Biohazard 3: Last Escape (PlayStation, 1999)

biohazard 3_fronticone playstationBIOHAZARD 3: LAST ESCAPE
Titre alternatif : Resident Evil 3: Nemesis
Année : 1999
Studio : Capcom
Éditeur : Capcom
Genre : Raccoon City by night (of the living dead)
Joué et testé sur PlayStation
Support : CD-ROM


Deux mois après les évènements ayant ravagé un triste manoir de Raccoon City, et 24 heures avant les premiers pas du flic Leon Kennedy dans cette même ville, Jill Valentine, rescapée du manoir en question et membre des STARS, se lance à la recherche d’un laboratoire secret d’Umbrella. La pauvre n’est pas au bout de ses surprises, car entre un monstre titanesque et visiblement impossible à tuer qui a décidé de la suivre comme son ombre, et un missile qui ne va plus tarder à réduire la ville en cendres, Jill va en voir de toutes les couleurs. Enfin surtout du rouge. 

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Après un deuxième épisode extrêmement réussi mais sans réelles surprises, BIOHAZARD 3 était attendu au tournant. Et c’est un coup de maître puisque tout en restant très fidèle aux opus précédents, ce troisième chapitre incorpore quelques nouveautés, le plus souvent particulièrement brillantes.

Outre le fait que les mouvements sont désormais plus « souples » (possibilités d’effectuer une volte-face, de monter les escaliers sans passer par une séquence cinématique, d’esquiver une attaque), le jeu de Capcom propose désormais aux joueurs de confectionner eux-mêmes leurs munitions en combinant différentes poudres trouvées au cours de leur aventure – mais je ne suis pas vraiment fan, ces munitions c’est pas d’la balle, comme on dit. Deux autres grosses nouveautés sont également présentes : l’ennemi récurrent nommé Nemesis, et les décisions en pleine action (Live Selection Mode). Deux idées qui vont se révéler absolument formidables et donner à ce BIOHAZARD 3 une identité vraiment à part, dans la série.

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Le Nemesis, tout d’abord : il s’agit d’une espèce de Tyrant dressée pour éliminer tous les membres des STARS. Il ne vous lâchera pas d’une semelle, et vous tombera parfois dessus sans crier gare. Bonjour l’angoisse. Lorsque vous l’aurez aux basques, la musique changera alors pour vous imposer une mélodie lugubre et stressante au possible. Le pied. Le survival dans toute sa splendeur avec une anxiété à son paroxysme et le petit pipi du stress qui va avec. Là où le jeu fait fort, c’est qu’il vous laisse souvent le choix : la fuite ou l’affrontement. Il est ainsi parfaitement possible de mettre le Nemesis à terre, pour peu que vous ayez les munitions (et les cojones) adéquates. Même si au final on sait que ce qui nous attend est inévitable et que l’histoire se joue une nouvelle fois de nous, cette sensation de libre-arbitre fait toute la différence par rapport au big boss récurrent de BIOHAZARD 6, où tout est scripté jusqu’à la moelle, où vous n’avez jamais vraiment de choix à faire dans chacune des séquences mettant le monstre en question sur le devant la scène. Quelle régression en un peu plus de dix ans…

Cette sensation (artificielle) de maîtriser son destin est également renforcée par la présence du Live Selection Mode. Dans certaines situations, vous serez en effet amené à prendre une décision dans le feu de l’action, c’est-à-dire en l’espace de quelques secondes : ne cédez pas à la panique ! Les décisions en question, parfois sans conséquences, peuvent aussi changer la scène du tout au tout : vaut-il mieux fuir dans le commissariat ou affronter le Nemesis ? Tenter de provoquer un court-circuit pour éventuellement griller des zombies ou prendre ses jambes à son cou ? Lire les tests de Gameblog ou ceux de Jeuxvideo.com ? Rassurez-vous concernant la dernière question, car dans BIOHAZARD 3 il vous est également permis de ne sélectionner aucune des deux options proposées. Bref, ne cherchez pas plus loin : ces innovations constituent un cocktail explosif d’idées neuves qui tirent littéralement le jeu de Capcom vers les sommets du survival.

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Non content d’innover, BIOHAZARD 3 propose également tout ce qui avait fait le charme de la série jusque-là, en allant un peu plus loin à chaque fois : vous aviez l’habitude d’être attaqué par des zombies ? Eh bien cette fois-ci ils vous attaqueront par grappe de six ou sept, parfois même dans des endroits exigus ! Les Hunters, ça ne vous fait plus peur ? Alors prenez garde aux Brain Suckers et surtout aux terribles Grave Diggers ! Comme tous les autres joueurs à l’époque, vous avez regretté que BIOHAZARD 2 ne propose que quelques minutes de gameplay en extérieur ? Capcom vous a écouté : durant l’aventure vous serez ainsi amenés à parcourir Raccoon City en long, en large et en travers…

…en travers de la gorge peut-être, rapport à la difficulté ? Honnêtement j’exagère, même si j’ai trouvé cet épisode un peu plus difficile que ses petits frères. Outre le stress quasi constant de l’épais de Damoclès (rapport à sa taille) incarné par le Nemesis, il m’est souvent arrivé d’être à court de munitions, ou de compter mes balles justement pour éviter pareil écueil, à force de vagabonder dans la ville. Idem concernant les sauvegardes puisque j’ai, plus d’une fois, été au bout du rouleau : au sens propre comme au figuré car le papier pour machine à écrire se fait parfois très rare ! Mais tout cela est plutôt positif : BIOHAZARD 3 n’a pas encore de checkpoint pour annihiler la frousse de la mort subite, ni de régénération automatique pour nous faciliter la vie – ouf. À noter, malgré tout, que le jeu devient beaucoup plus accessible dans sa deuxième partie, puisqu’il m’est arrivé de terminer l’aventure avec plus d’armes et de munitions que vous n’en trouverez jamais dans la chambre du fils d’un militant républicain, c’est dire.

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Bref, ce troisième chapitre de la franchise BIOHAZARD est une réussite sur toute la ligne, ou presque. Le « presque » a été ajouté par mes soins afin de pointer du doigt le gros défaut du jeu : son histoire, une nouvelle fois particulièrement mauvaise mais qui a, en plus, la malheureuse idée de ne pas vraiment creuser la série – j’ai cru comprendre que cela serait lié au fait que le jeu aurait dû être un spin-off à la base, et non pas un épisode officiel. Pas de quoi s’injecter une dose de T-Virus pour autant, car BIOHAZARD 3 est extrêmement plaisant à jouer – en particulier durant les phases en pleine ville. Et si je n’ai pas pris le temps de parler des apparitions de monstres aléatoires (qui changent d’une partie sur l’autre : génial), des deux personnages jouables au cours de l’aventure, des tas de secrets à débloquer, du passage avec les zombies qui sortent de leurs tombes (enfin !) ou encore du super mode Mercenaries nous proposant de sauver des civils perdus dans Raccoon City, c’est tout simplement parce que je ne souhaitais pas transformer cette chronique en une page encyclopédique à la Wikipédia – un site que je visite de temps à autres, d’ailleurs, comme tout le monde, même si certains s’en défendent (les mauvaises graines…).

Fin de la parenthèse : non Wikipédia ce n’est pas sale si on sait comment l’utiliser. Et oui bien heureusement, BIOHAZARD 3 lui l’est un peu, crade : ça gicle bien, les zombies sont parfois décapités et de nombreux cadavres jonchent les ruelles glauques de Raccoon City… la belle aux artères ensanglantées.

Note : joystick 2joystick 2joystick 2    Nostalgie : joystick 2joystick 2joystick 2joystick half

Après un deuxième épisode excellent mais dénué de grosses surprises, la franchise BIOHAZARD innove enfin : entre les apparitions aléatoires de zombies, le Nemesis qui va vous poursuivre partout, les décisions en pleine action et surtout la possibilité de se promener dans toute la ville de Raccoon, THE LAST ESCAPE (produit par Mikami Shinji) regorge de bonnes idées. On pourra évidemment pester contre un scénario encore plus mauvais qu’à l’accoutumée, mais il serait injuste de descendre le titre uniquement pour cette raison, tant il procure de bonnes sensations et un sentiment d’anxiété permanent – en particulier durant la première partie de l’aventure.

mag vintage

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3 réponses à Biohazard 3: Last Escape (PlayStation, 1999)

  1. cherycok dit :

    Je l’avais bien aimé ce Resident Evil 3 mais j’avais été déçu de la durée de vie à l’époque, je l’avais fini en 6h je crois, et comme je l’avais payé plein pot, ca m’avait un peu embêté ^_^

    • Oli dit :

      Là il m’a fallu 7h40 pour le terminer – commencé sur PS1 via PS3 et terminé sur Vita via le transfert de sauvegardes. C’est une durée de vie honorable. Surtout qu’après il y a plusieurs fins différentes et pas mal de secrets à débloquer, ainsi qu’un mode Mercenaries que je trouve un poil plus intéressant que dans les autres jeux.

  2. godsamo dit :

    Le jeu en lui même est vraiment excellent mais c’est plus fort que moi, j’aime pas Jill.
    Ton test me donne quand même envie de resortir ma Dreamcast 🙂

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