Bargon Attack (Amiga, 1992)

BARGON ATTACK
Année : 1992
Studio : Coktel Vision
Éditeur : Coktel Vision
Genre : rive droite, clic gauche
Joué et testé sur Amiga
Support : disquettes


L’humanité entière l’ignore encore… mais les Bargoniens sont déjà parmi nous ! Ces extraterrestres reptiliens ont commencé l’invasion de la Terre via un média capable de toucher le monde entier : les jeux vidéo ! Le soft Bargon Attack est en effet dans tous les foyers, ou presque. Et la fin de la petite planète bleue n’a jamais été aussi proche… Bob Sprite, gamer parisien sceptique et plein de ressources, va remonter le fil de cette étrange secte d’encapuchonnés pas très catholiques. Une aventure extraordinaire l’attend, puisque les rues et autres petits troquets de Paris vont petit à petit dévoiler des passages mystérieux, de nombreuses salles secrètes… La révélation finale risque d’être explosive !

Sous ses atours de point & click très/trop classique construit autour de simples clics droits et clics gauches, BARGON ATTACK recèle en réalité quelques idées vraiment originales – il ne s’agit pas de trésors d’ingéniosité, certes, mais c’est suffisant pour faire de ce jeu un titre à ne pas oublier… à ne pas effacer de notre carte mémoire un brin rouillée de vieux joueur déjà un peu cramé.

BARGON ATTACK, ce n’est pas rien pour un joueur micro des années 80, puisque ce jeu est l’adaptation d’une bande dessinée publiée dans le magazine Micro News – le sacrosaint magazine Micro News ! Qu’est-ce que j’ai pu aimer ce mag… sa liberté de ton, son humour un peu trash, sa volonté d’envisager divers médias et de ne pas fermer la porte aux consoles… et bien évidemment ses encarts BD de grande qualité, qui comprenaient des auteurs comme Carali (Psikopat forever !) et Lidwine ! La bande dessinée BARGON ATTACK est venue compléter ce tableau particulièrement éclectique en octobre 1989. L’idée de base était excellente : mise en abîme du média vidéoludique avec une histoire de conspiration extraterrestre prévoyant d’envahir la Terre grâce à un jeu vidéo nommé…BARGON ATTACK ! C’est la soft-war ! On sent d’ailleurs poindre çà et là, et à la vitesse grand V, des influences diverses et variées, notamment l’excellent THEY LIVE de John Carpenter, sorti début 89 en France – les extraterrestres ont un peu la même dégaine, ils sont déjà sur Terre et leur propagande subliminale est aussi présente dans la BD.

Le jeu, sorti en 1992, reprend tout cela dans un cocktail (vision) détonnant de quatrième mur brisé, de mise en abîme, de clins d’œil savoureux (OPERATION STEALTH !) et de références semble-t-il issues de THEY LIVE – les inscriptions dans la rue, à la vue de tous, et qu’il convient de décoder avec un ordibras (dans THEY LIVE, ça se fait avec des lunettes). Mieux : si vous étiez Parisien à cette époque, vous avez dû apprécier ce voyage pixelisé dans les rues de la capitale. Parfois tout simplement cosmétiques (la Foire du Trône), ces lieux emblématiques peuvent aussi avoir une importance scénaristique : La Défense, Beaubourg, les colonnes de Buren, les bouquinistes des quais de la Seine… et d’autres plus anecdotiques mais ô combien représentatifs de ces années, de ces quartiers (bars, cafés, petites boutiques d’informatique…). Sympa !

Sur le fond le jeu n’a rien de particulièrement enivrant, il se situe même clairement en retrait des grands classiques du genre, concoctés avec amour par des studios désormais mythiques, tels que LucasArts ou Delphine Software. BARGON ATTACK est en réalité un « petit » point & click, sauvé par son ambiance, ses références et quelques idées lumineuses : le coup du télescope, l’ordibras permettant différentes interactions avec les décors et objets, les énigmes dont les indices sont disséminés sans crier gare très tôt dans l’aventure, les coups de burin mis dans le quatrième mur et… une simplicité décriée, certes, mais qui à quelques trucs tordus près, permettent au jeu d’être tout à fait faisable – là où tant d’autres titres du même genre poussaient les chauves à s’arracher les cheveux en raison de leur difficulté. Les grognons et autres grincheux pesteront bien évidemment face aux sempiternels objets essentiels ramenés à la taille d’un simple pixel, mais BARGON ATTACK se jouant tableau par tableau et qui plus est sans impasse (vous ne serez pas bloqué plus tard pour avoir omis de faire quelque chose plus tôt), il est inutile de tourner en rond bien longtemps pour résoudre une énigme ou trouver la clé d’une porte improbable – même s’il faudra parfois sauvegarder plus que de raison, certes.

Chapeauté par Muriel Tramis (Production Manager), BARGON ATTACK est au final un bon petit jeu qui ravira les nostalgiques de l’époque Micro News mais décevra celles et ceux qui s’attendaient à une grande aventure. Pour finir sur une vraie mauvaise note, sachez que la version Amiga est vraiment décevante par rapport à son pendant PC : si les petites phases en FMV (impressionnantes pour l’époque) ont bien évidemment disparu, le problème majeur relève de la fluidité… le jeu rame en effet tout le temps ! Rien de rédhibitoire cependant, même si la phase d’arcade qui singe un shoot’em up risque de faire grincer bien des dents : on y joue au ralenti, à la manière d’un bullet time permanent… L’Amiga méritait mieux que ça.

Note :              Nostalgie :

BARGON ATTACK, adaptation d’une BD préalablement parue dans Micro News, est un point & click très sympa, qui respire les années 80/90. Pas très/trop compliqué, tout entier pensé autour d’un clic droit et d’un clic gauche, BARGON ATTACK propose une petite aventure moins intéressante que celles des meilleurs jeux du genre, mais pas avare en bonnes surprises pour autant. Dommage que les versions ST et Amiga aient été prises un peu à la légère par les programmeurs…

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

Les premières pages de la BD :
Page 1
Page 2

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