Call of Juarez: Bound in Blood (PlayStation 3, 2009)

call of juarez bound in blood covericone PS3CALL OF JUAREZ: BOUND IN BLOOD
Année : 2009
Studio : Techland
Éditeur : Ubisoft
Genre : un jeu pas si à l’ouest que ça
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray


1864. En pleine guerre de Sécession, et alors que la capitulation semble proche, Ray et Thomas McCall décident de déserter le front sudiste pour secourir la ferme familiale, qui risque d’être ravagée par les soldats de l’Union. Sur place, ils ne retrouveront que leur mère, décédée, et leur plus jeune frère : William, un homme de foi.
Les trois frères partiront alors pour le Mexique où, de rencontres exotiques en dangereux guets-apens, ils finiront par rencontrer un certain Juarez. À ses côtés, ils vont se lancer à la recherche du trésor de Cortez qui serait dissimulé dans des montagnes escarpées. Le chemin s’annonce semé d’embuches, et de cadavres encore fumants. Car pour mettre la main sur le trésor, il faudra tout d’abord récupérer un médaillon censé en ouvrir la voie. Un médaillon caché quelque part en territoire apache…

PS : dix films ont été dissimulés dans cette review. Saurez-vous les retrouver ? Réponse au bas de la page !


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Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet et ceux qui creusent. Ceux qui préfèrent ALADDIN sur Megadrive et ceux qui le préfèrent sur Super Nintendo. Ceux qui lisent les news de GameBlog et ceux qui se crèvent les yeux (ah non zut, c’est la même catégorie !). Ceux qui pestent contre les temps de chargement des jeux sur PS Vita et ceux qui ont eu un Amstrad CPC 464. Il y a ceux, enfin, qui ne jurent que par les FPS génériques scriptés qui se ressemblent tous et qui aiment se faire insulter online après avoir acheté des tonnes de DLC à des prix prohibitifs, et ceux qui s’attachent avant tout à l’ambiance et aux personnages. Oui, oui, même dans un FPS. Ceux-là, ces pistoleros d’une époque révolue, ces mercenaires pixelisés de la secte cathodique, mangent leur pain noir depuis quelques années maintenant mais parviennent néanmoins à trouver, ponctuellement, des titres qui tirent leur épingle du jeu vidéo. Selon moi, CALL OF JUAREZ: BOUND IN BLOOD correspond à ces critères.
Êtes-vous prêts à me suivre jusque dans la dernière grotte du dernier chemin poussiéreux du dernier canyon de la Death Valley ? Marcherez-vous dans mes pas, à l’instar de ces glorieux anciens qui, dépassés par leur époque, avaient répondu à l’appel crépusculaire d’un Bishop alors magnifiquement incarné par William Holden ?

Let’s go.
Why not.

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Alors je sens déjà poindre le regard accusateur de mes lecteurs rétro-sceptiques. Pourquoi diable encore publier le test d’un jeu récent, sur un blog dédié avant tout au retrogaming ? Plusieurs raisons à cela :

1/ Tout d’abord CALL OF JUAREZ: BOUND IN BLOOD est un vieux jeu sorti sur PS3 et Xbox360. Autant dire qu’en 2013, avec l’avènement programmé de la nouvelle génération de consoles, ce jeu c’est déjà presque du retrogaming !
2/ Ensuite, et plus sérieusement, il me semble qu’un jeu comme celui-ci marquera son époque en lui survivant. Je m’explique : contrairement à beaucoup d’autres FPS, BOUND IN BLOOD a une âme. Ses personnages sont charismatiques, les dialogues sont bien écrits et l’histoire est simple mais prenante, du niveau d’un bon petit western d’antan – sans oublier la fin « coup de poing ». Oui BOUND IN BLOOD fait partie de ces très rares jeux de tir dont vous n’avez pas envie de zapper les cinématiques : au contraire même, ces petits films deviennent petit à petit la raison d’être de votre progression puisque vous avez envie de connaître la suite. Vous êtes « dans » l’aventure. Là où tant d’autres FPS singent le cinéma en blindant leurs jeux de scripts artificiels et de cinématiques à la mise en scène grandiloquente, BOUND IN BLOOD revient aux bases de la narration, en mettant en avant l’histoire et ses personnages.
3/ Enfin, comme le train, BOUND IN BLOOD est un jeu qui vous sifflera trois fois, et vous y reviendrez au galop. La durée de vie est en effet assurée par deux gameplays assez différents (suivant que vous incarniez Ray ou Thomas) et qui justifient pleinement deux walkthroughs. Les parties online, de leur côté, sont l’assurance de nombreuses heures de fun, de gloire et de gouttes de sang versées – de nombreux modes différents sont proposés et permettent de varier les plaisirs, avec tout au bout du tunnel un trophée brillant et doré pour se la péter un peu puisque vous deviendrez, à l’instar d’Henry Fonda, l’homme aux colts d’or.

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En général, je n’aime pas écrire des papiers virtuels dithyrambiques. Tout d’abord parce que j’ai toujours du mal à écrire ce mot sans faire de faute. Ensuite et surtout, parce que je crois qu’il faut savoir prendre du recul, quand on parle de jeux vidéo. Eh bien cette fois-ci, j’en ai pris du recul ; à tel point que j’ai failli tomber dans le Grand Canyon ! Après avoir fini le jeu à 100% il y a quelques années de cela, je l’ai revendu suite à une sombre histoire de perte de sauvegardes (à cause d’un changement de console). Et finalement, près de quatre années plus tard, je me suis rendu compte à quel point BOUND IN BLOOD me manquait : il n’avait pour ainsi dire aucun équivalent sur cette génération de machines. La majorité des FPS se ressemblent tous et manquent d’âme, quant aux autres jeux typés «westerns», ils se comptent sur les doigts d’une main et le plus célèbre d’entre eux, RED DEAD REDEMPTION, propose un gameplay en mousse (aucune difficulté, duels ridicules) et une atmosphère digne de LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE. Non vraiment, BOUND IN BLOOD est unique et se pose en digne héritier des vieux westerns crépusculaires.

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En tant que représentant des westerns sur cette génération de consoles, BOUND IN BLOOD n’a donc, à mon sens, aucun concurrent valable. Mieux même : outre ses références bien digérées et son ambiance digne d’un été caniculaire en pleine Monument Valley, BOUND IN BLOOD est un vrai bon jeu, presque un El Dorado. Il est assez dur pour un FPS (jouez-y en hard, c’est un peu difficile mais pas encore hardcore), un petit côté stratégique est bien présent (un mode concentration absolument ravageur est utilisable si vous tuez plusieurs adversaires de suite) et on a même droit à des boss de fin de niveau avec un semblant de pattern – à l’ancienne, je vous dis ! Autre gros point fort : les environnements sont extrêmement variés. On passe ainsi de décors immenses dans lesquels on peut s’amuser à se perdre (pour y dénicher des secrets ?), à des gunfights dans de sombres corridors naturels, voire même dans les couloirs étroits de maisons grouillant d’ennemis. Dans CALL OF JUAREZ, il y en a donc pour tous les goûts. Cette sensation de liberté (relative, car votre frangin vous montre presque toujours la voie à suivre) est encore renforcée par ces quelques chapitres en monde ouvert, où il vous faudra sélectionner quelques quêtes optionnelles pour renflouer vos caisses – à la manière des sandbox.

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Le fan de westerns sera vraiment aux anges – quand bien même, à l’instar des personnages du jeu, il mériterait d’aller en Enfer. En effet tous les clins d’œil au genre y passent, ou presque. La guerre de Sécession, l’attaque au sein du village indien, les montagnes verdoyantes du nord, les plaines ravagées du sud, la charge héroïque dans des canyons escarpés, les attaques de camps retranchés, les galops au soleil, les batailles rangées à la Gatling, le dynamitage de pont, les tirs de sniper, les duels, les fuites en canoë sur la rivière sans retour, les slaloms entre les tirs d’artillerie, la ville fantôme, le désert aride et impitoyable… et le tout emballé dans un gameplay varié (deux personnages aux armes bien différentes), un brin stratégique (grâce aux grands environnements permettant plusieurs approches et à l’utilisation du concentration mode), technique (les duels) et surtout très intuitif – la couverture et le tir de couverture se font avec un extrême naturel.

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Dans le jardin du diable des FPS modernes (aka CALL OF DUTY), BOUND IN BLOOD est donc un jeu qui survivra à l’érosion des cartes mères des PS3, car dès son lancement il n’a jamais prétendu être un chef d’œuvre de technologie ; moins beau et sans doute moins fluide que d’autres titres du même genre, BOUND IN BLOOD ne devrait donc pas trop mal vieillir, sa raison d’être passant avant tout autre chose par son gameplay (varié, technique lors des duels), son atmosphère poussiéreuse digne des classiques du 7ème art et bien évidemment son histoire, bien écrite pour un « simple » FPS. Par conséquent je suis certain que, comme moi, vous reviendrez un jour sur ce jeu. Et que ce soit dans un, cinq ou dix ans, préparez-vous à un sacré coup de fouet en retour !

Note : joystick 2joystick 2joystick 2joystick half

Presque quatre bâtons de joie : non je ne fais preuve d’aucune mauvaise foi. De subjectivité, peut-être, mais de mauvaise foi aucunement. La subjectivité d’un môme qui a grandi avec Clint, John Wayne, Richard Widmark et Gary Cooper. La subjectivité d’un adulte qui peine à trouver un semblant d’âme et de challenge dans les FPS modernes. Alors très objectivement oui : mon avis est subjectif. Mais comment ne pas s’émerveiller face à un jeu qui respire à tel point la sueur, la poussière et le sang ? Comment ne pas s’emballer devant tant de références au 7ème art si subtilement digérées ? Alors certes BOUND IN BLOOD n’est pas exempt de défauts (le frangin qui nous montre constamment le chemin à suivre, l’auto-régénération illogique au possible mais maintenant présente dans 95% des jeux de ce genre), mais il saura se faire comprendre d’un certain public. Oui, à l’instar des frères McCall, BOUND IN BLOOD ne ratera pas sa cible.

Images : jeuxvideo.com

Réponse au jeu :

Titres :
Le train sifflera trois fois
Coup de fouet en retour
Le jardin du diable
L’homme aux colts d’or
El Dorado
La charge héroïque
Impitoyable
La rivière sans retour

Citations :
La horde sauvage
Le bon, la brute et le truand

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