Hyper Duel (Sega Saturn, 1996)

HYPER DUEL
Année : 1996
Studio : TechnoSoft
Éditeur : TechnoSoft
Genre : vaisseau spécial
Joué et testé sur Sega Saturn
Support : CD-ROM


La Terre est sous la menace d’une invasion extraterrestre. Des êtres difficilement identifiables, aux relents de robots organiques. Pour contrer cette attaque, les humains ont trois pilotes d’exception sous la main : Keith Spader, Lisa Rowling et le docteur B. Lloyd. Les intéressés sont en effet capables de piloter des Buster Gears, des vaisseaux très… spéciaux. Vifs et dotés d’une bonne force de frappe en mode « Fighter », les engins en question peuvent aussi se transformer en robot : le mode « armor ». Le Buster Gear devient alors plus lent mais son laser est plus maniable et surtout beaucoup plus destructeur.

Quand on joue à un jeu comme HYPER DUEL, on commence à croire aux miracles… On pourrait presque basculer vers Dieu. Devenir croyant. Me concernant c’est déjà fait. Et ma secte, c’est la religion cathodique. Je ne me tourne pas vers le Vatican pour prier, mais vers la mécha. Un robot géant, des grosses pétoires, des lasers qui fusent et les carlingues qui s’usent sous ce crachin interstellaire, ces rafales de plomb nucléaires. Car oui, HYPER DUEL rend un hommage appuyé aux méchas – et il le fait bien, si ce n’est mieux que les spécialistes du genre, comme MACROSS. Oui, oui, même l’excellent opus sur Super Famicom n’arrive pas à la cheville robotisée de HYPER DUEL.

Dans HYPER DUEL, donc, il est possible de transformer notre vaisseau spatial en mécha, d’une simple pression sur le bouton B. Le bouton A, lui, refait basculer en mode vaisseau. En appuyant simultanément sur A et B, on déclenche une attaque surpuissante qui balaie souvent une grosse partie de l’écran – attaque légèrement différente suivant le pilote que l’on incarne. Par exemple avec la jeune femme qui possède le vaisseau le plus rapide, l’attaque spéciale traverse tout, même les murs ! La jauge de l’attaque en question remonte petit à petit, ou plus rapidement après s’être saisi d’un bonus particulier (une lettre B). À noter que cette attaque spéciale se muera en super gros laser bien dense, lorsque vous serez en mode mécha : à ne pas négliger, notamment contre les boss. Le gameplay change donc du tout au tout par une simple pression sur les boutons A, ou B. On bascule ainsi du vaisseau au mécha en un battement de cils. Une brise assassine. Le vaisseau est bien évidemment plus rapide et le mécha, à la hitbox beaucoup plus risquée pour le joueur (mais invulnérable aux décors), est plus lent mais fait beaucoup plus mal aux adversaires : il peut tirer avec un énorme laser dans chacune des directions face à lui (à 45 degrés donc diagonales incluses) avec la possibilité de bloquer le flux dans une direction donnée (maintenir la gâchette droite appuyée dans le mode Saturn – impossible dans le mode Arcade, moins intéressant d’ailleurs car moins joli).

Chose extraordinaire : tout cela se fait de manière extrêmement simple, les commandes sont très intuitives. Le jeu est en effet très facile à prendre en main, et ce dès les premiers instants. Oui HYPER DUEL est un shoot’em up pour toutes, et tous : pour les joueurs du dimanche, peu enclins aux efforts soutenus et soucieux de prendre un plaisir immédiat, et pour les joueurs acharnés du reste de la semaine aussi, qui partiront à la recherche du 1CC puis du 1LC. La question est d’ailleurs posée : un shoot’em up trop facile peut-il être considéré comme un shoot’em up d’exception ? Oui à mon sens, si le plaisir est là, surtout que comme je l’ai déjà précisé, chaque joueur peut s’imposer ses propres restrictions. Mais d’autres risquent de lui refuser l’accès au panthéon des titres à faire et à refaire absolument – surtout que ses boss ne sont pas non plus particulièrement mémorables, certains courbant l’échine trop rapidement sous les coups de boutoir répétés du gros laser de notre mécha. Mais ces boss ont quand même de la gueule. J’entends par là qu’ils s’imbriquent parfaitement dans l’univers de HYPER DUEL, la plupart étant des robots de taille légèrement plus imposante que la nôtre. Un mano a mano mécanique à la fin de chaque niveau qui donne tout son sens, son huile de vidange, son sel au titre du jeu. Diabolique, mon ange ?

Malgré sa simplicité, vous finirez donc à coup sûr au septième ciel de HYPER DUEL. Furieux, incroyablement rythmé, doté de musiques magnifiques et de quelques jolis effets de mise en scène, HYPER DUEL procure des sensations inoubliables, aux inspirations spatiales fluidiques et ce dès le premier niveau, qui croule sous les vaisseaux et les scrollings parallax – magique. Et simple n’est aucunement synonyme de simpliste, n’en déplaise à certains élitistes. Si les armes sont ici réduites à leur portion congrue (une seule arme à augmenter avec des power-up), chacun des trois pilotes dispose d’un vaisseau/mécha propre : tir plus ou moins large ou concentré, voire très puissant mais… à la portée limitée – très difficile à manier selon moi, le mécha du docteur Lloyd poussera ainsi le joueur aguerri dans ses derniers retranchements : quasiment des corps-à-corps ! Durant la partie, il est également possible de jouer à deux en même temps, ou bien évidemment seul mais en récupérant, en chemin, des alliés particulièrement efficaces au combat : des petits vaisseaux ou des mini méchas, très costauds, qui s’en iront tristement après vous avoir prêté main forte, comme jetés à l’amer… Glorieux mais anonymes héros. Recyclables, et promis à l’Enfer.

Enfin, si le level design est moins poussé que dans les chefs d’œuvre de TechnoSoft que sont THUNDERFORCE III et IV par exemple, HYPER DUEL n’est pas avare en petites surprises de grande taille : ce vaisseau-mère qui aspecte tout autant le vide interstellaire que le sol constellé de pièges de la Terre en est la parfaite illustration. Un combat contre un vaisseau géant qui n’est pas sans rappeler celui de THUNDERFORCE III, tout comme ces ennemis humanoïdes qui viendront vous assaillir depuis leurs plateformes volantes. Un exemple parmi d’autres pour illustrer cette aventure trépidante : le jeu ne s’arrête en effet jamais, ne posez pas votre joypad à la fin d’un niveau et préparez-vous à enchaîner immédiatement avec le suivant !

J’adore HYPER DUEL… mais je suis peut-être un fan facile, car le jeu est court, et simple. Mais, et c’est aussi une (thunder)force : instantanément jouissif. Comme une éjaculation précoce ?

Note : Nostalgie :

HYPER DUEL est un jeu très facile à prendre en main et qui repose sur un concept cher à MACROSS : transformer sa navette en redoutable mécha ! Le tout se fait le plus simplement du monde, et on s’amuse comme un petit fou à voler vite et à slalomer entre les boulettes adverses, puis à basculer en mode mécha, avec un pilotage beaucoup moins souple mais une force de frappe redoutable – et à 45 degrés ! Relativement court et très facile (sauf avec Lloyd…), HYPER DUEL n’en demeure pas moins un coup de maître de la part des esthètes de TechnoSoft.

Images : Satakore

Vidéo :

 

A propos Oli

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