Ultracore (Megadrive, 2019)

ULTRACORE
Année : 2019
Studio : Digital Illusions / Softdistribution GmbH
Éditeur : Columbus Circle / Strictly Limited Games
Genre : le diable au hardcore
Joué et testé sur Megadrive
Support : cartouche


Soldat d’élite, vous avez toutes les peines du monde à réintégrer votre base : celle-ci a été littéralement décimée, et vous devrez enjamber de nombreux cadavres et détruire d’innombrables robots tueurs pour vous frayer un chemin dans ce dédale futuriste. Vous découvrirez bien vite qu’une invasion menace l’espèce humaine… et que le super ordinateur Vance est derrière toutes ces horreurs. Il vous faudra bien du courage, et beaucoup de malice, pour éviter les pièges que Vance a disséminés un peu partout, mais aussi pour mettre la main sur les nombreux secrets que recèle les bases que vous vous apprêtez à parcourir.

Annulé en 1995 sur Megadrive, ULTRACORE renait de ses cendres en 2019 sans pour autant trahir son héritage qui doit tant à la micro-informatique 16 bits (le jeu fut initialement prévu sur Amiga), aux frères du Bitmap et à des titres comme TURRICAN 1 et 2 bien plus qu’à la série CONTRA. Le jeu de Digital Illusions (DICE) ne coupe donc pas l’Ultracordon ombilical et assume ses origines – au risque de déplaire à un certain public, plus axé consoles et moins habitué à la relative rigidité de certains jeux micro. Mais les spécialistes du pixel me feront remarquer que les joueurs Megadrive, une plateforme privilégiée concernant les portages de jeux Amiga, étaient déjà bien habitués aux softs des Bitmap Brothers et de Psygnosis en particulier. Ça tombe bien, ULTRACORE, anciennement connu sous le titre HARDCORE, est un ancien projet de Psygnosis ! La boucle est bouclée. La chouette revêche est retombée sur ses pattes fourchues avec un joli cadeau accroché à ses griffes : ULTRACORE, jeu annulé et il y a peu encore, oublié, qui ressort aujourd’hui sur tout un tas de machines et même en boîte et en cartouches crachées depuis son canon scié, sur la console rêvée. La Sega Megadrive.

Mélange d’action frénétique et de plateforme parfois sadique, ULTRACORE se joue peu ou prou comme un TURRICAN mais il a la bonne idée de proposer plusieurs maniabilités différentes – honnêtement je préfère de loin la “Free-B” qui, une fois maîtrisée, vous permettra de tirer en courant, en sautant, de bloquer le tir dans une direction donnée voire de reculer tout en aspergeant vos adversaires de plombs, de lasers, de rockets et de tout un tas d’autres joyeusetés. Il est effectivement possible de récupérer pas mal d’armes différentes mais, hélas, leurs minutions sont limitées. On privilégie donc souvent la mitraillette originelle qu’il est inutile de recharger… au détriment d’un arsenal plus varié que l’on mettra de côté pour les combats de boss – qui peuvent s’avérer particulièrement violents. Cette gestion drastique et stratégique des armes n’est pas un mal en soi, mais il ajoute une once de difficulté à un jeu qui n’est déjà pas évident de base : continus limités, énergie largement entamée même par les petits ennemis, les vies qui disparaissent en un clin d’œil plein de larmes sur un saut foiré, les niveaux à terminer dans un temps imparti (une fausse bonne idée, obsolète ?), ces pièges retors qui ont la malice de se renouveler – une bonne chose, sauf quand notre nombre de vies a pris l’habitude de fondre comme neige au soleil irradié.

Le jeu est donc assez difficile, et exigeant. Impossible de foncer tête baissée et de canarder au jugé. Il vous faudra connaitre les ennemis, leurs routines, sacrifier un peu de votre temps si précieux pour dénicher des secrets d’une importance capitale (vies, améliorations, pièces à dépenser dans des magasins) et tomber une première fois dans un piège fatal pour trouver le moyen de le passer plus efficacement la fois suivante. N’hésitez pas à recommencer le jeu à plusieurs reprises pour vous familiariser avec ses mécaniques, et ainsi économiser de nombreuses ressources avant d’affronter le dernier chapitre particulièrement long et à la difficulté relevée – spéciale dédicace au double affrontement final qui semble ne jamais devoir se terminer ! L’agencement des niveaux n’est pas non plus si simple à appréhender, et il n’est pas rare de s’y casser les dents/les genoux/le crâne lors d’un premier run. Les niveaux en question sont superbement bien pensés, assez longs avec une progression intelligente (trouver des cartes magnétiques, hacker des ordinateurs, poser des bombes…), des passages secrets ingénieux et des pièges très variés… Mais ce level design est aussi beau, riche et malin que machiavélique et assassin. Du coup, on se dit qu’avec de tels level et game designs, des continus infinis n’auraient pas été du luxe… Malgré un subtil système de mots de passe, vraiment salvateur, ULTRACORE a donc impitoyablement choisi son camp, et ce n’est pas un défaut en soi : c’est assumé, jusque dans son titre originel… Vous vous en souvenez ? Oui : HARDCORE !

Si vous n’êtes pas allergique aux jeux difficiles et que vous avez la fibre rétro micro 16 bits, aussi bien sonore que graphique, vous tomberez immanquablement sous les balles ennemies mais surtout sous le charme de ce jeu en or. Beau, maniable et tellement généreux. En un mot : ULTRACORE !

Note : Nostalgie :

Digital Illusions, désormais connu et reconnu sous le nom DICE (MIRROR’S EDGE, BATTLEFIELD…) fut auparavant vénéré par les jeunes des années 90 pour des jeux comme PINBALL DREAMS et PINBALL FANTASIES – absolument mythiques. Leur projet de TURRICAN-like intitulé HARDCORE fut annulé en 1994 alors qu’il était, dit-on, terminé à 99%. Un peu comme COOLY SKUNK, prévu lui sur Super Famicom mais qui disparut de la circulation en raison de l’émergence d’une toute nouvelle génération de consoles – PlayStation en tête. Mais là où COOLY SKUNK eut la chance de se faufiler malgré tout sur la machine de Sony avec beaucoup de malice, HARDCORE ne connut que le triste sort du placard. De l’oubli. Des abysses. Une injustice aujourd’hui réparée grâce au travail de plusieurs passionnés : ce jeu aux origines très micro 16 bits (il aurait dû sortir sur Amiga et Megadrive) arrive donc enfin, en 2019 – non sans avoir connu quelques coupes, dont la disparition des phases de shoot’em up en vue zénithale (pour l’explication que l’on m’a donnée, cliquez ici). Désormais intitulé ULTRACORE, il propose une aventure de haut vol… Que dis-je : une épopée, une odyssée… une véritable fessée si vous n’êtes pas courageux et persévérant car le jeu est assez difficile. Graphiquement magnifique, doté de musiques sublimes, d’une maniabilité sans faille (un brin rigide pour les non initiés), d’un level design fabuleux avec des tas de feintes, d’armes, de passages secrets incroyables et de pièges parfois uniques, ULTRACORE est un véritable bijou qui, je pense, serait aujourd’hui complètement culte s’il était sorti comme prévu en 1994…

Images : éditeur. Attention d’ailleurs. Des différences sont notables avec ma version (japonaise pour Megadrive). Les upgrades n’apparaissent pas en haut à droite dans ces images, par exemple, alors que chez moi, si. Quelques différences également avec le jeu sur Mega SG, jusqu’à des secrets qui diffèrent légèrement…

Vidéo de gameplay :

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A propos Oli

Mon blog dédié aux jeux vidéo, principalement rétro : https://jeux.dokokade.net/ Mon blog dédié au cinéma japonais : https://echecetcinemat.wordpress.com/
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