Strider (Amiga, 1989)

STRIDER
Année : 1989
Studio : Tiertex
Éditeur : U.S. Gold
Genre : Moscou d’état
Joué et testé sur Amiga
Support : disquette


A.D. 2048. Le Grandmaster règne d’une faucille, d’un marteau et d’une main de fer sur l’Empire soviétique. Dictature communiste enneigée, loups enragés, robots gigantesques et soldats dévoués pour la protéger. Seul un ninja intrépide, agile et disposant de technologies de pointe semble capable d’atteindre le foyer surprotégé où vit, reculé, le Grandmaster. Les Striders décident donc d’envoyer leur meilleur élément. Armé d’une lame tranchante comme un laser et de bots qu’il pourra récupérer en chemin, le jeune assassin se lance, seul, à l’assaut de l’armée rouge.

Je ne connais pas les conditions de travail exactes des employés du studio Tiertex à l’époque, aussi je serais bien gêné de les couvrir d’opprobre… Oui j’ai la flemme de les descendre en flammes. Malgré tout, le résultat est là – et déjà dans les années 80, les jeunes joueurs n’étaient pas dupes : il y avait bien une petite odeur qui accompagnait chaque ouverture de la boîte d’un jeu développé par Tiertex. Une odeur de moisi ? C’était encore plus vrai sur micro-ordinateurs (sur consoles 16 bits Tiertex connut quelques succès) avec des portages assez catastrophiques de hits de l’arcade : STREET FIGHTER et HUMAN KILLING MACHINE (sa suite officieuse), DYNASTY WARS… et STRIDER. Ce dernier a une importance toute particulière pour moi : si mes souvenirs sont exacts, il s’agit de la première disquette que j’ai insérée dans mon Amiga 500 flambant neuf. Et je ne l’ai pas regretté ! Enfin pas immédiatement…

Le jeu nous accueille en effet avec un joli écran titre, une musique originale absolument fabuleuse (je la faisais tourner en boucle) et une voix digitalisée relativement effrayante : «you dare fight me?!?». Pour moi qui venais de l’Amstrad CPC, c’était tout simplement divin. La partie commençait alors : musique de la borne d’arcade qui se superpose élégamment à quelques sons réussis (hélas toujours les mêmes, parfois la musique s’arrête aussi…), et notre héros qui frappe, se baisse, glisse, s’agrippe et tranche dans le vif – du sujet et des ennemis, surtout ! Mon manque de recul à l’époque m’avait permis de passer de bons moments, sur ce jeu. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, dit-on – encore plus vrai quand les pontes d’U.S. Gold vous crachent à la figure et donc dans les yeux. Mais le jeu de Tiertex n’a pas régné bien longtemps dans mon petit panthéon vidéoludique. Rapidement, je me rendis compte qu’il était possible de faire mieux, beaucoup mieux sur un Amiga 500 : OCEAN BEACH VOLLEY, OPERATION THUNDERBOLT, THE UNTOUCHABLES… Des jeux que j’avais achetés plus ou moins au même moment, et que j’ai donc pu comparer avec objectivité, les yeux grands fermés… euh ouverts !

Qu’est-ce qui cloche, dans STRIDER sur Amiga ? Tout d’abord la fenêtre de jeu est rétrécie, pour optimiser les ressources j’imagine. Mais alors, euh… eh bien ça n’a pas marché, car notre virevoltant héros se traine littéralement, dans le jeu de Tiertex. L’animation est leeeeente, c’est tout simplement affreux et c’était une constante dans les produits Tiertex de l’époque. On se croirait en mode bullet time permanent. La maniabilité s’en ressent, inévitablement. Ajoutez à cela des bugs, des passages de l’arcade passés à la trappe (dont le boss final, un détail) et vous obtenez une conversion assez bancale d’un hit qui, la Megadrive l’avait pourtant prouvé avec classe, pouvait parfaitement être adapté sur 16 bits.

La suite des mésaventures du héros au sabre ? Ce n’est pas uniquement sur PlayStation avec STRIDER 2 que cela va se passer, mais aussi sur Amiga, avec STRIDER II (en chiffres romains, comme la galère – romaine !). Non ce n’est pas une blague graveleuse de TierTex Avery : le studio britannique a bien programmé une suite jamais sortie au Japon (couvrez ce sein que je ne saurais voir…), commandée par les pontes peu scrupuleux d’U.S. Gold – à mon sens bien plus critiquables que les employés de Tiertex, que je devine simples exécutants dans ces tristes affaires de gros sous…

Note :    Nostalgie :

Si STRIDER m’avait beaucoup amusé sur Amiga à l’époque de sa sortie, c’est aussi parce que je manquais de recul et que je savais me contenter de peu. Mais après quelques mois à faire tourner mon Amiga avec tout un tas de jeux dantesques, je me suis bien évidemment rendu compte que le portage de STRIDER n’avait rien d’un mètre-étalon du genre – n’en déplaise aux magazines de la fin des années 80 qui avaient, pour la plupart, crié au chef d’œuvre digne de la borne d’arcade (on se marche sur la tête – n’essayez pas ça fait mal). Fenêtre riquiqui, animation saccadée d’une lenteur abominable et des passages entiers de l’arcade absents sur Amiga… Difficile à avaler, encore plus aujourd’hui quand on connait la qualité du portage sur Megadrive.

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

5 réflexions au sujet de “Strider (Amiga, 1989)”

    • Un remaster ? Je n’étais pas au courant. Je vais aller voir ça !

      [edit] mais tu parles du nouveau STRIDER de 2014 non ? Le tout nouveau jeu avec une touche de metroidvania ? Je l’ai sur PS3. 😉 Mais je ne l’ai pas encore terminé.

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      • Oui c’est celui-ci ! Tu as raison il est bien revisité mais j’en garde un très bon souvenir et l’essence originelle du Strider est bien présente je trouve…

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  1. Ça pique les yeux et cette fenêtre de jeu riquiqui … et dire que le pire c’est l’animation et la jouabilité qui en découle …

    Mais je te comprend , je me rappelle mes premiers jeux master system et comme toi , ne connaissant rien d’autres à l’époque j’ai du faire avec. 😀 (Altered beast et Ghostbusters pour pas les citer … et en 50hz !!)

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