Contrast (PlayStation 4, 2013)

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Année : 2013
Studio : Compulsion Games
Éditeur : Compulsion Games
Genre : pas dur, mais corset
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : PSN


Une ville de Paris fantasmée…ou bien réelle, du moins dans nos pensées ? Les années 20, ses cabarets, ses gangsters charmeurs et cogneurs…et une famille en train de se désagréger.

Vous êtes Dawn, créature de la nuit en bas résille…et accessoirement ange gardien de la petite Didi…dont les parents se déchirent depuis bien trop longtemps. En vous muant dans les ombres, vous pourrez disparaitre et épouser les murs de vos formes ravageuses, et ainsi résoudre différentes énigmes, franchir des passages inaccessibles avec toujours le même objectif en ligne de mire : aider la petite Didi.

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Tandis qu’un certain KNACK était violemment critiqué en raison de sa prétendue difficulté, CONTRAST fut dans le même temps victime d’une cabale similaire, mais pour fustiger sa trop grande facilité ! Les joueurs ne sont jamais contents, n’est-ce pas… Un jeu doit-il nécessairement offrir un challenge, pour être bon ? Doit-il obligatoirement être long ou encore proposer une replay value immédiate, pour être adoubé par la communauté des joueurs 2.0, née avec Internet ?

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A mon sens un jeu peut avoir autre chose à offrir : une ambiance, des musiques, un design qui poussent au songe – ou au cauchemar, c’est selon. CONTRAST c’est un peu tout ça à la fois : une atmosphère géniale et étrangement immersive dans un monde nocturne et urbain calqué sur les années 20. Cabarets, magiciens, truands, salles de cinéma disposant d’une âme (contrairement à nos multiplexes), orchestres de jazz, Film Noir (avec l’accent américain) et numéros de cirque d’apparence désuète mais capables de faire rêver les enfants – à la manière du génial Terry Gilliam avec son DOCTOR PARNASSUS. Cet univers cinéphile et artistique est déjà suffisant pour nous dépayser (on pense à John Huston, Jacques Tourneur…), mais il est, cerise sur le gâteau, auréolé d’une seconde couche de magie, onirique cette fois-ci. Dès le début de l’aventure, on ne sait ainsi pas vraiment où on a mis les pieds. La réalité ? Un rêve ? Une folie ? Un simple voyage dans un passé déformé – peut-être fantasmé ? La direction artistique de CONTRAST est tout simplement sublime, et constitue le charme principal de ce jeu atypique. Sa substantifique moelle. La raison qui nous fera avaler des couleuvres de miel, qui nous poussera à l’indulgence. On pardonnera donc aisément la rigidité du personnage principal, ses sauts un peu bizarres (et finalement pas très précis), l’absence de réelle difficulté (à une ou deux énigmes près) et cette petite poignée d’heures qui suffisent pour boucler l’aventure.

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Si CONTRAST puise donc avant tout sa magie dans sa direction artistique (on prend parfois son temps en se promenant pour découvrir quelques peintures ou des affiches de vieux films), le jeu de Compulsion Games propose aussi, et c’est le nerf de son gameplay, des énigmes à base d’ombre et de lumière, de 2D et de 3D. Dawn, aux fausses allures de meneuse de revue, devra ainsi aider la petite Didi à se frayer un passage dans la ville – quartier par quartier, en traquant des ombres (vous ne verrez en effet aucun être « réel »). Dawn, cette créature presque androgyne et pourtant sexy (Marlène Dietrich ?), est donc capable de se mouvoir dans les ombres. Si sa silhouette se retrouve projetée sur un mur ou une paroi, Dawn peut ainsi passer dans l’obscurité (touche R2). En se mouvant de l’autre côté du monde (du Void ?), Dawn pourra alors atteindre des endroits en apparence inaccessibles. Vous l’aurez deviné : il vous faudra constamment jouer entre le monde normal en 3D et celui des ombres plaquées en 2D sur des murs. La plupart des énigmes et puzzles feront alors appel à cette passerelle entre les deux mondes, mais aussi à l’utilisation de projecteurs, de caisses ou de mécanismes divers et variés – voire même,  à certains moments, à votre dextérité…ce qui ne sera pas sans poser problème à des endroits bien précis (dans votre amour propre, par exemple), tant le gameplay se révèle parfois un brin rigide (les sauts ne sont pas un modèle de finition).

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CONTRAST est par conséquent un peu à l’image d’un diamant brut…dans lequel on peut entrevoir de nombreux éclats de lumière, mais dont le manque de finition pourra échauder certains joueurs qui ne jurent que par la perfection.

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Dans les ombres et les lumières…voilà où le jeu CONTRAST a établi son repaire. Pour les ombres, nous avons quelques bugs bien gênants (comme je n’ai pas joué à un ASSASSIN’S CREED depuis longtemps j’avais oublié que ça pouvait exister), une maniabilité un peu rigide, des sauts pas tip top, une version physique uniquement sur PC, des secrets cachés à chaque fois sous votre nez et une ville aux quartiers plutôt fermés. Concernant les lumières, le joueur est éclairé par une sublime direction artistique, un scénario simple (drame familial) mais noir et prenant, et des énigmes sympathiques à base d’ombres épousant les murs d’une ville à priori sans histoires – mais des récits oniriques à foison…illusoires ?

Images : jeuxvideo.com (version PC)

Le trailer sur PS4 :

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