Super Star Soldier (PC Engine, 1990)

SUPER STAR SOLDIER
Année : 1990
Studio : Kaneko / Inter State
Éditeur : Hudson Soft
Genre : vraiment une super star
Joué et testé sur PC Engine
Support : HuCard


Quatre années après avoir été défait par le Caesar star fighter, l’organisation galactique Star Brain est de retour pour tenter d’asservir la Terre. Cette fois les envahisseurs n’ont rien laissé au hasard, puisqu’ils disposent d’une force de frappe phénoménale en la personne du Mother Brain, un vaisseau spatial impitoyable disposant des technologies les plus destructrices de la galaxie. Mais avant d’espérer faire exploser le Mother Brain aux quatre coins de la Voie lactée, le pilote d’élite aux commandes du Neo Caesar devra faire tomber les défenses ennemies une à une, et défier les monstres robotiques les plus fourbes qui soient : scorpion géant doté d’un dard nucléaire, vaisseau-mère sur le pied de guerre ou encore robot aux formes gargantuesques et aux poings destructeurs.
Aïe, Caesar !

Dans la famille des SOLDIER, je ne voudrais pas le père, ce glorieux ancêtre sorti sur Famicom, mais le fils ainé, premier d’une fratrie de trois garçons vifs et musclés ayant vu le jour, suivi de bien des nuits blanches, sur de jolies HuCards éditées pour la PC Engine – oui je mets GUNHED un peu à part, puisque officiellement il ne fait pas partie de la série. Officieusement, c’est une autre histoire… Le premier titre officiel de la série sur cette petite merveille de console s’intitule donc SUPER STAR SOLDIER – et franchement, le poids des ans n’a pas de prise sur lui. Au même titre que SOLDIER BLADE, on peut dire sans hésiter bien longtemps qu’il est tout aussi exceptionnel aujourd’hui qu’il le fut à sa sortie en 1990.

On retrouve dans SUPER STAR SOLDIER tout le savoir faire des Japonais en la matière – grise, tant tout cela est intelligemment ficelé. Techniquement le jeu est beau, les musiques particulièrement entrainantes et le gameplay ne souffre d’aucun défaut – hitbox aux petits oignons, patterns jamais aux fraises et joueur transi risquant de finir régulièrement dans les pommes : GUNHED est passé par là. Les armes principales, au nombre de quatre, sont presque toutes jouables et jouissives, avec ces pastilles de couleur à récupérer pour les sélectionner et ainsi augmenter leur puissance à mesure que vous les empilez – l’arme verte gonflée au maximum est destructrice en particulier contre les boss mais le gameplay change quelque peu par rapport au reste de l’arsenal. L’arme de base rouge demeure hyper efficace en toutes circonstances, tandis que la jaune (des flammes) me semble être la plus difficile à manier. Mieux : une arme secondaire peut également être récupérée et améliorée, toujours via des pastilles dédiées. Il s’agit de missiles téléguidés ou de petits modules pouvant servir de boucliers – le bouton I permet de les orienter comme on le souhaite. Une bonne idée qui amène beaucoup de rythme et de variété à nos joutes pixélisées.


C’est beau, des sables (é)mouvants…

Dernière chose concernant ces pastilles qui font définitivement office de couteau suisse intelligent : si vous récupérez une pastille de la couleur de votre arme, augmentée au maximum, cela déclenchera une smart-bomb. Mieux : à la manière de GUNHED, les améliorations accumulées font aussi office de points de vie – à chaque coup pris, on perd donc une amélioration et, bien évidemment, un petit souffle de vie. Enfin, les pastilles clignotantes sont particulièrement importantes : outre l’effet de smart-bomb qu’elles dégagent elles-aussi sur le champ, elles vous permettent d’engranger des checkpoints virtuels, à la GUNHED, encore une fois. Sachant que SUPER STAR SOLDIER est un jeu particulièrement retors (une mort et c’est le retour au début du niveau), vous serez bien content de disposer de quelques maigres respawns immédiats face à certains boss ou passages très sadiques. Gare à l’échec critique, la crise de nerfs carabinée… le suicide vidéoludique – aka ce satané ragequit !

Avec son arsenal varié et évolutif, des boss et des vagues ennemies bien pensés (ça arrive parfois de partout dans des mouvements circulaires et échancrés), SUPER STAR SOLDIER est un amour de shoot’em up, nerveux et généreux, dur mais presque toujours bien équilibré. Le design des niveaux verse aussi dans l’excellence, avec de magnifiques sables mouvants, des cavernes de cristal ou des lacs de lave au-dessus desquels il conviendra de se frayer/creuser un chemin, des passages plus rapides où il vous faudra presque slalomer entre les décors et autres semeurs de mort… Oui SUPER STAR SOLDIER croule sous les bonnes idées de game et de level designs ce qui, ajouté à son arsenal, son petit côté tactique et sa maniabilité sans faille en font tout simplement un grand shoot’em up. De ceux qui ne vieillissent pas – ou en tous les cas moins vite que les joueurs qui se sont usé les doigts dessus ! À mon sens, le jeu de Hudson Soft n’a qu’un seul défaut – récurrent dans bon nombre de shoot’em up de la même époque, la pire idée depuis les inventions de iTunes et des micro-transactions réunis : le boss rush avant l’affrontement final ! Ou quand les développeurs vous demandent de passer entre les mains expertes d’un bourreau avant d’avoir le droit de monter sur l’échafaud. Les fourches caudines avant la mélodie finale et assassine. J’ai toujours trouvé ce stratagème particulièrement injuste, pour ne pas dire odieux voire tout simplement fumeux. Et comme dans SUPER STAR SOLDIER le quatrième boss est très compliqué à battre (l’impression de jouer à la roulette russe avec un Uzi), le fait de devoir se le taper deux fois dont une durant un sprint final tendu comme les strings de Maria Whitaker et de Sabrina réunies relève de la pure folie – ou du sadisme froid et calculé du développeur de shooter japonais des années 80. Non mais sérieux quoi, bande de psychopathes !!! En gros, il est absolument impossible de terminer le jeu, de conclure sur un coup de chance ou à la Jean-Claude Dusse – sur un malentendu. Il vous faudra en effet maîtriser SUPER STAR SOLDIER de A à Z, en passant par C (comme « Caramba, encore raté ! »). Dans l’espace, dit-on, personne ne vous entendra crier ? Quel mensonge : demandez-donc à ma femme si je n’ai pas crisé !

Si on met ce problème de côté (pas évident pour les joueurs normalement constitués, mais imaginons), SUPER STAR SOLDIER mérite amplement son statut de pépite reconnue, sa statue de mètre étalon respecté – même des joueurs battus.

Note : Nostalgie :

J’ai longuement hésité avant de donner une double note finale à SUPER STAR SOLDIER. Le jeu est fabuleux, qu’il s’agisse de ses graphismes, de ses ennemis, de son level design, de ses scrollings, de son arsenal… La difficulté est également bien gérée les ¾ du temps avec une belle montée en puissance. Mais lors du dernier niveau, c’est le drame. Boss rush odieux entrecoupé de nuées d’ennemis… SUPER STAR SOLDIER referme alors violemment ses portes sur les doigts du joueur normalement constitué pour ne laisser passer que la crème des crèmes, l’élite du genre, adepte des joutes hardcores. On me répondra que ce n’est pas un défaut en soi, certes. Beaucoup de shoot’em up étaient un peu comme ça, à cette époque. Ça n’en reste pas moins quelque peu regrettable. SUPER STAR SOLDIER, sorte de GUNHED amélioré mais véritable suite de STAR SOLDIER (on retrouve même son boss récurrent), n’en demeure pas moins un grand shoot’em up, à mon sens le meilleur de la série sur PC Engine.

Images : redparsley / videogameden

 

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