Body Blows (Amiga, 1994)

BODY BLOWS
Titre alternatif officieux : Body Blows AGA
Année : 1994
Studio : Team17
Éditeur : Team17
Genre : correction
Joué et testé sur Amiga 1200
Support : disquettes


« The Fight of your Life ! » Le ton est donné : préparez-vous à lutter pour devenir le meilleur combattant au monde. Dix challengers aux profils bien différents vont se défier : le ninja fourbe qui peut devenir invisible, Maria aussi élastique que ses coups de pied piquent, Kossak qui est hyper résistant et qui peut disparaitre dans le sol, ou encore Dug, gros lutteur qui est capable de faire trembler le sol et donc d’envoyer ses adversaires directement au tapis ! D’autres héros tenteront de tirer leur épingle du jeu : Nik et Dan, deux frères venus des États-Unis et ayant appris à maîtriser leur énergie pour en faire des projectiles létaux, Junior, un boxeur anglais mais ignorant tout du célèbre flegme britannique – il a été banni des circuits de boxe. Ou encore le redoutable Loray, le très vif moine shaolin… Qui parviendra à se défaire de ses adversaires, pour avoir le redoutable privilège de défier Max, le guerrier aussi solide qu’une carcasse de robot ?!

Résumé des épisodes précédents : originellement sorti en 1993, BODY BLOWS sur Amiga avait été encensé par la presse européenne malgré un gameplay rigide et des défauts criants de game design – le boss final par exemple, était absolument imbattable dans le temps imparti. Quelques mois plus tard, Team17 a mis sur le marché une « upgrade disk », ou mise à jour via disquette, qui corrigeait les problèmes les plus rédhibitoires de la bête – tout du moins en Grande-Bretagne, où il était nécessaire d’envoyer par courrier sa disquette de lancement (boot disk) accompagnée de plusieurs livres sterling pour, ensuite, recevoir le sésame tant espéré. J’ignore si cela avait été possible en France… mais une chose est sûre : ça aurait dû être proposé gratuitement ! Une version encore enrichie de BODY BLOWS vit le jour sur Amiga AGA (Amiga 1200, etc.) en 1994 cette fois… et à en juger par toutes les améliorations qui y figurent, on peut légitimement penser que Team17 avait mis, en 1993, un jeu bien mal fini sur le marché…

Alors déjà, BODY BLOWS 94 sur Amiga 1200 est plus beau (décors, sprites, ombres…), plus vif, plus rapide que BODY BLOWS 93 sur Amiga 500 – mais c’est plutôt logique, le mérite en revient aux puces AGA. Mais il a surtout été amélioré sur le fond : avec ses trois difficultés sélectionnables, dix personnages jouables au lieu de quatre et tout un tas d’options paramétrables (nombre de rounds, temps, etc.), le jeu est enfin… amusant ! Certes il se fait toujours écrabouiller par le petit orteil de STREET FIGHTER II sur Super Famicom, sorti quelques années plus tôt, et certes il est toujours miné par des soucis de précision et de hitbox mais… pour un jeu de VS Fighting sur micro, BODY BLOWS divertit et c’est déjà pas si mal.

Avec sa difficulté revue à la baisse, son boss final remanié (jusque dans ses patterns) et qui peut enfin être vaincu, BODY BLOWS se révèle fichtrement sympa. Les coups spéciaux sortent également mieux, et plus vite. Par exemple la boule d’énergie, qui nécessitait de laisser le bouton fire enfoncé pendant de longues secondes en 1993, sort ici avec plus de soudaineté – bonne idée : il faudra appuyer plus longtemps si on abuse de cette technique. Il en va de même pour l’importantissime Deflector Bolt de Nik et les semblants de Shoryuken et de Hurricane Kick : ça gicle un peu mieux, on prend un peu plus de plaisir à les lâcher. Oui, Team17 semble avoir fait le maximum pour tirer parti des médiocres joysticks de l’Amiga – je dis « médiocre » en comparaison des joypads de la Super Famicom, parce qu’avec un seul bouton, tout de suite, on se dit que les possibilités sont très, très limitées en matière d’arcade… Ici, on usera et abusera donc des diagonales, des sauts peu intuitifs et de l’unique bouton d’action mis à notre disposition. Oubliez donc les combos, les manip’ de la-mort-qui-tue, les projections et autres joyeusetés. Team17 a quand même fourni pas mal d’efforts, il faut le préciser : désormais les différents protagonistes peuvent être étourdis, on note même des mouvements supplémentaires pour certains adversaires qui sont tous, à l’exception peut-être de Yitu, plus abordables : Kossak encaisse moins bien, Dug le catcheur fafelu aux coups farfelus abuse moins de son coup spécial qui faisait trembler l’écran, etc. Vous pouvez par conséquent souffler un ouf de soulagement : le jeu est enfin amusant !

BODY BLOWS a donc connu plusieurs jeunesses, quelques enterrements, des gueules de bois et une ou deux résurrections ! Récapitulons : BODY BLOWS voit le jour en 1993 sur Amiga. Bien accueilli par la presse mais décourageant à plus d’un titre, il fut possible de le modifier quelques mois plus tard avec une disquette de mise à jour. Ça fait déjà deux versions du jeu. Ajoutez-en une troisième, puisqu’en 1994 Team17 a ressorti BODY BLOWS avec la mise à jour intégrée pour les Amiga AGA (c’est la version que j’ai testée aujourd’hui). 1994 vit aussi l’arrivée de BODY BLOWS GALACTIC (une mouture Amiga 500 et une mouture AGA) puis de la version finale de ce jeu cloné de nombreuses fois en à peine quelques mois : ULTIMATE BODY BLOWS pour PC et Amiga CD32. En somme, Team17 nous a concocté plusieurs jeux épiques dans un temps très rapproché pour faire les poches des joueurs, un brin usés. Tragique ? Pas très morales, en tous les cas, ces méthodes dignes d’un sardanapale…

En conclusion, on pourra donc dire de ce BODY BLOWS sauce AGA qu’il n’éclabousse pas les consoles 16 bits de son talent, mais qu’il ne se couvre pas de ridicule pour autant. Il s’agit même peut-être de l’un des meilleurs jeux du genre sur micro-ordinateur, devant le sympathique FULL CONTACT du même éditeur et MORTAL KOMBAT (qui fut assez bien converti), mais loin derrière BARBARIAN et l’indétrônable IK+, plus fun et beaucoup moins obnubilés par l’idée de faire comme les Japonais pour les battre à leur propre jeu – vidéo.

Note :    Nostalgie :

Ne vous méprenez pas lorsque je dis que BODY BLOWS version Amiga AGA est un très bon jeu : il n’a aucun intérêt comparé à d’autres titres du même genre sortis sur Super Famicom et Megadrive – même sans aller jusqu’à le comparer à STREET FIGHTER II, les jeux de VS Fighting mineurs développés pour ces consoles lui sont supérieurs de la tête, du coup de pied et des épaules. Mais pour un jeu de ce genre sur micro, BODY BLOWS AGA est vraiment très sympa, et fait oublier la version de 1993 qui fut, à mon sens, sortie à la va-vite et complètement bâclée.

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

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