Undead Line (Megadrive, 1991)

undead line_fronticone megadrive japUNDEAD LINE
Année : 1991
Studio : T&E Soft
Éditeur : PalSoft
Genre : Knight of the Living Dead
Joué et testé sur Megadrive
Support : cartouche


Il y a des milliers d’années, les Dieux et les Géants se livrèrent une bataille sans merci. Les Géants créèrent alors quatre armes prodigieuses, et de nombreux Dieux périrent – en emportant les Géants avec eux ? Depuis le Ragnarok, on n’entendit ainsi plus jamais parler de ces créatures. Ont-elles seulement un jour existé ?

Des milliers d’années plus tard, le démoniaque Comte Brahzen, à la tête d’une armée de monstres, zombies, fantômes et autres joyeusetés, prend d’assaut le paisible royaume de Gitane, dirigé par le Roi Fahrenheit II. Pour s’assurer la victoire, Brahzen se serait emparé de l’une des quatre armes des Géants – il ne s’agirait donc pas de légendes pour effrayer les enfants ? Pour contrer Brahzen, Fahrenheit II décide de faire confiance à un guerrier aux capacités étranges : Leon. Sa mission : retrouver l’esprit de Roshufa, qui serait seul capable de venir à bout de l’arme des Géants.

PS : oui les scénaristes de l’époque avaient une imagination débordante.

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Passée la frontière de la non-vie, vous attend une aventure dantesque qui n’a pas sa place au Paradis. Et pourtant vous risquez bien de finir au Nirvana. Mais avant cela, prenez garde à la mort rampante. La mort vivante. L’éternelle – à l’instar de l’infernal UNDEAD LINE qui n’en finit pas d’annihiler les espoirs des joueurs de génération en dégénération. Dur, injuste. Un brin hardcore ? Tout a été dit sur ce jeu, et nous allons aujourd’hui nous efforcer de dépoussiérer vérités et contre-vérités, mais aussi discerner le vrai du faux. De la faux ? Oui méfiez-vous en également, car dans UNDEAD LINE celle-ci frappe plus que de raison !

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UNDEAD LINE est l’une des figures de proue d’un sous-genre désormais tombé en complète désuétude : le shoot’em up pédestre. La Megadrive n’a rien inventé en la matière, puisque quelques titres étaient déjà sortis sur bornes d’arcade, voire sur consoles 8 bits ou MSX (sur lequel est sorti originellement UNDEAD LINE), mais la belle de Sega peut néanmoins se targuer de compter dans son catalogue quelques-uns des plus grands shoots pédestres de l’histoire vidéoludique, comme par exemple TWINKLE TALE ou ELEMENTAL MASTER. Deux titres prenant place dans un univers médiéval-fantastique, à l’instar de UNDEAD LINE. De là à dire que le shoot pédestre n’est jamais meilleur que lorsqu’il est bercé d’Heroic Fantasy, il n’y a qu’un pas – à pas. Oui, pas à pas. C’est ainsi qu’il conviendra d’avancer dans UNDEAD LINE, même si c’est le scrolling vertical imposé qui fixe unilatéralement le rythme de votre progression. Pas plus mal, puisqu’ainsi vous pourrez vous focaliser sur vos ennemis – et croyez-moi, vous aurez besoin d’une concentration à toute épreuve tant les mécaniques de UNDEAD LINE se révèlent parfois particulièrement fourbes. J’en veux pour preuve les bonus et différentes armes du jeu : mis à part les couteaux de lancer correspondant au classique tir multidirectionnel (et accessoirement les flammes pour quelques boss), les autres armes sont à tel point inutiles qu’elles finissent par se transformer en véritable malus dans le cas où vous vous en saisiriez. Le hic, c’est que ces armes sont cachées dans des coffres, et que pour en choisir une il vous faudra tirer plusieurs fois sur lesdits coffres (pour faire défiler les choix). Sauf qu’avec des tonnes de monstres autour de vous, des boulettes par dizaine et le scrolling qui avance, bonjour le stress lorsque vous devez absolument saisir les couteaux afin de les upgrader – en cas d’upgrade totale, vous pourrez tirer derrière vous (ultime). Mais si vous prenez une autre arme par mégarde vous repartirez à l’aventure avec une petite épée, un boomerang (homing missile très piégeur une fois upgradé) ou une horrible hache de base. De base, oui. Autant dire que vous serez tout nu, fin prêt ainsi en tenue d’Eve pour rencontrer votre créateur destructeur. Le vice du bonus faisandé étant poussé jusque dans les coffres à objets – on peut y regagner de l’énergie, bénéficier d’un champ protecteur, d’une invulnérabilité (extrêmement courte) ou de bottes de sept lieues…mais attention de ne pas vous tromper dans le feu de l’action : poison,  ralentisseurs et reset de votre armement sont également au programme ! Allez je me lance : il s’agit du seul défaut du jeu. Oui, j’ai bien dit « défaut ». Je n’ai jamais aimé ces softs qui poussaient le vice et le stress jusque dans l’obtention des bonus et upgrades. Maintenant, d’autres joueurs vous diront peut-être que cette méthode contribue aussi au charme hardcore, façon torture bien moyenâgeuse, de UNDEAD LINE. Soit, il y a clairement deux écoles masochistes en la matière… Mais claquer à la fin d’un niveau alors que l’on réalisait un perfect jusque-là, uniquement parce que, pressé par le temps et les monstres, on se trompe de bonus dans un coffre…c’est rageant.

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L’aventure se présente sous la forme de six niveaux (de douleur ?!). Vous pouvez les sélectionner dans l’ordre de votre choix. Si vous réussissez à en venir à bout en deux continus maximum, vous débloquerez un septième niveau caché. Aucun mot de passe. Pas de sauvegardes. Juste vos yeux pour pleurer de l’acide en cas de Game Over. Car terminer les six niveaux de base à la suite n’est pas une sinécure. C’est dur en Easy. Très dur en mode Normal. Mortifère en mode Crazy (on n’a même pas le temps de cligner des yeux !). Toutefois, ce choix dans la data base des levels n’est pas innocent : il apporte une réelle notion de stratégie au soft. A la fin de chaque niveau, vous pourrez en effet augmenter quelques capacités, de 0 à 3 points – suivant le nombre de fées récupérées. Ne cherchez pas : augmentez votre STrenght (puissance des couteaux) et votre AGility (vitesse). Le reste n’en vaut pas la peine. Si vous négociez bien quelques niveaux, votre personnage deviendra donc de plus en plus fort et rapide : un détail importantissime, surtout que ces skills ne redescendent pas à zéro après l’utilisation de l’un des deux continus. Que faire alors ? Commencer par le niveau que vous maitrisez le mieux (la forêt, très facile ?) et enchainer par un autre chapitre plutôt abordable (le monde de lave) pour appréhender le cimetière ou les ruines avec davantage de chances de votre côté ? Ou bien vous débarrasser rapidement des niveaux les plus difficiles (le dragon dans les caves et le spectre du cimetière étaient, au départ, les deux boss que je craignais le plus) pour envisager la suite plus sereinement ? A vous de voir…et éventuellement de choir ! UNDEAD LINE n’est, par conséquent, absolument pas injuste. Impitoyable, certes. Mais injuste, jamais. Car il vous laisse le choix de votre destinée. Il vous permet également de vous améliorer. Par exemple si vous échouez régulièrement face au boss du cimetière, pourquoi ne pas vous entrainer pendant une petite journée essentiellement dessus ? Puis, lorsque vous l’aurez enfin dompté, vous lancer une bonne fois pour toutes dans l’épopée morbide de UNDEAD LINE : six niveaux à la suite plus un septième comportant lui aussi son lot de pièges retors et de boss sans pitié. On dit souvent, au sujet de ce genre d’expériences, qu’il faut se préparer à souffrir. Et bien UNDEAD LINE nous a pris au mot : on peut effectivement s’y préparer en s’entrainant à résister à la douleur sur le niveau de son choix !

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Les niveaux, parlons-en. Ils sont tous, et je pèse mes mots avec mes petits bras musclés, absolument extraordinaires ! Extrêmement variés, furieusement rythmés et, surtout, regorgeant d’originalité ! Regardez-moi ces zombies parfois coupés en deux qui sortent de leurs trous putrides et ces spectres qui s’échappent nonchalamment de leurs tombes si vous les brisez par mégarde (niveau CEMETERY).  Appréciez cette gerbe de flamme gigantesque qui va passer juste au-dessus de votre tête, vous obligeant à ralentir le pas malgré les hordes d’ennemis à vos trousses (ROCK). Pleurez de bonheur dans la maison hantée (RUINS) aux faux airs de SPLATTERHOUSE – avec des Jason déchainés et des damnations enchainées cracheuses de feu. Et attention aux vitres qui volent en éclats, aux murs mouvants ou encore au sol qui se dérobe sous vos pieds ! Prenez un instant de recueillement vidéoludique une fois dans les grottes démoniaques (CAVE) : stalactites assassins qui s’effondrent, et stalagmites inoffensifs en apparence mais qui se transforment en suicide bullets si vous les détruisez (mais alors comment tirer dans les coffres placés au beau milieu ?!). Retenez votre souffle dans les égouts (DRAIN) : leurs effluves ne sont pas de première fraicheur, et leurs os usés risquent bien de ralentir votre progression. Préparez-vous enfin au pire avec le septième niveau caché (CASTLE), ses monstres purulents et ses sorciers accros à la boulette qui pullulent. Quant aux différents boss du jeu (et quelques mid-boss), ils sont à l’image terrifiante du reste : sublimes, parfois gigantesques et disposant chacun d’attaques et de routines propres. Le Fire Ifrit est magnifique, le Dragon est magique mais impitoyable et Lich, incarnation maligne de la Mort, tentera de vous submerger de son halo obscur et démoniaque. Fabuleux : les boss sont fabuleux et, c’est une bonne chose, pas si difficiles à battre – le vrai challenge étant de se les farcir tous à la suite avec les niveaux qui vont avec en l’espace de deux continus.

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Un dernier mot sur le gameplay, dont je n’ai pas décrit toutes les subtilités : en plus du bouton de tir (automatique si vous le réglez ainsi dans les paramètres), un bouton est assigné à une option (boule de métal tournant autour de vous pour vous protéger momentanément) et un autre au bouclier. Oui, il est possible de parer les tirs ennemis ! Un détail loin d’être négligeable tant il vous permettra de vous dépêtrer des situations les plus inextricables. Je sais, par expérience, qu’il est assez difficile et contre-nature d’utiliser une telle protection dans un shoot’em up. Vous risquez ainsi d’oublier la présence du bouclier très (trop) souvent. Mais avec un peu d’entrainement, vous apprendrez à l’utiliser au moment le plus opportun – et lorsque vous le maitriserez, c’est-à-dire quand vous saurez habilement jongler entre le tir et la protection, vous devriez être capable de voir le bout de cet immense tunnel morbide en forme de train fantôme lancé à toute allure (parce qu’il en a). UNDEAD LINE. Le ludique. Le lugubre. Le chaotique.  Le dévoreur de bures. Avec lui pas de demi-mesure : vous finirez au septième ciel ou six pieds sous terre.

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Quelques ralentissements et un système de bonus discutable. Voilà pour les défauts (très relatifs) de UNDEAD LINE. Pour le reste, ce shoot’em up pédestre est une véritable perle ténébreuse. Varié, un brin permissif (un mode Easy faisable avant de tenter le mode Normal très dur avec pluies de boulettes à la clé et nouvelles attaques pour la plupart des monstres – no comment à propos du mode Crazy), magnifique, jouissif, surprenant…dur mais valorisant. On progresse ainsi toujours, et l’élaboration d’une tactique (l’ordre des niveaux ayant son importance) apporte un petit côté stratégique pas dégueulasse (contrairement au boss des égouts !) : le Dragon est difficile à battre ? Finissez quatre niveaux avant le sien, augmentez la puissance de vos dagues et surtout votre vitesse de déplacement. Le Dragon deviendra alors bien plus simple à occire. Ce n’est qu’un exemple. Chacun est libre d’envisager l’aventure de UNDEAD LINE à sa manière. Si possible en évitant le Game Over.

Images : jeux vidéo et des bas

Vidéo :

mag vintage

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2 réponses à Undead Line (Megadrive, 1991)

  1. gabbersteff dit :

    Un jeu qui me faisait baver dans le console + de l’époque…Merci d’en parler ici bas 🙂 Ca me donne envie de me le procurer! (mais j’ai peur du prix…)

    • Oli dit :

      De rien, et merci pour le message.
      Sinon aaaaaah…le prix… Je pense qu’on peut encore le trouver à moins de 10.000 yens au Japon (avec le change en euros les Européens sont gagnants). Mais la cote du jeu va augmenter (hélas, je ne sais pas ce qu’il se passe depuis quelques années…certaines cotes ont explosé très rapidement…).

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