Dante’s Inferno (PlayStation 3, 2010)

DANTE’S INFERNO
Année : 2010
Studio : Visceral Games
Éditeur : Electronic Arts
Genre : une pêche d’enfer
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray


Témoin et coupable de nombreuses atrocités lors de la troisième croisade, Dante tombe enfin, poignardé dans le dos par l’un de ses prisonniers. Mais le solide soldat du Roi d’Angleterre, qui a depuis perdu foi en Dieu, ne va pas connaître le repos : il se retrouve en effet embarqué dans les cercles de l’Enfer, qu’il va devoir franchir un à un, afin de faire face à ses péchés mais aussi pour retrouver l’âme désormais damnée de son épouse Béatrice.

Je connaissais la Divine Comédie, mais j’ignorais qu’elle s’appelait comme cela pour le côté comique de la chose… mais comique façon « clown triste » puisque Dante fait quasiment tout moins bien que son illustre aîné, Kratos. Oui, DANTE’S INFERNO est une grosse blague, un copier-coller éhonté de la série GOD OF WAR, depuis le système de progression en passant par les simili coffres à découvrir et à forcer, les combos à réaliser, les monstres imposants à chevaucher, j’en passe et des meilleures… La Divine Comédie, je vous avais prévenus : fake you, Dante ! Ce qui est encore plus dévalorisant pour DANTE’S INFERNO, c’est sa date de sortie : à un mois près, il est quand même arrivé en même temps que le grandiose GOD OF WAR III ! Remarquez… même les deux premiers GOD OF WAR sont bien mieux ficelés que ce jeu fomenté par Electronic Arts.

Mais vous savez quoi ? Eh bien DANTE’S INFERNO est plaisant. Mieux : il est carrément jouissif par instant – les coups dégagent une pêche d’enfer (c’est le cas de le dire), et les premiers pas du joueur, sans doute peu assurés, dans l’univers torturé de Lucifer, sont époustouflants. Il faut le voir pour le croire : décors monstrueux, des empalés vivants à la pelle, des bouches béantes qui vomissent des milliers de condamnés, des écorchés, des bébés avortés, des murs construits sur des cadavres damnés morts-vivants, des femmes lascives aux hanches aussi fatales que l’entrejambe protubérant… Le spectacle est à la fois horrible et saisissant. Incroyable. Dérangeant ? Oui, sans doute. Surtout si vous jouez avec le son bien calé dans les oreilles : cris effroyables, échos de supplices innommables, complaintes interminables des torturés et sombres lamentations de pauvres hères qui implorent une improbable pitié.

Hélas, même ce que DANTE’S INFERO fait de bien, semble être frappé d’une malédiction infernale. Comme précisé ci-dessus, les premiers niveaux cognent, claquent, flattent la rétine – hélas à mesure que l’on progresse le level design régresse et les environnements imaginatifs disparaissent, avec en point d’orgue ce sprint final complètement hors de propos, fait de multiples salles de challenge à se farcir jusqu’au dégoût. Une partie du bestiaire a la classe morbide, mais celui-ci est rapidement recyclé ad nauseam. Pour un boss extraordinaire, combien de sombres ratés qui n’auraient pas passé la phase de bêta-test d’un beat’em all lambda sur PlayStation 2 ? Pire : parfois il n’y a tout simplement pas de boss pour conclure un improbable niveau… Et on pourrait continuer longtemps la thèse de la jolie médaille et de son sombre revers : des cinématiques absolument magnifiques côtoient des cut-scenes d’une laideur repoussante. La difficulté paraît équilibrée et puis tout à coup paf on s’en prend plein les dents…

DANTE’S INFERNO demeure malgré tout un bon jeu. Hélas, s’il emprunte beaucoup à GOD OF WAR mais aussi un peu à NINJA GAIDEN SIGMA 2, il n’arrive jamais à la cheville de ces derniers – peut-être tout juste à la sandale de Kratos, et encore… Le manque de charisme du héros finit d’abandonner le joueur sur une mauvaise impression… Reste un défouloir très honnête, qui mérite tout de même le détour pour ses deux/trois premières heures de jeu, saisissantes. Pour les suivantes, hélas, on est loin d’être au paradis… Mais pour ça, au moins, le titre du jeu avait annoncé la couleur !

Note :

Un arbre de compétences bien fichu, des coups qui dégagent une vraie puissance, et ces premiers niveaux dérangeants, pour ne pas dire époustouflants visuellement parlant. Et puis patatras, plus rien – ou si peu – à se mettre sous la dent. Les ennemis sont recyclés ad nauseam, les environnements deviennent médiocres, et les boss finissent par devenir ridicules – remarquez ils sont parfois tout simplement inexistants. Là où son modèle, GOD OF WAR, va crescendo, DANTE’S INFERNO s’enlise doucement mais sûrement à mesure que les développeurs, en manque de temps ou d’inspiration, empilent des niveaux sans liant ni imagination. En bref : un bon beat’em all qui aurait mérité un meilleur traitement sur la longueur.

Trailer :

 

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