club Obi Wan…), et par conséquent de subir plusieurs game over à cause de cela – rageant quand on recommence deux niveaux plus tôt… Il s’agit clairement d’un petit défaut, même s’il convient de le relativiser à l’aune de l’infinité virtuelle des continus – ceux-ci sont en effet réinitialisés lorsque l’on rentre à nouveau l’un des nombreux mots de passe que compte le jeu.

Autre souci de taille : si INDIANA JONES’ GREATEST ADVENTURES est, de loin, le meilleur jeu de plates-formes 2D de la franchise, il ne figure pas pour autant dans le haut du panier du genre, sur Super Famicom. La faute à des ennemis aux patterns trop stupides et surtout à quelques passages particulièrement odieux, où les game designers semblent prendre un malin plaisir à torturer le malheureux joueur avec des idées et pièges indignes, à mon sens… Par exemple le lanceur de couteaux qui se trouve juste à l’endroit où il ne faudrait pas qu’il soit, afin de nous toucher exactement là où il faut, pour nous faire reculer d’un mètre (oui quand on est touché on fait un bond en arrière) et ainsi provoquer notre chute dans un trou. Odieux – je l’ai déjà dit, mais ça fait du bien. La rocher qui roule pour nous écraser dans le niveau 2 avec son scrolling forcé, c’est sympa… mais cette course souffre quelque peu du syndrome HAGANE (celles et ceux qui ont joué à ce jeu comprendront…).

Au final, que retenir de cet INDIANA JONES’ GREATEST ADVENTURES ? Pas facile à dire, car comme l’écran splitté, je suis partagé. Le jeu est beau, long, varié… riche. Trop riche ? On a en effet l’impression que les développeurs veulent trop en faire, et qu’au final ils n’excellent en rien – ou trop rarement. Avec le regard nimbé de nostalgie, je dirais qu’il s’agit d’un très bon jeu. Avec un peu de recul (mais pas trop, attention au trou !), je dirais que nous sommes seulement en face d’un bon titre. Une chose est sûre : it does not belong in a museum – yet ! Le jeu demeure fun aujourd’hui encore, et les fans des films et autres aventuriers du pixel perdu devraient vraiment l’apprécier.

Note :    Nostalgie :

Programmé avec le moteur des SUPER STAR WARS, INDIANA JONES’ GREATEST ADVENTURES en reprend aussi les éclatantes qualités tout autant que les nombreux défauts. Construit sur mesure pour les fans de la franchise ciné, INDIANA JONES risque au contraire de légèrement décevoir les autres, qui s’attendaient peut-être à un jeu d’action/plates-formes au niveau des meilleurs titres du genre.

Images : jeuxvideo.com

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