Makyou densetsu (PC Engine, 1988)

MAKYOU DENSETSU
Titre alternatif : The Legendary Axe
Année : 1988
Studio : Victor Interactive Software
Éditeur : Victor Interactive Software
Genre : l’axe du mâle
Joué et testé sur PC Engine
Support : HuCard


Gogan est un barbare, mais il a aussi un cœur : son amie et amour d’enfance, la belle Flare, a été enlevée par l’horrible Jagu. Le démon méphitique garde désormais la belle emprisonnée afin d’assouvir sous peu son ignoble dessein : un sacrifice afin d’apaiser les dieux. Gogan décide donc de partir au secours de Flare, seulement vêtu d’une minuscule peau de bête et armé d’une petite hache… qui cache bien son jeu : la lame en question parait en effet bien simple et inoffensive, mais il s’agit en réalité d’un artefact magique ! Si Gogan parvient à dénicher les éléments nécessaires pour l’améliorer, la hache en question gagnera en vitesse et en puissance, au point de pouvoir terrasser, à terme, les monstres les plus terrifiants d’un seul coup bien placé.

THE LEGENDARY AXE est un jeu qui a plutôt bonne presse auprès des joueurs PC Engine. Techniquement il ne propose pourtant rien de révolutionnaire (il est quand même très joli surtout pour 1988) et sur le fond il s’agit d’un action/platformer comme il y en a eu d’autres, dans la veine d’un RASTAN. Mais THE LEGENDARY AXE a du charme, du chien. D’aucuns diront une âme. Il est difficile d’expliquer pourquoi, de mettre le doigt là ou le jeu a su faire la différence face à la concurrence, ce qui lui a permis de résister à l’usure du temps et des cartes mères rouillées. La délicate alchimie qui permet à un jeu sympa de survivre au temps et à l’oubli est fragile, et ne répond pas forcément à une règle préétablie. Malgré certains soucis, parfois criants, THE LEGENDARY AXE est donc toujours là. Vivant à défaut d’être complètement fringant.

Le héros du jeu déjà, est vraiment intrigant, avec son étrange démarche pourtant bien animée. Il s’agit d’une espèce de barbare vêtu d’une toute petite peau de bête et armé d’une hachette. Et elle n’est pas légendaire pour rien, cette faucheuse de la taille d’une serpette. Elle ne paie pas de mine, mais il est en fait possible de l’améliorer – jusqu’à quatre fois, grâce à différents bonus disséminés dans les niveaux et parfois habilement cachés dans les décors. À mesure que la hachette gagnera en puissance, elle sera susceptible de faire plus de dégâts. Il vous faudra, pour cela, apprendre à gérer la jauge rouge en haut de l’écran : lorsque vous ne frappez pas, la jauge se remplit et permettra donc d’asséner un coup plus puissant lors de votre prochaine attaque. Au contraire, en augmentant la vitesse vous pourrez frapper très rapidement (encore plus grâce à l’autofire du pad PC Engine) mais perdrez en puissance. Vous adapterez sans doute votre technique aux ennemis qui vous feront face.

Les ennemis en question sont, selon moi, l’une des autres réussites du jeu. S’ils ne sont pas forcément magnifiques, leurs attaques sont assez variées et l’IA, bien évidemment limitée, devrait malgré tout vous donner du fil barbelé à retordre. Certains monstres sauteront vers vous, quand d’autres glisseront pour vous frapper, se rouleront en boule ou reculeront pour éviter vos coups avant de charger dans un élan désespéré ! Préparez-vous à stresser lorsqu’il vous faudra appréhender plusieurs vagues d’ennemis très variés vers la fin du niveau 5 – plus long que les quatre premiers réunis !

THE LEGENDARY AXE propose donc une aventure de haut vol, aux personnages et aux niveaux attachants, et aux petites feintes de gameplay bienvenues. Hélas, le jeu de Victor Interactive ne devrait plaire qu’aux vieux retrogamers, ceux qui ont la peau dure. Les tatoués. Les barbus. En gros celles et ceux qui ont connu cette époque ou le moindre faux pas était fatal, où un satané monstre nous attendait juste au bord d’une corniche afin de nous toucher à la réception d’un saut et ainsi nous projeter dans les abimes, où les développeurs nous plongeaient dans un labyrinthe à la fin alors que leur jeu était déjà suffisamment dur comme ça… Bien sûr en mourant à de nombreuses reprises à certains passages on finit par les mémoriser, nos mains elles-mêmes, parfois tremblantes, adoptent certains réflexes purement mécaniques. Mais je sais que ce genre de procédé ne plait pas à tout le monde. Plus dommageable, THE LEGENDARY AXE est aussi miné par quelques petits défauts de maniabilité : si les sauts fonctionnent bien (amplitude modulable, possibilité de changer de direction en plein saut), certains passages demeurent peu intuitifs (les lianes, par exemple).

THE LEGENDARY AXE fait donc partie de cette génération de jeux qui nécessitent d’être domptés pour en voir la fin. Mourir un certain nombre de fois, échouer près du but, crier, déterrer la hache de guerre et maudire la Terre entière, passer plusieurs heures à gravir les marches une à une… pour finalement parvenir à maitriser son destin pixélisé et triompher une première fois. Et comme souvent avec ce genre d’aventures à l’ancienne, lorsque l’on y rejoue dans la foulée on se surprend à vaincre sans trop forcer. C’est aussi à ça que l’on reconnait les bons jeux.

Note :    Nostalgie :

THE LEGENDARY AXE est un jeu datant de 1988… Il ne faut pas l’oublier : la PC Engine n’avait pas encore un an lorsque le pourfendeur d’araignées et de géants a pointé le bout de sa hache. Pour resituer un peu les choses dans leur contexte, pendant que les Japonais s’éclataient sur ce jeu moi je jouais sur Amstrad CPC… Pour l’époque, le jeu d’action/plateformes de Victor Interactive est donc tout simplement un modèle du genre. Hélas, ses mécaniques très old-school risquent de rebuter une grande partie des joueurs modernes, qui pourraient ne pas avoir le courage d’aller jusqu’au bout de l’aventure. Les autres, retrogamers dans l’âme et dans les pouces criblés d’ampoules, se retrousseront les manches et mémoriseront les passages les plus coriaces pour, finalement, parvenir à apprécier comme il se doit une bien belle aventure, pas avare en petites surprises de choix, et à mon sens meilleure que sa “suite” sortie deux années plus tard.

Images : gamingafter40 / videogameden

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