Valfaris (PlayStation 4, 2019)

VALFARIS
Année : 2019
Studio : Steel Mantis
Éditeur : Merge Games
Genre : Symphony of Destruction
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


La forteresse de Valfaris, qui avait mystérieusement disparu, est réapparue aux confins de l’univers, en orbite autour d’un soleil mourant. Autrefois havre de paix, la gigantesque forteresse est aujourd’hui devenue le repère du malin. Vroll. Une force obscure, et démesurée, qui semble croître à mesure que les espoirs de la galaxie s’amenuisent. Therion, un guerrier émérite et descendant de Valfaris, s’apprête à poser son vaisseau près du lieu maudit. Mais pour libérer la forteresse, il lui faudra terrasser plus d’un monstre ventru… et tordre le cou à son destin ?

Dans l’espace dit-on, personne ne vous entendra crier ? C’est sans doute vrai. Sauf si vous criez de joie !

Quelques années après un SLAIN tonitruant, le développeur Andrew Gilmour récidive avec VALFARIS – dans la même veine jugulaire que le titre précédent, mais qui abandonne l’ambiance médiévale pour l’odyssée spatiale. Andrew Gilmour, c’est ce vétéran que l’on retrouve dans les crédits de vieux jeux 16 bits (les graphismes d’AMERICAN GLADIATORS sur Super Nintendo, c’était déjà lui), et aussi cet amateur de métal qui ne s’est jamais renié. Ce n’est pas pour rien que l’on retrouve dans ses derniers jeux à la fois du pixel de compétition de l’ère 16 bits (mais du pixel magnifié) et des musiques aux accents métal très prononcés.

En passant de SLAIN à VALFARIS, soit du pure beat’em all au run & gun, Andrew Gilmour semble avoir écouté ses fans et a ainsi corrigé deux choses. La première, les boss. Dans VALFARIS ils sont encore plus nombreux, extrêmement variés et plus réussis (le boss final de SLAIN avait laissé un goût amer dans la bouche de plus d’un joueur). La seconde, ce sont les armes. Dans SLAIN, on ne disposait que d’un glaive (et de magie, certes). Eh bien dans VALFARIS, on croule littéralement sous les cartouches, les canons sciés, les lasers, les haches, les pistolets du futur aux effets improbables. On se sait plus où donner de la tête (si possible pas sur le billot). De partout ça explose, ça gicle, ça pète ! L’arsenal est tout simplement hallucinant, et utile. Toutes les armes semblent être jouables et mieux : on peut en transporter trois à la fois. Une arme à feu « classique », une autre plus puissante mais qui nécessite de l’énergie (jauge en haut à gauche), et une arme blanche – rougie, verdie, bleuie selon la couleur du sang versée par vos ennemis. Ces armes de corps-à-corps (épées, haches et autres joyeusetés) ne sont d’ailleurs pas là pour décorer : elles font très mal, même contre les boss. Détail amusant : l’une des épées que vous trouverez en chemin devrait vous rappeler au bon souvenir de SLAIN… Eh oui, une théorie que j’avais échafaudée il y a quelque temps a donc fini par se vérifier : le personnage principal de SLAIN était davantage l’épée que son porteur ! Les deux jeux appartiennent bien, par conséquent, au même univers !

La foultitude d’armes en tous genres est une bonne chose – même s’il faut les chercher, disséminées çà et là dans les niveaux. Mais l’absence de newgame+ à la fin de l’aventure avait hélas transformé VALFARIS en douce torture… La corne d’abondance fantasmée au début se muait alors en véritable supplice de Tantale ! Même si VALFARIS est long (un peu moins de 10 heures pour mon premier run), au lancement du jeu il était impossible de profiter de tous ces jouets excentriques comme on le voulait, voire tout simplement de les améliorer, tant les modules pour le faire étaient rares. Sadique, VALFARIS ? À mon sens, oui. Proposer autant d’armes et ne pas permettre au joueur d’en profiter pleinement, de bourriner, de les améliorer durant un newgame+ était une erreur… désormais réparée ! Le jeu a finalement été mis à jour en février 2020 – quelques semaines après Noël, le roi MAJ est passé – ajoutant donc ce newgame+ tant désiré. Mais le vrai défaut qui revient souvent, quand on cause de VALFARIS, concerne sa difficulté. J’avoue ne pas bien comprendre… Certes VALFARIS est très difficile à plusieurs reprises (2 ou 3 situations très chaudes, dont une sur un ascenseur – pour l’échafaud ?). Mais quand même : il n’y a pas de game over possible, des checkpoints en veux-tu en voilà tu en reprendras bien, la possibilité de changer d’arme au checkpoint justement (et donc d’adapter son arsenal au boss retors si on bloque plus que de raison), bref : ces cris d’orfraie me laissent de marbre. Oubliez la Megadeth. Pour les habitués du genre, VALFARIS n’est pas si dur, il propose un challenge relevé à certains endroits mais pas de quoi vous mettre la tête à l’envers. Attention néanmoins : si vous optez pour le newgame+, vous acceptez également la difficulté suprême et létale… à savoir le Full Metal Mode ! Préparez-vous à ramasser vos dents et à décéder en poussant plus d’un râle...

Sur le fond, VALFARIS est un vrai run and gun : on passe son temps à courir et à tirer, bien évidemment dans toutes les directions avec la possibilité de bloquer la rafale de laser/de balles/d’ectoplasmes (oui on balance des trucs louches parfois) dans une direction donnée. Le tout est saupoudré d’une pincée de plateforme, de grimpette et d’un zeste de beat’em all (l’arme de corps-à-corps est vraiment utile, parade parfaite et contre rapide, assassins). Les joutes effrénées qui attendent le joueur sont, de plus, exécutées avec classe, et finesse. Seek and Destroy ? Pas seulement : bourriner sans réfléchir ne vous permettra pas de survivre aux situations les plus inextricables du jeu, notamment lorsque vous croulerez sous les ennemis, voire les boss ! Certaines séquences modifient aussi drastiquement le gameplay mais je préfère ne pas entrer aussi loin dans les détails que je l’ai fait dans les plaies de mes ennemis, pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Mais si VALFARIS est un vrai run and gun, il n’en copie pas pour autant les cadors du genre. Le jeu d’Andrew Gilmour n’est en aucun cas un clone de CONTRA et encore moins une suite officieuse à METAL SLUG. Avec ses lasers destructeurs et sa rage dévastatrice, VALFARIS trace/creuse/atomise son propre chemin. Le jeu a une âme, un style propres – même si quelques armes renvoient à certains classiques, par exemple à TURRICAN. Mais ici pas de glissade ni de saut très ample, et bien sûr pas de double saut. Le jeu peut paraître rugueux au premier abord, mais c’est un choix délibéré de game design. L’accent est mis sur les armes, leurs améliorations, l’importance du corps-à-corps et la parade – qui peut aussi servir de contre.

Si vous correspondez au profil de joueurs ciblé par VALFARIS, vous allez fondre comme un extraterrestre victime de votre rage nucléaire. Tout d’abord le jeu est magnifique : à l’instar de SLAIN, VALFARIS est un jeu d’une beauté diabolique sur grand écran. De véritables tableaux néo-rétro qui fourmillent de détails, grouillent d’animations sublimes dont les racines acides remontent plusieurs décennies en arrière. Mon téléviseur généralement livide qui saigne ici des pixels. Mon cœur qui s’emballe. Des larmes de joie, je crois. Le gameplay et le level design répondent aussi présent, se permettant même de faire preuve d’une richesse assez dingue pour un jeu de ce genre : des armes à foison, des niveaux à la pelle, des secrets, des boss variés et mémorables… C’est fou. Sadique. Enragé. Inoubliable ?

Note :

VALFARIS est un run and gun surpuissant et original – il ne s’agit pas d’un clone de METAL SLUG ou de CONTRA (le génial BLAZING CHROME a su très bien faire cela). VALFARIS, c’est VALFARIS ! Avec ses armes innombrables, le corps-à-corps qui n’est pas à négliger, un petit aspect tactique pour le crowd-control, des secrets, une aventure longue, hyper rythmée, peuplée de boss mémorables et variés… VALFARIS trace sa propre route. Cerise sur le gâteau de pixels ensanglantés : le jeu d’Andrew Gilmour, qui récidive après le superbe SLAIN, est graphiquement magnifique. Immanquable pour les aficionados des jeux néo-rétro.

Images : éditeur

Trailer :

 

 

 

A propos Oli

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