Strider Hiryû (PlayStation 3, 2014)

STRIDER HIRYÛ
Titre alternatif : Strider
Année : 2014
Studio : Double Helix Games / Capcom
Éditeur : Capcom
Genre : Helixir de jouvence
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray

Le monde ne cesse de plier, victime de la poigne du leader suprême Grandmaster Meio, qui vit reculé à Kazakh City, entouré et protégé par une véritable armée de robots, de monstres et de soldats dévoués. L’énigmatique organisation Strider envoie son meilleur assassin, Strider Hiryû, afin de mettre un terme au joug totalitaire de Grandmaster Meio. Armé de son sabre à plasma, Strider Hiryû pourra également compter sur des bots à la technologie très avancée afin de progresser le plus loin possible au sein d’une mégapole tentaculaire regorgeant de pièges… et de secrets improbables.

J’arrive après la guerre – des étoiles dans les yeux. Oui, il m’a fallu du temps pour me pencher sur ce STRIDER sorti initialement en 2014. Un premier contact pas très concluant à l’époque (partie commencée en normal, je n’avais pas trop adhéré), et près de six années plus tard quelques amis joueurs qui auront finalement réussi à me faire replonger. Six années… Que s’est-il passé durant ce laps de temps dans le petit monde des jeux vidéo ? Eh bien l’exploitation de la Ouya s’est terminée dans l’indifférence générale, Suzuki Yû a pu sortir son troisième SHENMUE, je suis enfin parvenu à finir tous les SOLDIER sur PC Engine, la Nintendo Switch est venue, elle a vu, elle a vaincu et Double Helix Games, studio à l’origine du nouveau STRIDER, a souhaité imiter la Wii U… en disparaissant dans une soudaine mais sublime combustion spontanée : oui, ils ont été rachetés par Amazon et ont intégré les Amazon Game Studios ! J’espère que le chèque était conséquent, parce que depuis Amazon n’a pas sorti grand-chose, a licencié de nombreux employés en juin 2019 et annulé moult projets. STRIDER, malgré son ambiance russe, ne réinterprète donc pas le lac des cygnes… mais plutôt son chant. RIP Double Helix.

Mai 2020. J’ai donc relancé la machine, réinséré mon Blu-ray dans son lecteur mais, cette fois-ci, en prenant soin de ravaler ma fierté et de jouer… en easy. Dans un jeu de ce genre, avec de l’exploration et des ennemis qui respawnent à chaque coin de passerelle surplombant le vide, je préfère ne pas exagérément stresser – d’ailleurs je trouve ça un peu étrange, un choix de difficulté relevé dans un metroidvania. Car oui ! Cette relecture d’un hit de l’arcade des années 80 a été repensé avec une grosse dose de metroidvania – Double Helix a donc craqué et plié face à la mode ambiante : voilà donc ENCORE un metroidvania. Mais à la rigueur… pourquoi pas ? Les multiples capacités du Strider, ses sauts fantastiques, sa propension à escalader tout et n’importe quoi… Finalement ça se prête plutôt bien au genre.

Ce que j’ai préféré, dans STRIDER, c’est la réécriture intelligente d’un mythe : musiques minimalistes sublimes rappelant ponctuellement les mélodies assassines de la borde d’arcade, ennemis et boss de l’époque ici fort bien revisités, atmosphère soviétique dystopique extrêmement bien respectée au point d’en être sublimée et gameplay des années 80 repris avec amour en étant amélioré, voire ingénieusement modifié puisque tout est là, ou presque : la glissade, l’escalade, le double saut (STRIDER 2), les bots, le niveau dans le ciel, les passages qui se jouent de la gravité, le dragon, le gorille mécanique, etc. Un vrai délice de fan.

Le jeu répond magnifiquement, et il est beau – la caméra zoome parfois intelligemment sur l’action, pour au contraire parfois reculer et ainsi proposer des plans larges absolument splendides. STRIDER procure un plaisir intense, qu’il s’agisse des phases de plateforme ou des combats, extrêmement nerveux et souvent aériens. Néanmoins, et là c’est le vieux Schtroumpf Grognon qui parle, le metroidvania est loin d’être mon genre vidéoludique préféré. Sur la fin, j’ai ainsi trouvé l’aventure un peu longue (environ 7 heures pour ma première partie) et la progression un brin artificielle – plasma violet pour ouvrir les portes violettes, plasma bleu pour ouvrir les portes bleues et détruire les boucliers bleus, etc. Mouais. En gros au bout de 7 heures, j’avais vraiment envie de passer à autre chose. Si STRIDER est définitivement un bon voire un très bon jeu, réinterprétant avec une intelligence rare les thèmes et les mécaniques d’un ancien hit, je ne peux m’empêcher de bougonner. C’est bien évidemment éminemment subjectif, mais j’aurais sans doute préféré un jeu similaire expurgé de l’aspect metroidvania, moins redondant et se focalisant sur l’action et la plateforme. Là où le choix entre plusieurs difficultés dont une vraiment corsée aurait fait sens.

Note :

Je ne suis peut-être pas le meilleur client pour apprécier ce STRIDER à sa juste valeur – il m’arrive de m’ennuyer sur certains jeux de type metroidvania. J’ai ainsi trouvé la fin de l’aventure un peu redondante, et longue. Malgré tout, il faut rendre hommage à Capcom et à Double Helix pour avoir su rendre un vibrant hommage à un vieux hit de l’arcade, sans pour autant le dénaturer, altérer sa substantifique moelle. Un joli jeu, une belle aventure.

Images : éditeur

Trailer :

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