Gunhed (PC Engine, 1989)

GUNHED
Titre alternatif : Blazing Lazers
Année : 1989
Studio : Compile
Éditeur : Hudson Soft
Genre : Star Soldier fait son cinéma
Joué et testé sur PC Engine
Support : HuCard


En 2038, le monde est dirigé par les ordinateurs, dont les bras armés sont formés d’une multitude de robots surpuissants. L’humanité va basculer le jour où Chiron 5, le plus puissant des ordinateurs de la planète, décide de déclarer la guerre à la race humaine. C’est aux commandes de votre vaisseau hyper perfectionné que vous allez vous envoler pour débusquer l’ordinateur en question, et tenter de mettre fin à son règne sanglant. Pas la peine de chercher le bouton reset pour ça, quelques missiles et une force de frappe nucléaire devraient suffire.

L’histoire de GUNHED, le jeu, a été souvent commentée, discutée et parfois mal interprétée. Le détail qui ne fait aucun doute est que le jeu de Hudson Soft est bien rattaché au film GUNHED – obscur long métrage de science-fiction japonais sorti en 1989, réalisé par Harada Masato qui proposera, par la suite, quelques œuvres intéressantes (j’adore son INUGAMI). Mais si le jeu adapte un film, il ne fait donc pas partie de la série STAR SOLDIER ? Officiellement non, ça ne fait aucun doute. Officieusement, c’est une autre histoire. Le studio Compile, en charge du projet, améliore des concepts déjà vus dans ALESTE et livre un shoot’em up absolument dantesque pour l’époque… dont la plupart des trouvailles de gameplay seront reprises par un autre studio dans… SUPER STAR SOLDIER, la suite officielle (cette fois c’est bon !) de STAR SOLDIER. Je ne vais pas lister toutes les ressemblances entre GUNHED et SUPER STAR SOLDIER, puisque je risque de ne même pas atteindre le compte au jeu des 7 erreurs. La maniabilité (jusqu’à la possibilité de changer la vitesse du vaisseau), les nombreuses armes disponibles (presque identiques d’un jeu à l’autre), les pastilles à récupérer dont la sacrosainte et relativement rare pastille clignotante qui permet d’obtenir un respawn immédiat, le rythme, l’ambiance… le génie ! Oui tout semble rapprocher GUNHED et SUPER STAR SOLDIER. D’ailleurs la messe est dite pour le pape des shoot’em up : un ami de longue date ayant travaillé sur la Bible PC Engine a trouvé quelques informations sur le sujet. GUNHED aurait ainsi été tout d’abord pensé comme un SOLDIER, avant d’être rattaché un peu au dernier moment au film de la Toho – pour d’obscures raisons mercantiles j’imagine. Sur PC Engine, nous n’avons donc pas eu droit à une trilogie STAR SOLDIER sur HuCard, mais bien à une tétralogie !

GUNHED a par conséquent posé des bases extrêmement solides pour les jeux qui l’ont suivi. Je l’ai déjà dit mais son gameplay est sensationnel – et pas seulement pour l’époque : GUNHED est toujours aussi jouable aujourd’hui, plusieurs décennies après sa sortie ! Aucun ralentissement, ça bouge vite, certaines vagues ennemies arrivent de partout à toute vitesse tandis que d’autres, aux membres plus pesants, approchent plus nonchalamment – mais généralement elles gardent une mauvaise surprise cachée dans leur manche. Les niveaux sont nombreux, et assez longs, avec les traditionnels boss disposés à la moitié et à la fin des niveaux. Compile a réussi à varier les plaisirs en nous offrant des environnements assez diversifiés. Les différences dans la structure des niveaux ne sont pas uniquement cosmétiques, mais ont une incidence sur le gameplay, puisque le joueur ne procédera pas de la même manière dans des niveaux rapides, avec de nombreux petits ennemis mobiles, que dans d’autres passages avec moult tourelles et autres pièges statiques mais bel et bien mortels. Et que dire du niveau 8, qui nous plonge dans un drôle d’univers rempli de bulles – certaines destructibles ou au contraire invincibles, tandis que d’autres peuvent uniquement être rapetissées.

L’autre très gros point fort de GUNHED est son arsenal – qui sera en partie repris dans les trois STAR SOLDIER qui suivront. Tout doit être récupéré via des pastilles abandonnées par les ennemis vaincus. Quatre armes principales (I, II, III et IV) dont la puissance peut être augmentée petit à petit jusqu’à cinq fois. L’arme I me semble vraiment faiblarde, trop simple. La II (Wave) est extrêmement puissante et balaie bien l’écran. L’arme III est ma favorite (gros laser vraiment utile upgradé). La numéro IV est un peu particulière – il s’agit d’anneaux (boules ?) qui tournent autour de notre vaisseau. Dans ses premiers paliers, je la trouve vraiment faible. En plus de ces armes principales, le joueur dispose de quatre options, qui elles aussi peuvent être améliorées : F (augmente la puissance de votre arme principale), S (le shield, tellement important parfois), M (un module qui peut être doublé) et le H (homing missiles). Le choix qui s’offre au joueur est donc immense, et chacun fera selon son style, ses attentes, sa connaissance des niveaux. Sachez par exemple que l’arme IV ne paie pas de mine de prime abord, mais que montée au maximum avec l’option F, elle peut faire des dégâts considérables tout en vous protégeant dans un même mouvement ! Mais attention… car si vous vous faites toucher, vos améliorations (qui comptent aussi comme vos points de vie) fondent comme neige sous un soleil irradié… Pour ma part je ne jure que par les lasers (III) couplés soit aux homing missiles (vraiment rapides et efficaces une fois upgradés), soit au shield – importantissime si vous êtes, comme moi, un joueur qui relève plus du T-800 que du T-1000 !

Question difficulté, GUNHED est relativement abordable pour un shoot’em up de cette époque. On va même dire qu’il est plutôt facile durant ses cinq premiers niveaux, une fois que l’on a compris le mode de fonctionnement des armes – oui, oui : facile même pour un joueur coulé dans un T-800 (je ne me prononce pas sur le destin de celles et ceux qui auraient choisi C3PO). Ça se corse légèrement par la suite mais, encore une fois, quand on maîtrise l’arsenal et que l’on connaît un peu les niveaux, ça finit par passer – surtout que des smart-bombs sont également disponibles. Elles n’infligent pas des dégâts dans tout l’écran, mais c’est toujours ça de pris ! Le seul détail qui risque de faire rager certaines personnes, réside dans l’obligation de recommencer le niveau depuis le début à chaque mort… Mais rien de rédhibitoire pour autant. Car, tout d’abord, les continus sont infinis. Ensuite, il y a une astuce pour stocker plusieurs respawns immédiats en cas d’explosion fatale… de retour au stade fœtal – il faut dénicher des pastilles clignotantes. Ne passez pas à côté : vous risquez d’en avoir besoin durant le sprint final, un boss rush (je hais les boss rush), pas forcément très difficile puisque les boss en question sont très abordables. Mais se les taper à la suite, avec entre chaque duel des nuées d’ennemis qui font tout pour nous pourrir la vie, ça n’a rien d’évident au premier abord… Et en cas de game over, reprendre au début du niveau 9 sans aucune amélioration ni option (et encore moins de respawn en stock), ça n’a rien d’une partie de plaisir. Mieux vaut recommencer le jeu à zéro. À moins d’être un T-1000, bien évidemment.

Sur le fond, GUNHED ne souffre donc d’aucun défaut – hormis un petit manque d’équilibrage dans la difficulté ? Mais c’est un souci (relatif) présent dans presque tous les SOLDIER sur PC Engine. Sur la forme, il en va autrement. Bien sûr je chipote, mais les musiques ne proposent rien de particulièrement emballant – les notes du niveau 9 ont même fini par me taper sur le système. Graphiquement enfin, GUNHED est plutôt réussi pour un jeu de 1989, mais certains arrière-plans sont très pauvres. Tout cela sera amélioré dans les « suites », en particulier SUPER STAR SOLDIER et SOLDIER BLADE. Un SUPER STAR SOLDIER que je place d’ailleurs au-dessus de GUNHED. Si ces deux jeux fantastiques se valent sur bien des points, SUPER STAR SOLDIER propose des boss mieux équilibrés (ceux de GUNHED sont quand même faibles) et un emballage plus solide. GUNHED demeure un jeu incontournable sur PC Engine, et un shoot’em up majeur qui aura marqué son temps – et bien des générations…

Note : Nostalgie :

Malgré son grand âge, GUNHED ne relève aucunement de l’antiquité à ranger au musée pour la vénérer. Bien au contraire, le shoot’em up de Compile, qui a ouvert la voie au renouveau de la série STAR SOLDIER, se révèle toujours aussi jouissif, prenant et agréable plusieurs décennies après sa sortie. On pourra certes regretter la faiblesse des boss en général, mais sa prise en main, son rythme et la gestion des armes vraiment très intéressante en font un hit en puissance, qui procure un fun immédiat. 

Images : retrocaming / uvlist / Grospixels

Vidéo :

 

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