Ninja Gaiden Sigma 2 (PlayStation 3, 2009)

ninja gaiden sigma 2 PS3_fronticone PS3NINJA GAIDEN SIGMA 2
Titre alternatif : Ninja Gaiden Σ 2
Année : 2009
Studio : Team Ninja
Éditeur : Tecmo
Genre : déclaration d’a-mort
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray


Afin d’empêcher la résurrection du terrible Archfiend, l’énigmatique Ryu Hayabusa va devoir retrouver une statue démoniaque dérobée par le clan de l’Araignée Noire. Une bataille cataclysmique va alors opposer Hayabusa à des centaines d’adversaires tous plus retors les uns que les autres… un combat sanglant aux confins du fantastique, qui va mener Ryu, mais aussi la brutale Rachel et les plus graciles Ayane et Momiji, en des lieux aussi divers qu’improbables : le Mont Fuji, le métro de New-York, des marécages en Amérique du sud, sur les cimes éclairées de mille lumières artificielles à Neo Tokyo mais aussi au sommet de la Statue de la liberté ou encore dans les entrailles de cauchemars aux amers relents d’enfers sur Terre…

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NINJA GAIDEN SIGMA 2 est un jeu incompris, dont on moque souvent le scénario et le level design. Tout d’abord une chose : l’histoire n’est pas si importante dans un beat’em all. Je ne dis pas que ça ne serait pas mieux avec de vrais ressorts narratifs bien pensés, en particulier durant un premier walkthrough. Mais durant votre deuxième, troisième, quinzième voire vingtième partie, honnêtement vous vous ficherez de l’histoire comme de votre dernier Joypad usagé. Pour vous dire la vérité, j’ai dû terminer ce jeu des dizaines de fois maintenant (PlayStation 3 et Vita cumulées), et j’ai tout oublié de son scénario ! Quand on joue à NINJA GAIDEN pour la technicité de sa castagne, on ne s’attarde en effet pas une seule seconde devant ses cinématiques : on les zappe, pour passer rapidement  au niveau à l’arène suivante !

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Vous avez remarqué ? Je me suis repris : dans NINJA GAIDEN SIGMA 2, les différents chapitres du jeu n’ont en effet pas grand-chose à voir avec des niveaux. Il s’agit en fait d’arènes plus ou moins bien camouflées. Le résultat est sans équivoque : le level design est simpliste – d’aucuns diront simplet. Là où le premier NINJA GAIDEN SIGMA rivalisait d’invention en poussant parfois le joueur à dénicher des secrets bien cachés (ingénieuses phases de backtracking par exemple) ou en l’invitant à faire des choix importants (notamment dans la manière de s’équiper ou d’améliorer ses armes), NINJA GAIDEN SIGMA 2 fait table rase de tout cela en simplifiant à outrance les préférences du joueur. Les upgrades sont désormais « programmés » pour être faits dans un certain ordre et à un moment bien précis, quant au level design il est simplifié à l’extrême. On ne peut plus, dès lors, parler d’aventure. NINJA GAIDEN SIGMA 2 est un pur beat’em all de couloir. Certains joueurs trouveront cela fort dommageable. D’autres, uniquement attachés à la technicité de l’action, à sa courbe de progression et à la jouissance vidéoludique qu’elle insuffle n’en auront cure. Car l’air de rien, cette simplification de l’aventure a un avantage : on se concentre seulement sur les combats, on ne perd presque pas une seule seconde à chercher son chemin. Une bataille vient de toucher à sa fin ? Hop on presse le pas, on progresse dans un environnement qui n’est en fait qu’un grand couloir (en straffant/sautant, le combo ultime pour aller plus vite) et on se lance dans une nouvelle arène rongé par une impatience qui touche presque à la dépendance, chez certains joueurs : NINJA GAIDEN SIGMA 2 est en effet un beat’em all tellement prenant, varié, technique et jouissif que le seul fait de traverser des couloirs pour pouvoir friter à nouveau des méchants risque de vous ennuyer !

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Du point de vue des techniques de combat à proprement parler, NINJA GAIDEN SIGMA 2 reprend ce qui avait fait le succès de l’opus précédent : de nombreuses armes différentes apportant des variations non négligeables au gameplay, et cet ingénieux système des Ultimate Techniques (UT) : appuyez un petit moment sur le bouton triangle pour gonfler votre attaque et relâchez-le dans un torrent dévastateur. Bien évidemment, lorsque l’on croule sous les ennemis on n’a pas nécessairement une seconde à perdre pour préparer son UT… d’où l’existence des on-land-charge UT (s’il y a des orbes dans les environs, sautez et appuyez brièvement sur le bouton triangle quand vous touchez le sol pour lancer une UT immédiatement). Couplées aux i-frames, ces on-land-charge UT vous permettront de renverser des montagnes – mais littéralement !

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Cerise sur le gâteau : les combats sont ici plus fluides que dans le premier jeu (même si des chutes de framerate sont à prévoir). Tout s’enchaine mieux, les combos sortent naturellement et les démembrements tranchent dans les chairs comme un couteau dans du beurre. Les combats sont par conséquent à tel point jubilatoires qu’il n’est pas rare d’y revenir même après avoir déjà bouclé le jeu des dizaines de fois : la variété des armes devrait alors attiser la curiosité de la fine lame que vous êtes. Si vous devriez rapidement maîtriser la Dragon Sword, et également très vite trouver les nombreux points forts du Lunar Staff, l’un des rois du démembrement (et avez-vous essayé son UT secondaire ?) ou de la monstrueuse Enma’s Fang (souvent indispensable pour sa longue i-frame une fois une UT lancée), vous ne devriez trouver du charme à vos autres jouets que petit à petit… peut-être lors de futures parties. La Blade of the Archfiend est à la fois superbe, rapide et puissante (la dernière forme du boss final s’en souvient encore !), quant au Tonfa, il risque bien de devenir votre nouveau chouchou : une classe éclatante, le bruit des os qui craquent et une puissance sans pareil quand il s’agit de faire dans le Crowd Control. J’avoue également avoir un faible pour l’Eclipse Scythe, sublimissime faux extrêmement utile à certains moments cruciaux du jeu.

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Et puis il y a ces trois personnages féminins, dont on passera sous silence les courbes caricaturales et protubérantes, pour uniquement louer leur intérêt d’un point de vue vidéoludique : Rachel (la dure en cuir), Momiji (ma préférée) et Ayane proposent ainsi trois chapitres supplémentaires et exclusifs à la version Sigma du jeu. Un ajout sans importance ? Que nenni ! Ces trois petits chapitres, s’ils reprennent à leur compte des décors (sublimes) de l’aventure principale, proposent des joutes originales et très variées d’un point de vue gameplay. Nos trois guerrières de choc et de charme rivalisent en effet d’originalité et faire ainsi des infidélités à Ryu se révèle être absolument jouissif (n’allez pas comprendre ces propos de travers, merci). Le niveau 5, avec Momiji, fut tout d’abord très, très difficile pour moi. Il est à présent l’un de mes chapitres préférés, avec l’ascension du Mont Fuji dévasté (chapitre 14). C’est ainsi que va le monde damné de NINJA GAIDEN SIGMA 2 : c’est à chacun des joueurs d’écrire et de réécrire sans cesse son histoire. Vous l’aimerez parfois, vous le détesterez souvent (saloperies de loups !), et vous l’aimerez finalement encore plus pour l’avoir justement honni. Car oui, vous finirez par l’adorer. Parce que vous le maîtriserez. Parce que vous l’aurez retourné dans toutes les difficultés. Parce que le mode Maître Ninja n’aura bientôt plus de secrets pour vous. Parce que même les Golden Van Gelf ne vous effraieront plus. Parce que vous finirez toujours par remarquer un petit détail que vous aviez ignoré jusque-là, au cœur de la bataille.

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NINJA GAIDEN SIGMA 2 est à mon sens (et je pèse mes maux – de tête à force de claquer face à Dagra Dai), l’un des plus grands beat’em all de l’histoire. Oui, il est digne de figurer au panthéon de la castagne vidéoludique, aux côtés d’illustres ancêtres tels que DOUBLE DRAGON 2 ou STREETS OF RAGE 2. Oui NINJA GAIDEN SIGMA 2 est l’un des meilleurs beat’em all de l’histoire et sans doute le jeu auquel j’ai le plus joué sur PlayStation 3 – avec WIPEOUT HD. Il mérite vraiment que les joueurs, même néophytes, s’y attardent. Et surtout, surtout, qu’ils ne se limitent pas aux premiers niveaux de difficulté comme les testeurs de jeux vidéo professionnels. Le principal intérêt de NINJA GAIDEN SIGMA 2 étant sa magistrale courbe de progression, étonnamment bien pensée, et qui fera de tout joueur du dimanche un tueur ninja hardcore – pour peu qu’il y mette un peu du sien.

Note : joystick 2joystick 2joystick 2joystick 2 aigle en or blason jvedb

Caméra un poil capricieuse (mais moins que dans le premier jeu), un boss dur et raté (Armadillo) et surtout un mode online inutile – les challenges sont des plats qui se mangent seul, imposer des tandems pour venir à bout de ces défis est une pure hérésie (surtout qu’il faut aussi se battre contre le lag). Voilà pour les défauts de NINJA GAIDEN SIGMA 2. Pour le reste, le soft de Tecmo est un modèle de beat’em all jouissif au possible : hyper technique, super varié, on ne cesse de découvrir de nouveaux combos et de nouvelles manières de se défaire de tous les monstres patibulaires – attention en mode de difficulté Master Ninja, durant lequel le moindre ennemi est susceptible de vous tuer en un coup (disons plutôt une prise). Histoire et level design bâclés ? Peu importe au final, puisque dans un beat’em all ce qui compte c’est l’euphorie provoquée par les combats. Le sentiment de progresser constamment. Cette petite boule dans l’estomac quand vous passez trop de temps loin de Ryu Hayabusa, et qui vient vous rappeler qu’il serait temps de replonger dans l’enfer des ninjas.

Images : jeuxvideo.com

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