
PSYCHIC STORM
Année : 1992
Studio : Alfa System
Éditeur : Nippon Telenet
Genre : verminest
Joué et testé sur PC Engine Duo
Support : SUPER CD-ROM²
Une race extraterrestre, connue sous l’appellation The Thing’s, attaque la Terre. De forme souvent grotesque, les bêtes en question ressemblent à des insectes difformes d’allure reptilienne. L’invasion semble pour l’instant se focaliser en Asie, dans la ville-état de New Hong Kong City. Quatre pilotes d’élite de l’armée spatiale sont envoyés sur place afin de repousser la première ligne de front. Leurs vaisseaux ont des capacités très particulières, et ont été conçus pour vaincre le mal, par le mal : ils sont en effet capables de se transformer en créatures aux noms inavouables, leur conférant temporairement une résistance et une force de frappe titanesques.
Alex, le leader, est aux commandes d’un engin pouvant se transformer en papillon géant. Nastasia pilote un vaisseau tirant un laser très puissant – elle peut se transformer en étrange scorpion électrique. La navette de Joe est spécialisée dans les dégâts de feu, et est capable de muter en une espèce de scarabée-tank. Karl, enfin, se retrouve aux commandes du vaisseau le plus difficile à manœuvrer, doté d’une épée laser en guise de tir frontal, et dont la transformation en créature cabossée rappelant les crabes dispose d’attaques et de pinces absolument ravageuses.
Dans la jungle de shoot’em up sur PC Engine, il n’est pas toujours évident de se faire une place au soleil nucléaire de joueurs de plus en plus élitistes. Car PSYCHIC STORM ne figure pas dans le haut du panier du genre, et certains auraient vite fait de le condamner aux étagères poussiéreuses de collectionneurs patentés qui ont parfois oublié comment simplement s’amuser.
De panier de crabes, il sera pourtant bien question dans PSYCHIC STORM : des crabes, des insectes repoussants, des crustacés difformes et menaçants… C’est toute la lie de l’animalité qui semble avoir été invitée au menu de ce shoot’em up pas comme les autres, et c’est là sa plus grande force : son originalité, son ambiance. Certes le jeu d’Alfa System ne dispose pas de boss inoubliables ni de patterns incroyables : les joutes proposées se confondraient même parfois avec de vieilles croutes – notre vaisseau n’est pas très vif par exemple, mais comme il est possible de prendre plusieurs coups avant de rendre l’âme, ce n’est pas forcément rédhibitoire. Au contraire même, cela aurait tendance à rendre le jeu trop facile – je l’ai terminé à ma première tentative, puis ai empilé les 1LC sans jamais repousser mes limites car il n’y a aucun niveau de difficulté sélectionnable. Dommage.
Mais malgré sa facilité, PSYCHIC STORM est étrangement plaisant. Tout d’abord et comme je l’ai précisé plus haut, son ambiance est réussie. Elle aurait même tendance à me mettre en transe – ces musiques étranges et éthérées, ces impressionnants tableaux magnifiquement illustrés entre chaque niveau, ces boss dégoutants pour ne pas dire rances… J’adore aussi certains détails particulièrement immersifs. Par exemple, on commence généralement un niveau à haute altitude, on peut même apercevoir de petites choses sur la terre ferme… Puis on se rapproche immanquablement du plancher des vaches pour voir de plus près ce que l’on pouvait à peine distinguer quelques minutes plus tôt.
Mais la plus grande originalité du jeu, c’est son système de transformation. Chacun des quatre vaisseaux jouables possède une jauge psychique qui se remplit petit à petit. En utilisant cette énergie, il est possible de se transformer en créature géante et donc de bénéficier d’attaques extrêmement puissantes. Énorme papillon ou gigantesque crustacé, la ménagerie est particulièrement variée, avec un style d’attaque propre à chacun des pilotes ! Certes la transformation est temporaire, mais elle fait des ravages dans les lignes ennemies – surtout que l’on est invincible durant ce laps de temps (ce qui, quelque part, vient encore tirer la difficulté du jeu vers le bas). J’aime bien trois des quatre vaisseaux (je termine le jeu avec les trois sans trop de problèmes), mais Nastasia me semble être le meilleur choix pour éviter de choir dans le dernier niveau. Quant à Karl, j’avoue ne pas avoir vraiment bien compris comment jouer efficacement avec lui – son tir frontal est en réalité une épée laser fixée à l’avant de son engin, imposant d’aller souvent au corps-à-corps. Sa transformation est très puissante mais, globalement, prendre les commandes de ce vaisseau revient à réserver une place en première classe pour l’Enfer. Va y avoir de la casse ! Et si c’était lui, en fait, qui correspondait au niveau de difficulté supérieur ?
Si PSYCHIC STORM ne fera sans doute pas l’unanimité parmi les amateurs de shoot’em up, il ne devrait pas non plus s’attirer leur inimitié. Ces derniers finiront peut-être même, comme moi, par fendre l’armure. Je ne vais pas vous faire accroire qu’il s’agit d’une pépite, mais j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce jeu, au point qu’à mes yeux ses défauts se délitent.
Note : ![]()
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Nostalgie : ![]()
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PSYCHIC STORM est loin d’être un grand shoot’em up, et il est trop facile. Néanmoins, il possède un charme incontestable dont les principaux piliers sont ses musiques, et de nombreux petits détails magiques : les transformations bestiales des vaisseaux, la manière d’approcher les planètes visées, le design des monstres et des boss… Oui, PSYCHIC STORM est un jeu agréable.
Images : videogameden
Vidéo de Micro Kid’s (1992) :










