Danganronpa: Kibō no gakuen to zetsubō no kōkōsei (PlayStation Vita, 2014)

donparonpa trigger havoc_fronticone playstation vitaDANGANRONPA: KIBÔ NO GAKUEN TO ZETSUBÔ NO KÔKÔSEI
Titre alternatif :
Danganronpa: Trigger Happy Havoc
Année : 2014 (2013 au Japon, 2010 sur PSP)
Studio : Spike Chunsoft
Editeur : NIS America
Genre : ours bi-polaire
Joué et testé sur PlayStation Vita
Support : PS Vita Card


Quinze étudiants surdoués dans des domaines très variés sont réunis pour leur premier jour à la Hope’s Peak Academy. Rapidement, ils vont se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond : un nounours à la fois mignon et effrayant leur apprend qu’ils sont en fait prisonniers entre les murs du lycée, et qu’ils vont devoir s’entretuer pour espérer revoir un jour la lumière du soleil…

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Hope’s Peak Academy : un lycée élitiste. Par les élites. Pour les élites, aka les « Ultimate Students ». Cette année, vous avez la chance d’en faire partie. La chance ? Oui, vraiment, car vous incarnez Makoto, un garçon sans réel talent mais doté d’une veine pas possible – ne vous appelle-t-on pas l’Ultime Lucky Student ? Cette année la promotion est constituée de quinze jeunes surdoués – parfois dans des domaines un brin surprenants. Le génie hautain Byakuya, aka l’Ultimate Affluent Progeny – il a réponse à tout. Toko, l’Ultimate Writing Prodigy – écrivaine géniale mais femme ratée ? La croustillante Aoi, l’Ultimate Swimming Pro. L’idole des jeûnes, la fragile Sayaka, aka l’Ultimate Pop Sensation. La petite Chihiro, l’Ultimate Programmer. L’Ultimate Gambler, répondant au doux nom de Celeste Ludenberg. Enoshima Junko, l’excentrique Ultimate Fashionista… j’en passe et des meilleurs. Les domaines sont donc extrêmement variés et frisent parfois le n’importe quoi de bon aloi. C’est toute l’histoire, d’ailleurs, qui bascule souvent dans le grotesque absolu, puisqu’un petit ours appelé Monokuma va séquestrer tous les Ultimate Students afin de les pousser à s’entretuer – quiconque réussirait à tuer l’un de ses camarades sans être découvert pourrait recouvrer la liberté. Une liberté pour le meurtrier malin synonyme d’exécution sommaire pour tous les autres étudiants – les phases de procès, longues, passionnantes et ultra dynamiques sont par conséquent gonflées d’enjeux.

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Monokuma est-il vivant ? S’agit-il d’un monstre, d’une illusion ? D’un robot ? Toute cette histoire a-t-elle simplement lieu sous nos yeux ? On se pose énormément de questions durant l’aventure – le jeu se permettant des détours dans la SF voire le fantastique (ou le réel improbable ?), on en vient à douter de tout. Un ours qui parle ? Oui, vous allez finir par trouver ça normal ! Cette ambiance complètement dingue est l’atout choc et charme de DANGANRONPA. C’est juste complètement fou ! Le tout est sublimé par une bande-son extraordinaire, dans un style psychédélico-jazzie (j’assume) du plus bel effet, ainsi que par des personnages hauts en couleur qui finissent vite par devenir diablement attachants (le diablement est de rigueur, dans ce jeu satanique). Je m’emporte, que dis-je : je divague, mon cerveau étant durablement marqué au fer rouge de Monokuma, mais pour moi les protagonistes de DANGANRONPA sont absolument cultes ! Certes, il y a quelques ratés. Par exemple l’otaku obèse on aurait pu s’en passer, et Yasuhiro, aka l’Ultimate Clairvoyant est tellement bête qu’il en devient rapidement irritant. Mais que dire du terrible Byakuya, trop intelligent pour le commun des mortels et froid comme une calculatrice graphique de pointe. Comment oublier la mystérieuse Kyoko, qui semble avoir tout oublié de son passé mais dont la précision lors des phases d’enquête interpellent. Quid de Toko, l’écrivaine qui ne flirte qu’avec une seule personne : la folie. Je pourrais parler longuement de tous ces personnages qui m’ont accompagné durant les longues heures de l’aventure – enfin pas tous, certains sont morts plus vite que d’autres ! C’est là que se manifeste la première grande réussite de DANGANRONPA : le joueur est complètement immergé dans le scénario (abracadabrantesque) et si les longues phases de discussion feront fuir certains néophytes, les passionnés de Visual Novel devraient y trouver leur conte/compte.

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Oui, DANGANRONPA est avant tout autre chose un Visual Novel. On se promène dans le gigantesque lycée, on pose des questions aux différents étudiants, on les écoute… et c’est à peu près tout. Ne vous étonnez donc pas de devoir lire des lignes et des lignes de texte pour pouvoir progresser. Les habitués de ce genre de jeux, très japonais, ne seront donc pas dépaysés, même si certains regretteront l’absence d’embranchements dans le scénario. Le jeu est en effet monté sur des rails – de coke ?! Et il est impossible de s’en éloigner. Il n’y a qu’un chemin à suivre. Qu’une fin (ou presque) à débloquer. Inutile d’envisager de sauver telle ou telle personne si ce n’est pas prévu par le script. Dans DANGANRONPA vous n’aurez pas vraiment le choix de votre destinée. C’est un peu regrettable, certes, mais le jeu propose autre chose : une ambiance complètement tarée, des protagonistes inoubliables et le fin mot (les fins maux ?) de l’histoire que l’on crève d’envie de connaître. Et puis c’est toujours rigolo de s’amuser à anticiper le prochain meurtre, voire d’essayer de deviner qui est l’assassin – et je vous assure que ce n’est pas évident la plupart du temps, DANGANRONPA étant un condensé de tout ce qui s’est fait avant dans le domaine du crime – mais puissance 1000. Agatha Christie sous acide ? SAW et CUBE dans un cocktail détonnant ? Vous en aviez rêvé, Monokuma l’a fait !

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Ces longues phases de discussion constituent le nerf du jeu – elles interviennent presque constamment et sont tantôt accessoires (pendant les périodes de Free Time, ça se transforme presque en « jeu de drague » – disons plutôt « jeu d’amitié »), tantôt obligatoires. Entendez par là que si vous oubliez de poser une question importante à quelqu’un, le jeu vous le fera remarquer et vous ne pourrez pas avancer avant de vous être plié à ses conditions. Décevant ? Oui et non, cela dépend de ce que vous attendez d’un Visual Novel sur rails. DANGANRONPA étant, de plus, souvent présenté comme une mise en abyme du jeu vidéo (Monokuma va vous y parler de spoiler, de newgame+, etc.), tout cela ne fait qu’ajouter au charme décalé de cette drogue douce – qui frappe dur. Notez que les phases d’enquête (après un meurtre) connaissent le même sort : si vous oubliez un indice quel qu’il soit dans une salle précise, vous ne pourrez pas sortir de ladite salle avant de vous emparer de la preuve, qu’elle soit physique (un objet à ramasser) ou orale (une discussion avec un autre étudiant). Alors oui, les développeurs de DANGANRONPA vous prennent par la main. Mais c’est avant tout pour vous entrainer dans des pas de danse endiablés, au rythme des péripéties hallucinantes du scénario et des mélodies psychédéliques de la bande audio.

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Discuter, enquêter, essayer de vous rapprocher d’un certain individu pendant vos périodes de temps libre (pour débloquer de nouvelles capacités – ou juste pour le fun), potasser vos dossiers et les preuves en votre possession pour tenter de deviner l’identité de l’assassin du meurtre précédent… voilà ce qui constituera l’essentiel de vos loisirs, à la Hope’s Peak Academy. Mais DANGANRONPA a ajouté une énorme cerise sur le gâteau : des phases de procès ! Celles-ci viennent totalement rompre avec le rythme de l’aventure : ultra dynamiques, stressantes… jouissives ! N’oubliez pas qu’il y est question de vie ou de mort. Vous découvrez l’assassin : seul ce dernier sera exécuté par Monokuma. Vous vous trompez de coupable : il sera épargné par le petit ours psychopathe et tous les autres étudiants passeront l’arme à gauche (vous inclus).

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Ces phases de procès (Class Trial) sont plus ou moins constituées de plusieurs mini jeux – ne jouez pas en easy, ça fait perdre énormément de piment à ces instants euphorisants. Ainsi, il vous faudra parfois deviner un mot, sélectionner l’indice le plus pertinent dans votre dossier à un moment clé ou contrer l’argument d’un adversaire par le biais d’un jeu de rythme. Mais le plus souvent, il s’agira du Nonstop Debate. Les différents protagonistes présents (dont le coupable toujours bien caché) vont alors discuter entre eux, se supporter, se contredire… s’invectiver parfois. Vous devrez alors savamment sélectionner vos arguments (des Truth Bullets) et les dégainer au moment le plus opportun – si vous faites le bon choix, votre argument apparaitra alors à l’écran et viendra fracasser (mais littéralement) le propos caduque tenu par un autre personnage. Il y a tellement à dire sur ce mode absolument génial et hyper prenant, que je préfère vous laisser le plaisir de la découverte – mais sachez que vous devrez parfois « piquer » l’argument de l’un de vos camarades (bouton triangle pour copier une phrase ou un mot) afin de le renvoyer au visage de quelqu’un d’autre pour le contredire. Hallucination collective garantie !

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Si vous aimez à la fois les Visual Novels et les jeux de procès, vous serez aux anges – même si avec Monokuma, j’ai un doute ! Certes, certains pourraient en profiter pour pester une nouvelle fois contre la PlayStation Vita. Cette divine machine manque de jeux marquants et originaux… et DANGANRONPA n’est que le portage d’un jeu PSP. Portage et pas vraiment remake, d’ailleurs, tant les jeux paraissent proches – notons malgré tout l’ajout d’un mode bonus intitulé School Mode, vous permettant de vivre dans le lycée avant les évènements tragiques contés dans DANGANRONPA – avec un petit clin d’œil à DANGANRONPA 2. Truculent – mais redondant. Seuls les otaku iront au bout de ce School Mode pour tout débloquer – oui, oui, inutile de me regarder comme ça, j’en fais partie et j’ai retourné ce mode dans tous les sens (en remplissant certaines conditions, on peut y découvrir les chambres de chacun de nos petits camarades, c’est rigolo). Mais la plus grosse nouveauté de ce portage sur Vita est sans aucun doute la traduction en anglais. Le jeu a en effet été officiellement traduit en anglais pour la première fois et même doublé – une bonne nouvelle tant DANGANRONPA demande un niveau de japonais proche de l’excellence pour pouvoir suivre le fil du scénario. Je vous conseillerai bien évidemment de ne pas activer les voix anglaises, tant le doublage japonais se révèle ébouriffant – par exemple, c’est la star Ōyama Nobuyo, mythique doubleuse de Doraemon, qui incarne (à merveille) le stratosphérique Monokuma. En anglais c’est un massacre – mais peut-être ne suis-je pas tout à fait objectif en la matière.

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Mais le véritable massacre, il se déroulera devant vos yeux ébahis : mensonges, meurtres, psychopathes, jeux pervers et autres joyeusetés. Oui DANGANRONPA est un véritable jeu de massacre, une espèce de BATTLE ROYALE en huis clos mâtiné d’un Hercule Poirot punk, d’un ours polar et de femmes fractales qui vous pousseront à la syntax error. Mais ces massacres à répétition ne signifient pas nécessairement que le jeu est glauque. En réalité, il n’a rien de scabreux et peut ainsi être apprécié même des âmes sensibles. Ce tour de farce, on le doit avant tout au sang couleur rose bonbon, au design un peu enfantin et surtout à l’humour corrosif qui arrondit bien des angles (c’est de circonstance). DANGANRONPA est par conséquent un jeu complètement indispensable sur Vita. Un véritable ovni – objet violent non identifié.

Note :

Un soupçon d’enquête et une bonne dose de procès extrêmement rythmés le tout enveloppé dans du Visual Novel de grande qualité, porté par des personnages très réussis et attachants. Humour noir, meurtres à foison et énormes retournements de situation à la clé : le joueur en a pour son argent ! DANGANRONPA est un superbe jeu d’aventure plus ou moins hybride, immanquable si vous aimez les Visual Novels – attention néanmoins, le côté dirigiste de l’intrigue et son absence d’embranchements pourraient décevoir certains joueurs.
La suite, du même acabit, a également été localisée en anglais sur PlayStation Vita.

Opening :

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2 réponses à Danganronpa: Kibō no gakuen to zetsubō no kōkōsei (PlayStation Vita, 2014)

  1. gabbersteff dit :

    Juste un petit message qui n’a pas de lien avec l’article : bonne année 2015, et merci pour ce site que je suis régulièrement, même sans poster à chaque fois 🙂

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