Battle Princess Madelyn (PlayStation 4, 2018)

BATTLE PRINCESS MADELYN
Année : 2018
Studio : Causal Bit Games
Éditeur : 3goo / Limited Run Games
Genre : Madelyn de Proust
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


Maddi doit manquer l’école à cause d’un gros coup de froid. Son grand-père décide de lui raconter une histoire merveilleuse pour passer le temps : la grande épopée de la princesse Madelyn ! La courageuse jeune femme, guerrière émérite, a toujours lutté contre les monstres avec son vaillant chien Fritzy. Mais cette fois-ci, le royaume est pris d’assaut par un démon majeur… et Fritzy trouve la mort au terme d’un dernier duel épique. Meurtrie mais pas pour autant abattue, Madelyn se lance à l’assaut des troupes du Mal avec l’aide de ses nombreux amis, et surtout du petit Fritzy, de retour d’outre-tombe ! Son esprit viendra en effet régulièrement prêter patte forte à la petite Madelyn, durant son interminable périple.

BATTLE PRINCESS MADELYN et moi, c’est une longue histoire… faite de hauts et de bas, d’amour et de haine – quelque part entre la bague au doigt et la corde autour du cou. En décembre 2018, j’achète le jeu en boîte le jour de sa sortie au Japon. Aventure très sympa au début, musiques magnifiques signées Gryzor87, jolis graphismes et des tas de références à SUPER GHOULS ’N GHOSTS. Puis les petites quêtes annexes, fastidieuses, viennent ralentir ma progression dans le mode histoire. Je m’accroche, survis à quelques bugs pour finalement me rendre compte que le jeu en est littéralement truffé. Là une miniquête qui ne peut aller à son terme ou une porte qui demeure bloquée, ici un objet essentiel qui n’apparait pas après avoir terrassé un boss… Entre ces soucis techniques et la monotonie des quêtes annexes qui parsèment un récit lénifiant, j’ai failli abandonner plusieurs fois. J’ai alors contacté l’un des développeurs du jeu – lui faisant remonter un par un les soucis que je rencontrais. Le Nouvel An 2019 vit donc arriver les Rois MAJ et leurs cortèges de patches, qui se succédèrent à doses homéopathiques mais régulières. Je relançai ensuite ma partie, pensant pouvoir enfin progresser correctement pour finalement m’apercevoir, après avoir sué sang et eau sur ce jeu à force de faire d’innombrables allers-retours (impossible de se téléporter au hub, aucun journal des quêtes ni de cartes dans la première version !), que je ne pourrai pas le terminer à 100% ! Oui, c’est après avoir terrassé le boss final que je me rendis compte qu’un script ne se lançait pas, m’empêchant de récupérer la dernière poupée et donc de débloquer le tout dernier niveau secret. Pour moi qui pensais tenir ici mon Graal vidéoludique de l’hiver 2018/2019, la coupe était pleine – et non ce n’était pas le Graal, juste un vulgaire gobelet en carton. Malgré les mises à jour, je devais donc me résoudre à tout recommencer depuis le début pour bénéficier du dernier correctif. Je devais tout refaire. Les quêtes, les miniquêtes, remettre la main sur les 50 poupées, me replonger dans des niveaux parfois tortueux, des labyrinthes, des heures d’amusement mais aussi… de souffrance ! Dans un éclair de clairvoyance, je décidai donc de péter mon Blu-ray en deux.

Je plaisante. Je n’ai plus envoyé voler de pad ni de joystick depuis bien des années. La sagesse ? Non : ma femme qui risque de m’engueuler si je cède à mes basses pulsions ! Mais j’ai préféré faire une pause avant de reprendre ma partie depuis le tout début. Nu comme un vers – ou plutôt en caleçon ? Eh non ! Madelyn déambule en effet dans une soyeuse robe de chambre, lorsqu’elle se fait toucher une première fois ! Bref, c’est en mars 2021 que je me décide à relancer le jeu. Grâce aux patches, je peux enfin bénéficier d’un journal des quêtes et de cartes pour chacun des niveaux (quel soulagement !). Mieux : les différents mondes ont presque tous été retouchés. Oui, c’est le level design qui a été entièrement modifié, parfois ! C’est particulièrement flagrant dans les grottes de Swamplands on the Outskirts, un passage qui est désormais très court – c’était à se taper la tête contre les murs dans la version originelle. Idem dans le niveau Valley of Hightide, beaucoup plus simple à parcourir, on voit désormais clairement là où on met les pieds avant de s’enfoncer sous l’eau. Pas mal d’autres détails ont été remaniés, par exemple dans la forêt au début de Swamplands on the Outskirts, plus facile maintenant : des petits drapeaux nous permettent de voir plus facilement où sauter, et le niveau est globalement moins tortueux à parcourir. Autre surprise de taille : il y a moins de miniquêtes, et par conséquent moins de poupées à récupérer.

BATTLE PRINCESS MADELYN est définitivement un meilleur jeu avec les mises à jour. Outre les bugs qui ont presque tous disparu (il reste un ou deux trucs douteux mais rien de rédhibitoire cette fois), le jeu est aussi bien mieux fini, mieux pensé. De là à dire que le jeu sorti en boîte au Japon le 23 décembre 2018 était une version bêta pour les grands bêtas de joueurs, il n’y a qu’un pas… Mais meilleur jeu ne signifie pas très bon jeu pour autant. Il y a toujours trop de miniquêtes, d’allers-retours ineptes, de niveaux pas suffisamment bien pensés et de boss impressionnants au premier coup d’œil mais aux mécaniques très décevantes finalement. Le développeur du jeu, Christopher Obritsch, l’a lui-même reconnu : il a été dépassé par les promesses faites dans le projet kickstarter, qui ont considérablement alourdi le jeu en ajoutant des à-côtés dispensables – et il fut très touché par le rendu final de son bébé, et par les bugs fatals qui ont accompagné sa sortie fin 2018. Je ne lui jette donc pas la pierre : il a eu du mal à gérer son projet comme il le souhaitait, mais il a au moins corrigé les bugs qui pullulaient et remanié quelque peu le game et le level designs.

Le jeu de Causal Bit Games avait tout pour être ma Madelyn de Proust de l’année 2018. Cet hommage vibrant à SUPER GHOULS ‘N GHOSTS, dont il reprend à la fois le gameplay (dont l’inénarrable double-saut) et des pans entiers de certains niveaux, se prend hélas l’armure dans le tapis avec un mode histoire miné par un véritable souci de rythme (que c’est loooong) et un mode arcade qui pêche par un manque de finition – un mode plus court et sympathique au demeurant, mais loin d’être au niveau des plus belles réussites du genre, qu’il s’agisse de vieux jeux (SUPER GHOULS ‘N GHOSTS en tête) ou de plus récents (MALDITA CASTILLA, auquel BATTLE PRINCESS MADELYN fait d’ailleurs plusieurs clins d’œil savoureux). Il faut également noter que le jeu, dans sa ROYAL EDITION sortie exclusivement sur Switch, semble s’être débarrassé de son encombrant mode histoire au profit du seul mode arcade entièrement remanié (amélioré ?) et en 4/3 (à l’ancienne !), là ou le jeu est en 16/9 sur PlayStation 4. Une version très, très spéciale est également jouable sur borne uniquement (système exA-Arcadia).

BATTLE PRINCESS MADELYN sur la console de Sony n’est pas un mauvais jeu pour autant. Il dégage une atmosphère assez enivrante (jolis graphismes, musiques magnifiques, excellent bestiaire), et les mises à jour l’ont rendu définitivement plus abordable – à défaut d’être mémorable.

Note :

Après avoir frisé la catastrophe industrielle avec une première version percluse de bugs, des niveaux trop longs et une orgie de mini quêtes ennuyeuses, BATTLE PRINCESS MADELYN s’est offert une seconde jeunesse au rythme des correctifs mis en ligne par ses développeurs (la version physique éditée par Limited Run Games semble proposer toutes les mises à jour sur le Blu-ray). Le jeu corrigé vaut-il le détour ? Oui. Il s’agit d’un bel hommage à SUPER GHOULS’ N GHOSTS, aux jolis graphismes et aux musiques magiques (signées Gryzor87). Hélas, le mode histoire, même expurgé de certaines miniquêtes et bénéficiant de niveaux remaniés, est toujours trop long, et son mode arcade, plus simple, ne semble pas être aussi bon que celui proposé en exclusivité sur Switch dans sa ROYAL EDITION.

Images : Tanukimamagame

Trailer :

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