Mesopotamia (PC Engine, 1991)

Notez ce jeu :
[Total: 1 Moyenne: 3]

MESOPOTAMIA
Titre alternatif : Somer Assault
Année : 1991
Studio : Atlus
Éditeur : Atlus
Genre : je saigne du Zodiaque
Joué et testé sur PC Engine
Support : HuCard


La Mésopotamie est le berceau de l’astrologie, mais depuis qu’une sorcière en a pris le contrôle, cette région pourrait aussi fort bien devenir son tombeau. Une espèce de petite chenille montée sur ressorts, tombée du ciel, improbable messagère de Dieu, débarque pour mettre fin au chaos. Avant de pouvoir affronter la sorcière, elle devra vaincre les douze signes du Zodiaque… deux fois ! Ces créatures millénaires ont en effet perdu la tête depuis qu’elles sont tombées sous la coupe de cette femme démoniaque. Mais le grand méchant final, l’odieux et mystérieux personnage derrière cette étrange guerre, n’est peut-être pas la sorcière…

MESOPOTAMIA est un jeu difficile à présenter – quelques magazines de l’époque l’avaient même rangé dans la catégorie shoot’em up, c’est dire. À mon sens, il serait préférable d’en parler comme d’un jeu de plateforme avec, pour l’action, ces tirs susceptibles de partir dans toutes les directions.

Dans MESOPOTAMIA, on contrôle une espèce de petite chenille (un ressort ?) qui peut s’agripper et ramper sur les parois. N’espérez pas décoller du sol en la transformant en élégant papillon, car si de nombreux bonus viendront rapidement améliorer ses maigres capacités (vitesse, points de vie, tirs…), notre étrange chenille restera constamment clouée à ses parois (la tête en haut, parfois la tête en bas). Un détail importantissime cependant : notre bestiole peut effectuer un petit saut vertical. Ce n’est pas suffisant pour éviter les obstacles, mais cela permet de rejoindre une paroi opposée à la nôtre si les deux plateformes en question sont très proches.

Pour se défaire des ennemis, la chenille peut heureusement tirer, et en orientant son petit corps dans la direction adéquate, il est même possible de viser dans les diagonales – le maniement de la créature est bon mais demande une période d’apprentissage. Et il vous faudra absolument maitriser les déhanchements de la chenille et ses tirs étranges pour affronter les boss, et surtout les occire. Douze boss avant de faire face à la sorcière, pour les douze signes du Zodiaque avec une petite feinte : si vous entrez votre véritable date de naissance au début du jeu, le boss correspondant à votre signe ne vous enverra plus de tirs fatals mais vous inondera au contraire de bonus salvateurs ! Pas nécessairement une bonne nouvelle pour moi, qui suis Bélier – vaut-il mieux mentir pour s’assurer un combat facile contre l’un des derniers boss du jeu ? Ce serait loin d’être idiot, car sur la fin les choses se corsent sérieusement – boss rush, boss surprises… Notre chenille se rapprocherait-elle du chant du cygne du Zodiaque ?!

Les niveaux sont courts, mais denses, et la tension est omniprésente puisque les niveaux en question adoptent parfois les courbes assassines de véritables petits labyrinthes. Certains sont assez tortueux (sans parler des téléporteurs qui finissent par nous faire perdre tout sens de l’orientation), et comme il y a un compte à rebours très serré venant rythmer notre progression, le joueur stressé n’a aucune seconde à perdre ! Un simple aller-retour malencontreux dans un cul-de-sac suffit parfois à faire passer notre petite chenille de vie à trépas. À mon sens, la présence de cette limite de temps n’est pas une très bonne idée, et nuit au sentiment d’exploration qui devrait être grisant, plutôt que frustrant. Heureusement, les crédits sont ici proposés en nombre illimité, ce qui aide à faire passer la pilule (de cyanure ?) : on explore un peu, on meurt à plusieurs reprises, le timer arrive à son terme, game over et on reprend au début d’un niveau que l’on connait un peu mieux et dont on pourra, cette fois, éviter les mauvais chemins de croix. Mais ce temps limité a aussi une conséquence directe sur le gameplay : MESOPOTAMIA est un jeu où il faut accepter de prendre des coups pour aller plus vite ! C’est encore plus vrai contre les boss, dont il est de toute façon difficile (voire parfois impossible) d’éviter les tirs : la meilleure stratégie consistant à arriver face à un boss avec suffisamment de points de vie pour pouvoir l’attaquer à bout portant (ou bourriner, comme on dit dans le jargon) et ainsi l’anéantir avant de rendre notre dernier souffle.

MESOPOTAMIA n’est pas parfait mais extrêmement rafraichissant. Lors de nos premiers pas dans ses dédales, on a presque l’impression d’entrer là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. Et pour cause, on y incarne une chenille aux courbes improbables ! Attention néanmoins, car certains sur Internet ont vite fait de qualifier de pépite le moindre jeu rétro moins connu que la moyenne. Les défauts de MESOPOTAMIA me paraissent en effet trop grands pour ne pas effacer le sourire béat des joueurs enchantés par les premières minutes de leurs parties – le compte à rebours est définitivement une mauvaise idée, et surtout le boss rush final est d’autant plus difficile à digérer qu’il est immédiatement suivi par trois combats contre trois nouveaux boss, dont le dernier (The Creator) qu’il faudra vaincre à cinq reprises je crois, avec à chaque fois une quantité invraisemblable de tirs inévitables – ubuesque, grotesque ! Pour terminer le jeu, je n’ai pas trouvé d’autre solution que la lâcheté ; mentir sur ma date de naissance pour que le dernier boss (le poisson) m’inonde de bonus dont de nombreuses vies supplémentaires, et ainsi entamer le boss rush et le triple combat final avec suffisamment d’assurance pour remplir le trou béant laissé par feu mon amour-propre.

Il m’est très difficile de donner un avis objectif au sujet de MESOPOTAMIA. Un ambitieux petit jeu, légèrement raté, indéniablement attachant.

Note :   Nostalgie :

J’aurais aimé adorer MESOPOTAMIA, un jeu original, prenant et jouable, qui avait tout de la petite perle cachée dans la très fournie ludothèque de la PC Engine. Hélas, si j’y vois indubitablement le reflet d’une pépite, celle-ci parfois, me dépite. La faute à deux défauts qui risquent d’être rédhibitoires pour le commun des mortels : un compte à rebours trop serré et un boss rush final assez lourdingue suivi par trois combats supplémentaires contre de nouveaux boss d’autant plus redoutables que leurs tirs sont parfois inévitables (les programmeurs n’avaient sans doute pas une grande science des patterns)… MESOPOTAMIA est un petit jeu sympathique qui passe à côté de quelque chose de grand.

Images : kingofgrabs / paderetro

Vidéo issue de Micro Kid’s (1991) :

Notez ce jeu :
[Total: 1 Moyenne: 3]

Laisser un commentaire