Friday the 13th: The Video Game (PlayStation 4, 2017)

FRIDAY THE 13TH: THE VIDEO GAME
Année : 2017
Genre : une tuerie ?
Studio : IllFonic
Éditeur : Gun Media
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : online

Sept jeunes moniteurs investissent le camp reculé de Crystal Lake, afin de peaufiner les préparatifs avant l’arrivée des enfants, prévue pour l’été. Hélas pour eux, le camp à la triste réputation va se retrouver hanté par une vieille connaissance : Jason Voorhees… Un tueur en série particulièrement violent, que l’on croyait mort depuis longtemps lorsque, enfant, il avait semble-t-il péri noyé dans les sombres eaux du lac…

Friday the 13th: the Video Game, voilà un jeu qui s’annonçait bien : fait par des fans pour les fans – de cette bien trop longue saga cinématographique. Hélas, il y a comme un fossé entre les intentions, la création du jeu, le jeu en lui-même et son lancement. Car oui le projet de base était sympa : permettre aux joueurs de survivre à Jason ou bien de jouer ce dernier dans des matchs à mort dans le camp de Crystal Lake… En voilà une idée qui fait plaisir ! Même si je n’aime pas les jeux online, le concept était tentant. Le processus créatif autour du jeu ensuite, est intéressant. Entre le kickstarter qui a récolté environ 1 million de dollars tout de même, et la participation de grands noms de la saga comme Sean S. Cunningham, réalisateur du premier film et producteur des opus 9, 10, mais aussi du versus et du remake, ou encore Tom Savini, créateur des effets spéciaux des opus 1 et 4, Kane Hooder, interprète de Jason dans les films 7, 8, 9 et 10, ou encore Thom Matthews, acteur dans le 6ème opus et Harry Manfredini, compositeur de quasiment tous les films… Oui, un jeu fait par des fans et connaisseurs de la saga, pour les fans, je l’ai déjà dit. Mais entre la création passionnante, les intentions et le jeu final (sans même parler du lancement calamiteux), quel fossé ! Parlons-en du lancement, le 26 Mai. Pas cher pour un jeu neuf (30 euros environ), c’est la raison première pour laquelle je me suis lancé. Et puis après, il y a eu le reste, c’est à dire l’impossibilité de se connecter, des bugs, des mises à jour qui ne voulaient pas se lancer (et l’impossibilité de jouer en ligne sans la mise à jour), des crashs de serveur.

Oui, je sais bien que Friday the 13th est un jeu à petit budget, fait par une petite équipe, mais face à l’engouement du jeu online depuis des années, ce n’était certainement pas sur les serveurs qu’il fallait économiser. Et quand la connexion était possible, nous voici avec un temps d’attente compris entre 3 et 8 minutes pour trouver une partie. Incompréhensible vu le très bon démarrage du jeu, et donc le nombre de joueurs présents. Mais bon rapidement, aux alentours du 30 mai, les serveurs gagnaient en stabilité, et depuis des mises à jour débarquent assez souvent, corrigeant certains bugs énervants. Mais qu’en est-il du jeu dans son ensemble sinon ? Car la création et la parution, c’est bien beau, mais il faut que le jeu assure derrière, non ? Alors soyons clair, Friday the 13th souffre de très nombreux défauts. Il serait même long et fastidieux de tous les lister. On pourra citer des commandes parfois hasardeuses, comme lorsque l’on ouvre une porte, rentre dans une maison, appuie sur le même bouton pour refermer la porte derrière nous, mais que notre personnage décide de faire un pas en arrière et referme la porte devant nous. Du coup, on est de retour au point de départ, avec encore cette satanée porte à ouvrir… Dans le même ordre d’idée, les développeurs ont eu la bonne idée de donner de nombreuses armes aux moniteurs afin qu’ils puissent se défendre. Batte de baseball, clé à molette, machette… L’inventaire est conséquent. Mais vu la force de Jason, dur de placer un seul coup (il faut frapper avant que Jason soit devant nous pour espérer le toucher), surtout que l’intéressé, lui, peut à la fois nous attraper, nous frapper avec son arme… j’en passe et des meilleurs.

Graphiquement maintenant, qu’est-ce que ça vaut ? Alors là, ce n’est pas la folie non plus, la faute à quelques bugs. Alors certes dans le fond, j’ai vu pire, notamment dans certains JRPG. Les éclairages et l’eau sont bien faits, les textures ne sont pas baveuses, l’univers des films est hautement fidèle et cela nous fait oublier le vieux jeu Friday the 13th des années 80 ! Mais oui, à côté de cela, on a des bugs d’affichage, des bugs d’éclairage (la lampe torche des moniteurs qui parfois éclaire derrière un mur), des bugs de cheveux… et aussi des bugs amusants, comme lorsque après une « fatality », le cadavre est éjecté à 40 mètres de là sans raison. Et puis surtout, il y a les animations faciales des moniteurs : une pure catastrophe. Normal qu’à côté Jason soit si parfait, on ne voit pas son visage ! On devine sans peine que le plus gros du travail a dû être effectué sur Jason, puisque celui-ci bénéficie des meilleures animations. Du coup oui, c’est buggé, c’est imparfait, mais il faut avouer que l’ambiance fait le boulot. Et le gameplay alors ? Comme je l’ai dit plus haut, certaines commandes sont imprécises, mais le jeu nous propose beaucoup de choix plutôt sympathiques, rendant les parties toujours différentes. Commençons par parler des moniteurs. Sans doute la partie la moins intéressante du jeu : il nous faudra survivre. La moins intéressant, du moins  au début puisque maintenant je m’éclate beaucoup plus à jouer les moniteurs plutôt que Jason. Survivre donc, et pour cela nous avons plusieurs options. Survivre en se battant et en se cachant pendant 20 minutes. Oui, en plus des combats, les développeurs nous offrent la possibilité de nous cacher dans des armoires, dans des tentes, sous des lits… Si l’on ne fait pas de bruit (en avançant accroupit par exemple) et que notre personnage n’a pas peur (voir un cadavre, être poursuivi, tout cela fait monter notre dose de stress), Jason aura du mal à nous localiser. Solution donc la plus longue pour survivre, la plus classique également.

Les autres possibilités sont déjà plus réjouissantes, comme par exemple réparer une voiture pour s’échapper. Là, il faudra trouver une batterie, de l’essence, et bien entendu, les clés. Une fois tout cela effectué, le joueur pourra conduire et quitter le camp, en emmenant éventuellement avec lui trois autres joueurs. On pourra faire la même chose et se sauver en bateau, et là deux joueurs pourront se sauver. L’opération reste risquée, puisque les éléments que l’on doit chercher apparaissent de manière aléatoire sur la map à chaque partie. De plus, placer la batterie nous offre alors un petit jeu en mode QTE, qui fait du bruit lorsque l’on se rate, et peut donc attirer Jason. Une fois, je suis parvenu à réparer une voiture. Je conduis alors sur la route, puis en prenant un pont la musique stressante m’indique que Jason n’est pas loin… Au même moment,  je vois trois autres joueurs courant vers moi. Dans un élan de générosité, je m’arrête, les deux premiers embarquent, hélas le troisième est trop loin… Pour ne pas perdre une seule seconde, j’avance la voiture de quelques mètres et là, c’est le drame : la voiture étant bien sensible, j’écrase l’un de mes amis. Pas le temps de le pleurer, je passe une vitesse et m’échappe du niveau !
Amusant donc, malgré les imprécisions du gameplay. Dans le même ordre d’idée, le joueur peut appeler la police, qui arrive sur les lieux 5 minutes après. Il nous suffit alors de les rejoindre pour être en sécurité. Sauf que pour ça, il faut réparer le téléphone (encore un QTE), appeler la police (l’appel prend du temps), survivre 5 minutes de plus et parvenir jusqu’à la sortie. Dur, dur d’être moniteur. On meurt. Souvent. Autre possibilité particulièrement originale : appeler Tommy Jarvis de l’épisode 6 pour ressusciter un joueur mort !

Si au lancement du jeu, jouer un moniteur était parfois énervant, vu qu’en moyenne, sur 10 parties, nous incarnons un moniteur 9 fois sur 10, il faut bien reconnaître que c’est devenu depuis beaucoup plus fun depuis que le jeu d’une part fonctionne mieux, mais également depuis que beaucoup plus de joueurs sont présents. Il faut en effet préciser qu’au début, personne ne connaissait le jeu, c’était un peu à l’aveuglette. Depuis, l’entraide est là (la plupart du temps) : certains joueurs n’hésitent pas à nous aider, à nous soigner lorsque nous sommes blessés, où à rester à côté de nous pour nous protéger lorsque l’on met de l’essence dans une voiture ou que l’on répare un fusible du téléphone. Du coup, jouer est devenu fun, vraiment, et ce malgré tous les défauts cités plus haut. Lors d’une partie par exemple, alors que je jouais un personnage très discret mais fragile, je remarque sur la carte une voiture qui se déplace non loin de là. Je rejoins donc la route principale pour croiser ces joueurs en espérant pouvoir monter à bord. Hélas, c’est une fois que j’arrive à destination que Jason débarque et stoppe la voiture. Armé d’une batte de baseball, d’un spray et de pétards, je cours pour aider les malheureux. Je parviens à perturber Jason, laissant le temps au conducteur de redémarrer la voiture. Alors que je me crois sauvé, je remarque que quatre joueurs sont déjà dans la voiture… Il n’y a donc plus de place pour moi…  Au départ déçu, j’accepte mon sort et me décide à faire l’appât, attirant Jason dans la forêt et permettant par la même occasion aux autres joueurs de se sauver. Je me retrouve donc seul face au monstre, avec encore 7 minutes à tenir et aucun moyen de fuir. Vous voulez le fin mot de l’histoire ? Eh bien je les ai tenues, ces 7 satanées minutes ! Avec ma batte, mon spray, des pièges à loups, en passant de maison en maison… Bref avec le courage et la chance chevillés au corps !

Cette histoire m’a valu la reconnaissance de l’un des joueurs, me qualifiant de héros. Petite satisfaction personnelle qui a dû énerver celui incarnant Jason ! Jouer Jason justement, au lancement c’était beaucoup plus fun, mais beaucoup plus rare (faites le calcul, 7 moniteurs contre Jason, donc 8 joueurs). Jason a 4 pouvoirs. Le pouvoir de se téléporter sur la carte, de se servir de ses sens pour localiser les sons et les joueurs qui ont peur, la capacité d’avancer très vite vers un endroit particulier (en vue subjective, façon Evil Dead), ou de cacher sa présence aux joueurs (absence de musique stressante, de sons). Et en plus de son arme, Jason peut lancer des couteaux (à ramasser) et poser des pièges à loup à des endroits stratégiques. Le joueur peut choisir entre plusieurs Jason différents, suivant son niveau. Chaque Jason rappellera de grands moments nostalgiques aux fans de la saga, puisque l’on trouvera celui du second opus avec son sac de patates sur la tête et une fourche, celui du troisième film avec son fameux masque et une hache, celui du sixième opus en mode mort-vivant et avec une lance, celui du septième long métrage en mode décomposé et avec une machette, celui du 8ème opus avec la hache, et enfin celui du 9ème en mode warrior. Pas de Jason X à l’horizon, ouf ! Jason est puissant, quasi indestructible, il peut casser les portes, les fenêtres, les boîtiers électriques des cabanes, poser des pièges, lancer des couteaux, et il a le choix entre 15 morts différentes à infliger. On s’amuse beaucoup plus tout d’un coup.

Jouer Jason, c’est se laisser aller aux instincts les plus basiques. Ceux de la destruction, de la tuerie pure. Et si c’est fun, c’est souvent peu subtil. Heureusement, lorsque l’on se retrouve face à des joueurs bien organisés, cela peut devenir plutôt corsé, et donc particulièrement satisfaisant. Oui, traquer un groupe de 4 joueurs, tous armés, pouvant parfois nous ralentir avec un lance-fusée ou une batte, ayant chacun des canifs (permettant de se libérer d’une prise au corps), eh bien cela force à réfléchir un poil. Essayer de les isoler, de les rassembler dans une petite maison. Couper le courant pour leur faire peur, briser les vitres pour qu’ils se blessent en voulant s’échapper, mettre des pièges sous les fenêtres, lancer un couteau pour blesser puis détruire la porte pour forcer le passage… Les faire fuir puis les coincer dans un piège à loup sous une fenêtre reste une solution pour en attraper un, et le tuer, mais laissant aussi aux autres joueurs le temps de s’enfuir ou de se cacher. Tueur en série, c’est une profession pas si simple que ça.

Malheureusement, que l’on joue un moniteur ou Jason, on tombe parfois sur des joueurs énervants. Lors d’une partie où je suis mort rapidement, je commence à suivre les autres joueurs en tant que spectateur, et que vois-je ? Trois petits malins se servant d’un bug pour rejoindre un lieu inaccessible normalement, et donc à l’abri de Jason. Énervant pour le joueur jouant Jason, et pour les autres jouant sérieusement. Une mise à jour est venue corriger tous les bugs des joueurs planqués d’ailleurs, ouf ! Dans une autre partie, un moniteur décide d’aider Jason, sans doute joué par un ami à lui. Et je me suis retrouvé à être leur proie. Fuir Jason tandis qu’un moniteur nous bloque les portes de sortie, récupère les armes à notre place, c’est frustrant.

Alors que vaut Vendredi 13 au final ? Voilà bien la question la plus difficile du jour. Doit-on prendre en compte son lancement catastrophique et la fragilité des serveurs pour le noter ? Déjà, une chose est sûre, le jeu s’adresse à deux catégories de personnes : celles qui sont fans de la saga, et celles qui adorent jouer en ligne. Personnellement, je n’aime pas jouer en ligne, mais malgré tout, certaines parties se sont avérées bien fun, en particulier lorsque je me suis retrouvé avec des joueurs logiques et impliqués. C’est-à-dire des moniteurs malins qui cherchaient véritablement à survivre par tous les moyens. Si l’on joue Jason, il est bien plus fun de tuer des adversaires malins, posant des pièges, sachant se cacher où il faut, plutôt que de trucider des joueurs aucunement impliqués. Lorsque l’on joue un moniteur, il est agréable de voir ses camarades chercher à nous aider. Car oui, si on ne peut pas avoir des yeux partout, une fois mort, le jeu nous donne la possibilité de suivre les survivants, en passant de l’un à l’autre. Et c’est là que l’on en voit des malins, des coriaces, certains prêts à tout… et c’est aussi là que l’on en voit certains passer les 20 minutes de la partie cachés sous un lit ou utiliser des bugs. On se demande alors bien pourquoi ils ont acheté le jeu si c’est pour se planquer et ne plus toucher à la manette…

Friday the 13 the Game a énormément de défauts, mais par moment, il s’avère plutôt fun à jouer. Un soft fort sympathique en quelque sorte, qui ne tutoie jamais les sommets mais qui évite le naufrage. Comme la saga au cinéma, non ? En attendant le mode solo et des ajouts, car bon, avec 3 maps, on va vite tourner en rond.

Note :

Les fans de saga et les fans de jeux en ligne devraient s’amuser si les serveurs tiennent bons. Le jeu reste moyen sur pas mal de points, mais dégage un gros capital sympathie. On y revient souvent pour une petite partie. Mais il n’y a que 3 maps et on tourne malgré tout vite en rond. Une campagne solo doit être ajoutée cet été.

Vidéo :

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5 réponses à Friday the 13th: The Video Game (PlayStation 4, 2017)

  1. Oli dit :

    Merci pour la review Rick. J’ai particulièrement apprécié les références aux films, et tes anecdotes de jeu. Franchement, j’aimerais bien me lancer dans la (petite) aventure. Mais… l’absence de support physique (pour l’instant ?) et de campagne solo (pour l’instant !) me bloquent totalement.

    • Rick dit :

      Dans les références aux films, il y a aussi certains kills que tu débloques ou kills environnementaux qui sont des références, notamment le meurtre du sac de couchage (le septième film).
      Je ne suis pas certain qu’il y aura un jour un support physique malheureusement, comme dit c’est vraiment une toute petite production (même si dans le même genre hein, Kôna a coûté encore moins cher pour un meilleur résultat). Beaucoup de petits jeux ne passent que par le démat maintenant pour pouvoir survivre face aux AAA…. Néanmoins, je viens de regarder un peu là sur Amazon, et je vois que certains font des efforts. Par exemple le survival horror WHITE DAY sort en démat fin Août, mais apparemment une version boite débarquera en fin d’année. Mais pas de support physique par exemple pour le prochain LIFE IS STRANGE, ou HELLBLADE (qui a l’air pas mal)…

      • Oli dit :

        WHITE DAY sortira en physique en août je crois, moi aussi je l’attends ! Le prochain LIFE IS STRANGE aura certainement une boîte également – mais pas tout de suite.

        • Rick dit :

          Ah cool, on pourra donc en parler de ce WHITE DAY quand on l’aura tous les deux. Tu avais fait la version originale sur PC qui a déjà bien 15 ans ? Je l’avais testé avec une amie, et malgré quelques bugs énervants, c’était par moment assez flippant.
          Oui je pense que le LIFE IS STRANGE aura une version boite comme le premier, genre 6 mois après. J’avais aimé le premier malgré quelques éléments qui m’avait énervé au niveau de l’histoire, le jeu décidant de changer certaines règles quand ça l’arrange, mais c’était un jeu zen, nostalgique.

          • Oli dit :

            Non je ne l’ai jamais fait… A vrai dire, l’an passé j’ignorais encore son existence ! Enfin bon, pas sûr que je le prenne day-one, y’a tellement de jeux, notamment des perles indé qui sortent enfin en boîte…

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