Fright Night (Amiga, 1989)

FRIGHT NIGHT
Titre alternatif : Fright Night – The Arcade Game
Année : 1989
Studio : MicroDeal
Éditeur : MicroDeal
Genre : le grand méchant loop
Joué et testé sur Amiga 500
Support : disquette


Jerry Dandrige, le dandy vampire, vient d’emménager dans un petit quartier qu’il pensait suffisamment tranquille pour s’y livrer à ses basses œuvres sans éveiller le moindre soupçon. Par manque de chance, son jeune voisin repère son étrange manège macabre, et ameute la population des environs. Résultat : le manoir de Jerry se retrouve infesté d’individus prêts à en découdre. Chaque nuit, et ce avant le lever du soleil, Jerry Dandrige devra donc s’assurer qu’il a tué toutes les personnes s’étant invitées chez lui – au risque de voir celles-ci ouvrir son cercueil en plein jour pour le faire passer de semblant de vie à trépas !

J’avais eu l’occasion de jouer à FRIGHT NIGHT lorsque j’étais collégien, mais je n’ai jamais eu l’envie d’y rester des heures durant, à errer comme une âme en peine dans un manoir certes absolument magnifique et aux sprites gigantesques, mais au gameplay sans réel intérêt. Je l’ignorais à l’époque, mais le jeu de MicroDeal adaptait en fait un film de Tom Holland que je ne connaissais pas à ce moment-là (en plus chez nous le titre était différent – VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ? – donc difficile de faire le rapprochement). J’ai découvert le film plus tard, et il est depuis devenu l’une de mes comédies horrifiques préférées : effets spéciaux absolument superbes, personnages attachants, présence irremplaçable de l’inoubliable Roddy McDowall, un vrai bon petit suspense, une grande ambiance et un vampire machiavélique à souhait mais aux failles finalement presque… humaines ?

Le jeu relève le pari un peu fou de nous mettre non pas dans la peau des héros du film, mais dans celle un brin plus putride du méchant de sévices… euh de service : Jerry Dandrige, le vampire ! Un choix osé mais payant, du moins durant les premières minutes de jeu : on en prend plein les yeux en déambulant dans un manoir aux graphismes extrêmement détaillés (tenant pourtant sur une seule disquette) et on prend un plaisir malsain à se jeter toutes griffes dehors sur les victimes terrifiées, criant même d’effroi lorsque l’on se décide enfin à les vider de leur sang. Il faut en effet noter qu’en plus des graphismes très réussis (réalisés par Pete Lyon), les sons et les musiques composés par le grand David Whittaker achèvent de plonger le joueur dans une atmosphère aux doux relents de vieux films d’horreur – c’est de circonstance, n’est-ce pas ! Hélas, passées ces premières impressions qui frisent la baffe amoureuse mais cloutée dont on ne se relève pas, on pique rapidement du nez. Vous allez dire que j’ai une dent contre le vampire… mais le jeu n’a en réalité que très peu d’intérêt, la faute à des objectifs lénifiants et à un gameplay qui flirte avec le néant. Steve Bak, programmeur de légende sur Atari ST, n’avait peut-être pas mis les petits plats dans les grands, à l’occasion de ce développement sur Amiga…

Une partie de FRIGHT NIGHT se déroule sur une semaine. Le jeu débute un lundi, à la tombée de la nuit : il faut occire les humains qui ont eu l’outrecuidance de pénétrer dans notre hostile demeure avant le lever du soleil, puis regagner notre cercueil une fois repu. Le gameplay est simplissime : haut+fire pour sauter, bas+fire pour se baisser. Rien à actionner ou à ramasser. On navigue alors d’une pièce à l’autre à la recherche de ces pauvres hères qui, les apparences sont trompeuses, ne sont pas tous des victimes en puissance : certains sont en effet mieux armés que d’autres. C’est là le problème majeur du jeu : chaque coup encaissé fait perdre une quantité astronomique d’énergie (aïe, aïe, ail !), qu’il s’agisse des crucifix pris en pleine poire, des mains décharnées qui nous agrippent depuis le sol ou de ces fantômes (nos précédentes victimes) aux déplacements hiératiques et parfois impossibles à éviter. Pourquoi ? Parce que le gameplay ne nous le permet pas : le sprite de notre personnage est trop gros, lourd… pataud. On a alors la désagréable impression que le jeu a été pensé dans son entier comme une longue et lente punition pour le joueur aventureux qui avait osé imaginer prendre du plaisir à jouer le méchant et à terrasser les innocents.

Il m’est tout de même difficile de faire une croix sur ce jeu, et a fortiori d’exhiber cette dernière au nez et à la barbe hirsute du vampire maître de ces lieux. Si je n’ai jamais réussi à terminer FRIGHT NIGHT (aucun regret : le jeu n’a pas de fin et tourne en boucle après avoir survécu au dimanche), je dois avouer avoir une certaine affection pour ce spectacle macabre aux ramifications techniques dont on avait chanté, à l’époque, les louanges en des termes souvent dithyrambiques.

Note :    Nostalgie :

Objectivement, FRIGHT NIGHT ne présente aujourd’hui que très peu d’intérêt. Extrêmement répétitif et peu amusant, il ne fait illusion que durant ses toutes premières parties, où l’on s’extasie face à chacun des tableaux (graphismes encore améliorés avec une extension mémoire) et où l’on prend un vrai plaisir malsain à torturer des innocents. Les musiques et les sons (dont une intro avec la voix de l’acteur Chris Sarandon) enfoncent le clou sur le cercueil du vampire : l’ambiance démoniaque est absolument géniale et rappellerait presque l’excellent film de Tom Holland. Hélas le jeu tourne rapidement en rond, le gameplay est peu intéressant et surtout peu précis : il est par exemple très difficile d’éviter certains ennemis… En gros, il faut vraiment avoir les crocs pour aller au bout !

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :


2 réflexions au sujet de “Fright Night (Amiga, 1989)”

  1. J’ai un très bon souvenir du film, visionné – je ne saurai pourquoi – au collège avec le prof de maths (ne pas chercher à comprendre, aujourd’hui encore je me pose la question, je crois que la salle vidéo était libre et que le prof devait être en avance sur son cours 😉 [véridique !] Faudrait peut-être y rejeter un coup d’œil, ça doit faire 30 ans 😀

    Pour le jeu eh bien je ne savais pas qu’il avait existé, à mettre dans “les choses à tester”.

    Merci Oli 🙂

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