FullBlast (PlayStation 4, 2018)

FULLBLAST
Année : 2018
Studio : UFO Crash Games / Ratalaika Games
Éditeur : UFO Crash Games
Genre : recule un peu que je t’entacule
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : digital


La Terre est en péril ! Des hordes d’extraterrestres aux formes animales ont pris d’assaut la planète bleue – papillons étranges rappelant Mothra, insectes, crustacés et autres pieuvres aux tentacules cruels retenant prisonniers de nombreux bateaux piégés dans les eaux les plus glacées du globe, la tâche ne sera pas aisée pour le pilote de l’impossible que vous êtes. Ce sont, en tout, 12 missions que vous devrez mener à bien, seul ou avec un deuxième pilote pour vous épauler.

Au fond, j’ai plutôt bon cœur. Je n’aime pas trop taper sur les faibles – parce que je pèse 60 kilos tout mouillé et que j’ai la trouille, certes, mais pas seulement. Non vraiment, ça me fait de la peine de dire du mal de petits jeux développés par une poignée de passionnés quand, dans le même temps, il est beaucoup plus facile de se laisser aller à la critique assassine quand il s’agit de grosses productions – notamment certaines qui abusent de grosses ficelles bien trop génériques, quand elles ne sont pas plombées de DLC et autres season (je) pass (mon tour).

N’achetant jamais de jeux digitaux, je dois vous avouer avoir, pour la première fois de ma vie, gagné quelque chose – OK, en l’occurrence il s’agissait ici d’un code pour un jeu au format dématérialisé sur PlayStation 4, mais quand même : une grande première, champagne ! Enfin ne sabrez pas trop vite la bouteille – vous pourriez avoir besoin du sabre pour vous faire seppuku, car le jeu du jour est hélas assez triste à jouer… Bien qu’ayant reçu FULLBLAST gratuitement, je ne me fendrai donc pas pour autant d’une review complaisante – bon, d’un autre côté je n’ai pas non plus été invité à survoler New York en hélicoptère avant de publier une critique de SPIDER-MAN… On ne pourra donc pas m’accuser de faire partie de la secte des influenceurs. Mais si vous les connaissez, ces nouveaux super-vilains du monde moderne, ceux qui ont pris la relève des Skeletor, Diskor, Dark Vador, Lex Luthor et autres tristes poules aux œufs d’or : les influençors !

Mais revenons à nos moutons électriques avec FULLBLAST, un shoot’em up au bestiaire à tendance aquatique et « insectoïde » plutôt classique (ce n’est pas un manic), ayant originellement été développé sur smartphone (aïe), et récemment porté sur PlayStation 4 et PlayStation Vita – ainsi que sur la plupart des autres consoles existantes : oui, oui, même la Ouya ! On se lance alors dans l’aventure – avec méfiance. On s’envole dans les airs aux commandes de notre joli petit avion futuriste… pour redescendre immédiatement sur terre. FULLBLAST ne fait effectivement pas illusion bien longtemps : ce shoot’em up vertical est globalement mou, les armes sont génériques pour ne pas dire absolument quelconques, le gameplay est limité à sa portion la plus congrue (pour un shooter, j’entends), les ennemis et décors relativement laids sont recyclés ad nauseam (parfois on croise exactement le même décor plusieurs fois dans un seul niveau), la musique est insipide et les patterns de nos adversaires sont inintéressants au possible – on ne prend aucun plaisir à contourner les boulettes, à anticiper les vagues molles et répétées de tous les monstres lénifiants qui envahissent régulièrement l’écran. En un mot : soporifique. C’est encore plus rageant quand on avance dans le jeu (douze missions) et que l’on se rend compte que le constat fait après quelques minutes se confirme tristement sur le reste de l’aventure : les boss ne relèvent pas le niveau, les surprises sont rares (les tentacules, les tiques) et la difficulté au ras des pâquerettes risque de rapidement désespérer les experts de la gâchette.

L’obtention du trophée de platine après seulement une vingtaine de minutes de jeu, et sans même avoir atteint le boss de fin, constitue une autre bizarrerie notable de FULLBLAST. Certes, cela permettra sans doute de vendre plus de copies du soft – car aussi curieux que cela puisse paraître, les personnes qui jouent plus pour les trophées que pour le jeu en lui-même sont prêtes à tout pour optimiser leur temps de chasse à courre – d’idées ? Mais à mon sens, les créateurs de FULLBLAST se tirent aussi une balle – une rafale de boulettes ? – dans le pied.

En effet, beaucoup de joueurs lâcheront FULLBLAST quelques minutes après l’obtention du platine – voire, pour les plus valeureux, après leur première victoire face au boss final. Et c’est bien dommage : si FULLBLAST est plutôt médiocre en easy et en normal, il bascule dans une autre dimension en mode hard : il y devient en effet un shoot’em up plutôt moyen. Pas de quoi sauter au plafond pour autant – mais vu les araignées que les joueurs s’y coltinent, c’est peut-être mieux ainsi ! Plus de boulettes au centimètre carré, des vagues d’ennemis un poil plus agressives, des smart-bombs que l’on ne peut plus se permettre de gaspiller… Oui FULLBLAST oblige le joueur à rester éveillé – celui-ci continuera de bâiller à intervalles réguliers, certes, mais au moins il aura le sentiment de participer à une aventure avec, pourquoi pas, l’envie de grimper dans le classement des meilleurs pilotes en ligne. Ce mode hard n’est pas difficile ni particulièrement jouissif pour autant, mais il a le mérite de ressembler à quelque chose et d’amuser. Il sauve FULLBLAST du naufrage dans les eaux usées des jeux à éviter à tout prix.

Note : 

Jouable seul ou avec un ami, FULLBLAST est un petit shoot’em up qui fait bien pâle figure face à la concurrence. Ennuyeux au possible pour ne pas dire médiocre en easy et en normal, le jeu relève heureusement la tête en hard – au moins ça bouge et on s’y amuse un peu. FULLBLAST, de par sa simplicité et sa facilité, a sans doute plus de chance de plaire aux joueurs occasionnels qu’aux joueurs confirmés amateurs de shoot’em up depuis de nombreuses années. Dernier détail : fluide à 60 fps sur PlayStation 4, il paraît que le jeu ne tourne qu’à 30 fps et qu’il est victime de quelques ralentissements sur Vita.

Images : PlayStation

Vidéo :

 

Genre : . Ce contenu a été publié dans CURRENT-GEN, Test, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *