
OVER OBJ
Année : 2023
Studio : Little Sound
Éditeur : Little Sound Soft
Genre : hardcorde au cou
Joué et testé sur Famicom
Support : cartouche
La plupart des humains ont quitté la Terre depuis longtemps, laissant derrière eux des engins, méchas et autres robots pour défendre le Système solaire. Mais les méchas en question décidèrent un jour de créer eux aussi de nouveaux objets mécaniques, de plus en plus indépendants pour aboutir, finalement, à des êtres de métal ayant tout oublié de leur mission initiale. Désormais, leur seul but est de conquérir la Terre pour la remodeler selon leur bon plaisir. Une androïde, téméraire pilote d’élite, décide de leur tenir tête. À bord d’un vaisseau vif, mais résolument simple, puisque doté d’un seul type de laser, elle devra se démener dans six zones spatiales, avant d’enfin pouvoir faire face au cerveau artificiel à l’origine de cette folie, et dont les attaques font, dit-on, pleuvoir des vagues entières de balles…
OVER OBJ porte bien son nom : un Over Objet Volant Non Identifié ! Oui, un ovni pur et simple puisqu’il s’agit d’un danmaku, ou bullet hell, qui tourne vraiment sur une vieille console Famicom, en chair et en os – et en plastique usé. Des tonnes de boulettes à l’écran pour un miracle permanent et un joueur… à cran ! Pour aboutir à un tel résultat, le développeur japonais Chiisana Oto (aka Little Sound) a fait preuve d’ingéniosité et de roublardise, mais je ne rentrerai pas dans les détails techniques qu’un béotien comme moi a tant de mal à comprendre (attention car cet exploit a un prix : le jeu, bien que compatible avec la Retro Freak, ne tourne pas sur tous les clones de la Famicom). Plus simplement, on s’aperçoit aussi que cette prouesse s’est faite au détriment des décors en arrière-plan, tout simplement absents, mais aussi de certaines options de game design, habituelles dans un shoot’em up, et qui manquent ici à l’appel – pas d’armes spéciales dans OVER OBJ, ni d’améliorations d’aucune sorte. Juste des smart bombs qui permettent de souffler un peu – mais sur les braises, car elles n’agissent que comme bullet cancel, et non comme arme de destruction massive !
Mais le plus important, c’est qu’OVER OBJ n’est aucunement une simple démo. Il s’agit d’un vrai jeu, pas d’un mode caravan limité à deux ou trois minutes d’action intense. On a ainsi droit à six niveaux aux musiques nombreuses et très réussies, avec une véritable intro et un générique de fin, à des boss et des mid-boss impressionnants, à des vagues ennemies variées et à des patterns souvent vicieux (des balles nous poursuivent !) que l’on qualifiera de toute beauté pour peu que l’on soit fan de manic shooters. Et de leur âpreté.
C’est là que le vaisseau spatial d’OVER OBJ prend du plomb dans l’aile – au sens propre comme au figuré. Malgré des continus infinis et une hitbox réduite (que j’aurais aimé encore plus petite), le jeu est dur. Extrêmement dur. Horriblement dur. Pour vous dire la vérité, après plusieurs heures et jours de jeu durant lesquels j’ai mémorisé de nombreux passages et aussi compris certaines stratégies (être offensif – point blanking – est utile), je ne suis arrivé qu’au quatrième niveau, sans jamais parvenir à vaincre son boss de fin. J’ai donc dû me résoudre à insérer ma cartouche dans une console Retro Freak pour pouvoir tricher et profiter des savestates. Comble du ridicule pour le tricheur patenté : même ainsi, j’ai eu toutes les peines du monde à terminer cette odyssée tragique, tant le jeu est terrifiant sur la fin (le boss final, en hommage à DODONPACHI, est infernal). Certes OVER OBJ est victime de gros ralentissements quand il y a trop de boulettes à l’écran, mais cela semble voulu par le développeur, et injecté çà et là à dessein – sans cela, même les pilotes d’élite ne pourraient slalomer dans ces océans où les balles ont depuis longtemps remplacé les bulles. Si ces ralentissements m’ont bien évidemment aidé ponctuellement, et qu’il est extrêmement grisant de frôler la mort un nombre incalculable de fois avant de terrasser une escadrille ennemie, ça ne m’a pas suffi. J’ai donc dû me résoudre à rendre les armes et à passer sous les fourches caudines, et ici particulièrement malignes, de l’émulation et des savestates.
Jeu incroyable aux multiples boulettes, distorsions et aux ralentissements assumés faisant finalement partie intégrante du game design, OVER OBJ ne s’adresse hélas qu’aux pilotes d’élite de l’impossible, au noyau dur, très dur du genre et de ses esthètes. Un choix que je trouve un brin incongru pour la Famicom, puisque ses principaux amateurs, nostalgiques d’une époque révolue, risquent de rester cois face à un tel défi, et finir par s’en retrouver tout simplement exclus.
Note : ![]()
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Nostalgie : ![]()
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Sous ses faux airs de RECCA, OVER OBJ est en réalité un véritable danmaku qui fait la part belle aux pluies de balles, et qui par conséquent ne semble s’adresser qu’aux pilotes d’élite habitués à ces joutes millimétrées. Un tour de force de la part du développeur indé Little Sound, qui pourrait hélas tourner à la farce pour les joueurs du dimanche puisque de mode easy, il ne sera pas question ici. Si je respecte le choix du programmeur, je ne peux m’empêcher de le regretter un peu aussi.
Images : Jeux vidéo et des bas / YouTube
Trailer :















