Hotline Miami (PC, 2012)

icone ordinateur pcHotline_MiamiHOTLINE MIAMI
Année : 2012
Studio : Dennaton Games
Éditeur : Devolver Digital
Genre : En-gore des pixels
Joué et testé sur PC
Support : Online (Steam)

Vous êtes un homme violent, vendant ses prouesses criminelles aux plus offrants. Nous sommes à Miami, en 1989, ou la mode est aux grandes villas exubérantes, aux gardes du corps à chemise blanche et à la criminalité classe. Chez vous, le téléphone sonne : vous répondez, on vous explique la marche à suivre, qui tuer et vous prenez votre ersatz de Delorean pour vous rendre sur les futurs lieux du crime. Tout cela se joue en vue aérienne, entièrement en 2D, avec de gros pixels apparents et un trip graphique qui fait planer. Bienvenue dans Hotline Miami.

Depuis quelque temps, la scène indépendante revient aux origines du jeu vidéo, le pixel ! Et il faut l’avouer, c’est souvent avec beaucoup de réussite comme avec par exemple les excellents Terraria ou encore le délirant They Bleed Pixels. Mais ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. Les amateurs de jeux old school sont forcément aux anges et ce n’est pas près de s’arrêter surtout lorsqu’on voit des titres monumentaux comme l’est ce Hotline Miami qui nous intéresse ici, sorte de gros bad trip hommage au cinéma des années 80 et 90 doté d’une ambiance tout simplement unique.

Dans Hotline Miami, pas de chichi, après un pauvre tutorial de 2 minutes dans lequel on vous apprend les 4 mouvements de base, on vous met directement dans le bain pour enchainer les missions qui se déroulent somme toute dans un schéma très classique : vous trainez chez vous à attendre un appel et lorsque vous écoutez votre répondeur, un message codé vous indique le lieu et ce que vous avez à y faire. En général, les missions se limitent à vider les étages de tous ses ennemis, sans vraiment plus d’objectif précis puis une fois terminé, vous allez errer dans un bar, une pizzeria, un vidéoclub,… avant de retourner chez vous pour attendre un nouveau message.
Sauf que sous ses airs de jeu au principe basique se cache en fait un scénario plus développé qu’il n’y parait qu’on découvre à fur et à mesure, via des flashback ou des scènes très bizarres où vous vous adressez à des hommes masqués. On en apprend un peu plus sur son personnage lors de cut-scenes vraiment très fun agrémentées de sprites aux gueules pas possibles parce que je vous le rappelle, le jeu présente une touche graphique typique des 8 bits de la fin des années 80.

Ce visuel très old school dégage d’ailleurs une ambiance tout simplement excellente, avec ses couleurs criardes, ses amas de pixels, cet écran qui pivote légèrement quand vous vous déplacez, ces flashs d’écrans lorsque vous vous faites toucher, ces animations basiques même si au final pas tant que ça,… Il s’en dégage une sensation bizarre de bad trip surtout que le jeu est ultra gore. C’est simple, les niveaux commencent en général de cette façon : vous attendez que le premier garde passe derrière la porte que vous ouvrez violemment afin qu’il lâche son arme et s’éclate contre le mur d’en face ; là vous allez vite au dessus de lui afin de lui éclater plusieurs fois la tête contre le sol jusqu’à ce que cervelle coule. Le sang gicle à flot, et malgré le style 8 bits et le surplus de pixels, on comprend très bien si le mec se vide de ses tripes ou si de son crâne jaillit une gerbe de sang. C’est sans pitié, ultra violent, limite glauque par moment (le coup du cadavre de la fille dans l’appartement) et la bande originale y est pour beaucoup.
Tantôt calme, tantôt psychédélique, la BO est sans doute l’élément le plus réussi du titre en nous accompagnant de bout en bout même pendant les loading, s’accordant parfaitement à l’esprit du jeu et rythmant les meurtres de bien belle façon. Composée par des artistes indépendants, elle tire par le haut un jeu déjà convaincant à coups de sons électros et de morceaux délirants. C’est simple, elle est tellement électrisante qu’après avoir terminé le jeu par deux fois, elle continue à tourner presque en boucle dans mon lecteur audio. Et parce que je suis un mec super sympa et que même si ce n’est pas très légal (quoi que, vous verrez plus bas), elle est à télécharger ICI parce que c’est sans doute une des bandes sons d’un jeu vidéo les plus réussies de ces dernières années.

A la lecture de ces lignes, on pourrait croire que Hotline Miami n’est qu’un gros jeu de massacre où on avance comme un bourrin en tuant tout ce qui bouge. Ne pensez pas ça malheureux, c’est tout l’inverse ! Outre la maniabilité au clavier / souris qu’il faut dompter tant elle peut paraître déroutante au départ, c’est bien vos réflexes et votre sens de l’observation qui seront mis à rude épreuve… ainsi que vos nerfs. Même si le jeu est au final assez court, à peine 15 chapitres, et que les premiers s’avalent assez rapidement, certains mettront vos nerfs à rude épreuve et ne vous étonnez pas si vous recommencez certains niveaux 20, 30, 40 fois ! On est dans le plus pur style “Die and Retry” dans lequel il faut tester et recommencer sans cesse avant d’arriver à passer ce put.. de niveau de m… qui me casse les c… Je m’emporte un peu mais la difficulté est bel et bien là surtout lorsqu’on cherche à débloquer tous les masques, chacun ayant un pouvoir particulier (plus discret, plus rapide, plus costaud,…), mais également toutes les armes.
Et c’est là aussi qu’on constate que le jeu est bien plus fin qu’il ne semble. Les gros M16 et fusils à pompe, c’est bien joli et ça explose tout sur son passage, mais ça fait du bruit et ça attire tous les bandits du coin… Les armes blanches (couteau, sabre,…) ou contondantes (barre de fer, matraque,…) sont bien plus silencieuses mais impliquent de venir au corps à corps lorsque l’ennemi est de dos et surtout jamais de face ! Parce que une balle suffit à vous tuer et à recommencer le niveau. Et c’est sans compter que certains ennemis sont insensibles à ces armes là…
C’est parfois un vrai casse tête et les amateurs de scoring seront aux anges étant donné qu’à chaque fin de mission, le jeu vous attribut un score et une note en fonction de vos actions, notes rarement très hautes (salaud de jeu !) et qui force les gros hardcore gamers à recommencer sans cesse pour les améliorer. Croyez-moi qu’il y a du défi et qu’il y a moyen d’y passer des heures et des heures !

Note :

Hotline Miami est un titre complètement barge. Le petit studio suédois Dennaton Games a pondu quelque chose d’assez exceptionnel, un jeu qui se fout de tout, complètement barré et je le répète encore, à la BO exceptionnelle qui par contre risque d’en dérouter plus d’un car s’adressant clairement à un public mature de trentenaires ayant baigné dans la merveilleuse époque des jeux 8 et 16 bits. Sans doute le meilleur jeu de la scène indépendante de l’année 2012, rien que ça. Vivement leur prochain jeu !

– A noter que le créateur du jeu Jonatan « Cactus » Söderström précise qu’il a tenu à ce que son jeu soit proposé à bas prix (8.49€ et sans doute prochainement à moins de 3€ lors de soldes Steam) et qu’il se fiche éperdument que les gens piratent son jeu tant qu’ils prennent du plaisir à y jouer.

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4 réponses à Hotline Miami (PC, 2012)

  1. Gael593 dit :

    etrange, mais interessant

  2. Oli dit :

    raaah il me le faut absolument ! Y’a une rumeur au sujet d’un portage sur PS3 et/ou Vita. Hélas un tel jeu ne sortira sans doute jamais au Japon…

    • Oli dit :

      Juste pour dire que j’avais tout faux (oui, ça arrive ah ah ah). Le jeu est sorti EN BOÎTE au Japon, avec le deuxième épisode inclus via un code de téléchargement. J’aime beaucoup, je l’ai déjà terminé et dorénavant je joue pour scorer.

  3. cherycok dit :

    Erf. Sinon, j’en parlais dans ma review, il est actuellement et jusqu’à demain soir 19h en promo sur Steam au prix de 4.24€

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