Bloodstained: Curse of the Moon (PlayStation 4, 2018)

BLOODSTAINED: CURSE OF THE MOON
Année : 2018
Studio : Inti Creates
Éditeur : Limited Run Games
Genre : pleine lune
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


Depuis que l’archidémon Gremory l’a maudit, Zangetsu est en quête de vengeance. Durant son périple, l’aventurier affrontera une armée de monstres et démons en tous genres… Il pourra aussi compter, s’il le souhaite, sur l’aide de plusieurs compagnons, une fois ceux-ci délivrés de l’emprise du malin : Miriam, une guerrière souple et rapide, armée d’un long fouet ; Alfred, un vieux magicien un peu pataud mais dont les sorts sortiront Zangetsu de bien d’un mauvais pas ; Gebel enfin, un mystérieux vampire capable de se transformer en chauve-souris. L’aventure peut commencer. Son dénouement dépendra des choix, parfois de véritables cas de conscience, de Zangetsu.

BLOODSTAINED: CURSE OF THE MOON est ce que l’on appelle un petit jeu, dans le jargon des professionnels de la profession. Un petit jeu qui aurait tout eu d’un grand, s’il était sorti dans les années 80 ou 90. Avec son esthétique 8 bits, CURSE OF THE MOON rappelle bien évidemment une Famicom au langage désormais cryptique – pour la jeune génération, j’entends. Parce que pour les vieux de la vieille élevés au bon grain du pixel, CURSE OF THE MOON fera office de livre ouvert – sur le passé, et bien évidemment sur la série CASTLEVANIA, avec le troisième épisode en ligne de mire édité en 1989 sur la console 8 bits de Nintendo.

Même s’il s’agit de quelque chose que je n’aborde que très rarement, lorsque je m’attarde sur un jeu vidéo, parlons du prix de CURSE OF THE MOON pour commencer : il est gratuit ! Tout du moins, il l’était, pour les joueurs ayant backé l’immense projet de Igarashi Kôji, BLOODSTAINED: RITUAL OF THE NIGHT. Pour accompagner ce vrai jeu current-gen, coulé dans le gant de cuir et de sang d’un SYMPHONY OF THE NIGHT, Iga a produit un titre à l’aspect 8 bits en hommage à CASTEVANIA III, dans l’univers de RITUAL OF THE NIGHT. Gratuit pour les contributeurs de la première heure, ou accessible pour les retardataires au format digital en payant, bien évidemment – voire en version physique pour la modique somme de 25 dollars chez Limited Run Games. Et dire que j’en ai vu se plaindre du prix de la version physique, alors qu’il ne s’agit que d’un bonus visant un public de niche bien précis… Les gens ne sont jamais contents sur Internet, ça en devient navrant… Certains ont même fustigé la durée de vie du soft – ils ont perdu de vue la finalité initiale de CURSE OF THE MOON : un cadeau néo-rétro par des fans, pour les fans. Et gratuit à la base ! La durée de vie, de toute manière, est très subjective, puisque comme tous les très bons jeux, CURSE OF THE MOON est rejouable à l’envi – et vous y reviendrez sans doute par pur plaisir, dans quelques mois ou années… un jour, ou une nuit. Sans même parler du fait que le terminer une première fois (environ deux heures en mode vétéran) ne suffit pas : selon le mode sélectionné, le gameplay peut changer du tout au tout.

Mais revenons au cœur du jeu. CURSE OF THE MOON ressemble à s’y méprendre à un soft Famicom – jusque dans ses musiques, souvent très inspirées. Bien évidemment, les développeurs n’ont pas travaillé les deux mains coincées dans un étau, mais ont pris quelques libertés avec les entrailles rouillées de la machine originelle – notamment des scrollings parallax et quelques sprites énormes. J’aime. Sur le fond c’est aussi résolument moderne : nombreux checkpoints, sauvegardes et… ce détail qui fait toute la différence entre un ragequit et un coït – vidéoludique. Je veux bien entendu parler du recul qu’effectue notre personnage lorsqu’il est touché. Qui n’a pas pesté/hurlé/jeté son pad/insulté la Terre entière dans ces vieux CASTEVANIA ou NINJA GAIDEN, lorsque l’on se faisait toucher par un oiseau placé au mauvais endroit au mauvais moment, ce qui nous faisait automatiquement reculer pour, le plus souvent, tomber dans un trou sans fond engloutissant par la même occasion notre vie dans son entier ? Alors bien sûr, ça avait aussi un certain charme. Il fallait être aux aguets, calculer le moindre saut au pixel près en anticipant les mouvements ennemis. Mais c’était énervant aussi, disons-le franchement. Eh bien dans CURSE OF THE MOON, vous avez le choix : le mode vétéran avec des vies limitées et le recul fatal, ou le mode casual aux vies infinies et sans recul. Le choix est vite fait, me répondra le joueur pressé. Certes. Mais par respect pour les programmeurs du jeu, tentez l’aventure en vétéran au moins une fois – déjà la limitation du nombre de vies n’est absolument pas rédhibitoire (j’ai terminé ma première partie avec 14 vies en stock), mais le jeu a également été pensé pour piéger le joueur, ponctuellement. Aussi est-il particulièrement valorisant, si vous parvenez à faire preuve d’une maîtrise toute tacticienne, de venir à bout de cette aventure à l’ancienne.

Si le jeu est un peu rigide, comme à l’époque, et qu’il demandera un petit temps d’adaptation à un public néophyte, vous devriez être rapidement surpris par la variété qu’il propose en matière de gameplay. Dans CURSE OF THE MOON, on contrôle donc un héros très « castevaniesque » en la personne de Zangetsu. Déjà le bonhomme, doté d’une épée, peut récupérer d’autres armes ou pouvoirs en chemin (fouet, force décuplée, fiole explosive). Mais surtout il vous sera possible, très tôt dans l’aventure, d’être assisté de trois autres personnages – comme dans l’ancêtre vénérable et vénéré CASTEVANIA III. Miriam, guerrière agile (et accessoirement héroïne de RITUAL OF THE NIGHT) se battant au fouet et capable d’effectuer des glissades, Alfred un magicien lourdaud mais dont les sorts ne manquent pas de… ressort, et Gebel, un vampire polymorphe – qui peut donc voler quand il épouse la forme et les crocs d’une chauve-souris. Miriam et Alfred peuvent également récupérer des armes et des sorts durant l’aventure. Mieux : le joueur peut changer d’avatar à tout moment, à la volée ! Tout est donc possible, ou presque : invoquer un sort de protection avec Alfred, basculer sur le personnage de Miriam qui jouira donc du sort préalablement lancé tout en pouvant faire claquer son fouet, et éventuellement changer de personnage au bout de quelques secondes si les points de vie de la svelte guerrière chutent trop dangereusement.

Ces capacités différentes couplées aux divers chemins de croix (directionnelle) qui s’offriront à vous feraient presque basculer CURSE OF THE MOON dans le metroidvania. Nombreux secrets, raccourcis cachés ou bien mis en évidence pour mieux nous appâter, plusieurs approches possibles et un gameplay qui paraissait rigide, mais qui se révèle finalement très accessible – les points de vie ou de magie se récupèrent assez facilement en tuant des monstres ou en brisant des chandelles et autres candélabres. Tout cela fait de CURSE OF THE MOON un jeu rétro presque moderne, qui ne dit d’ailleurs pas son dernier mot à la fin de la première partie – vous vous souvenez, celle dont les mécontents permanents critiquaient la durée de vie. Eh bien sachez qu’il est tout à fait possible (et même recommandé) de relancer le jeu pour l’apprécier dans ses autres modes : nightmare, ultimate et boss rush. Terminer le jeu avec les trois personnages secondaires uniquement, par exemple, vous permettra de découvrir un tout nouveau dernier niveau, et un boss final surprise. Venir à bout d’une autre aventure avec uniquement Zangetsu en sacrifiant Miriam, Alfred et Gebel vous ouvrira une autre voie : celle du mâle solitaire… celle des maux obscurs. Assassiner celles et ceux qui auraient pu devenir vos compagnons de route afin de voler leurs esprits, et ainsi gagner trois capacités terriblement grisantes : une attaque plus ample quand on saute, un petit dash et… le sacrosaint double-saut ! Plus tard, vous risquez aussi de devenir fan de l’attaque concentrée – maintenez le bouton carré appuyé, pour un effet dévastateur ! Attention néanmoins, ne criez pas victoire trop vite : jouer seul, sans pouvoir compter sur vos alliés, n’est pas si simple. Surtout les boss, qui sont d’ailleurs magnifiques et déjà intéressants de base (raaaah le succube dans son bain de sang), risquent de vous surprendre avec des patterns légèrement différents et plus machiavéliques. Mais pas de quoi craindre un retors à la case départ pour autant – checkpoint oblige.

Développé, parait-il, en six semaines uniquement, BLOODSTAINED: CURSE OF THE MOON est un amour de petit jeu néo-rétro qui ravira les nostalgiques d’une époque (pas si) révolue. Les plus jeunes pourraient avoir du mal à apprécier le trip proposé, un brin rigide et très inspiré de CASTLEVANIA III. Je leur conseillerais de faire un effort : le jeu en vaut la chandelle – enfin… si vous ne l’avez pas déjà détruite pour récupérer un bonus !

Note :

BLOODSTAINED: CURSE OF THE MOON est un jeu qui a été pensé par des anciens… pour rendre hommage à d’autres anciens ! En l’occurrence, les premiers CASTLEVANIA, et en particulier le troisième divin opus sorti sur Famicom. Proposé gratuitement pour les backers du jeu BLOODSTAINED: RITUAL OF THE NIGHT, CURSE OF THE MOON est désormais accessible à toutes et à tous – au format digital, ou physique via Limited Run Games. Grâce à ses différents personnages jouables, ses items variés et ses secrets, le gameplay de CURSE OF THE MOON sait se renouveler d’une partie à l’autre. Il serait donc injuste de lui tourner le dos sitôt la première partie terminée. Comptez environ 2 heures en mode vétéran la première fois… pour rapidement descendre sous les 50 minutes en mode casual par la suite.

Images : Steam / PlayStation

Les clips de Lune :

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2 réponses à Bloodstained: Curse of the Moon (PlayStation 4, 2018)

  1. Tatsael dit :

    Pas si éloigné, je te conseille fortement “The Messenger” ! J’ai adoré ce jeu !

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