Full Contact (Amiga, 1991)

FULL CONTACT
Année : 1991
Studio : Team7
Éditeur : Team17
Genre : un karatéka qui a du chien
Joué et testé sur Amiga 500
Support : disquettes


Pour une raison que vous avez toujours ignorée, votre père a provoqué la colère des triades, il y a de cela bien des années… C’est votre famille entière, qui fut alors mise à mort par ces terribles criminels. Par chance, vous êtes parvenu à vous enfuir, et un moine vous a recueilli dans un monastère isolé. Là, à l’abri des yeux et des cruautés du monde extérieur, il vous a appris les arts du combat. Afin de ne plus jamais avoir à courber l’échine ? Le destin en décidera autrement… et vous devrez bientôt, à nouveau, faire face à vos cruels bourreaux, aux talents parfois particulièrement fourbes : Castille ne manquera pas d’utiliser son épée, Carrigun profitera de l’allonge de son bâton, Carter n’hésitera pas à mettre son chien à contribution quand d’autres malotrus tels que Lewis et le Ninja se permettront d’utiliser des armes de jet.

FULL CONTACT est un soft que j’avais beaucoup aimé à l’époque – il faut dire que l’éditeur Team17, dont le studio dédié s’appelait alors Team7, signait ici son premier jeu et saignait d’entrée la concurrence : techniquement, c’était absolument dingue ! L’intro de FULL CONTACT, tout le monde s’en souvient : le logo du studio qui se déroule magnifiquement, la musique, sublime, qui se lance doucement et l’ombre de ce combattant qui surgit alors élégamment, exécutant un kata comme au cinéma – pour la petite histoire, il s’agit sans doute d’un emprunt sauvage à Van Damme. D’ailleurs la musique d’intro de FULL CONTACT rappelle étrangement certaines notes, magiques, du score de KICKBOXER. Imaginez mon enthousiasme à l’époque, alors que j’avais été complètement emballé par ce film martial ô combien euphorisant du haut de mes 14 printemps !

Contrairement à d’autres titres du même genre, qui ont fait le choix de singer les jeux japonais les plus récents sur leur terrain de prédilection (au risque de s’y casser les dents), FULL CONTACT trace sa route, creuse ses propres sillons – et non pas sa tombe, même si certains joueurs ne sont pas de mon avis sur ce sujet. FULL CONTACT n’a en effet rien du jeu de VS Fighting moderne : ici pas de combos ni de pouvoirs extraordinaires et encore moins de chrono assassin. FULL CONTACT garde plutôt, au contraire, un œil dans le rétro, avec le vénérable YIE AR KUNG-FU en ligne de mire. Un combat de FULL CONTACT se déroule ainsi sur un faux rythme, en échafaudant de préférence une stratégie pour venir à bout de chacun de nos adversaires. Le but étant alors tout autant d’éviter les coups (en sautant, en se baissant) que d’en asséner au bon moment – et si possible, avec force : vous risquez donc d’abuser du coup de pied retourné qui constitue la technique la plus destructrice en la matière, mais aussi celle qui est la moins facile à placer. Encore une fois le saut (d’une hauteur surréaliste avec une pose ridicule) sera à la fois le meilleur moyen d’esquiver les attaques, mais aussi de placer vos offensives les plus fourbes. Attention néanmoins, puisque certains ennemis ne sont pas fous : ils feront peu ou prou comme vous !

À ce petit jeu du chat et de la souris, c’est le chien qui risque de vous faire perdre patience : le bulldog des triades est en effet difficile à mâter, puisqu’il vous faudra pour cela maitriser un timing diabolique avec votre poing d’acier. Comme pour la plupart des autres antagonistes, ce chien a une petite histoire… et lorsqu’il mordra non pas votre derrière mais la poussière, c’est son maître qui risque bien de ne pas s’en remettre, et d’entrer dans une colère noire pour un duel épique… et ce bien avant John Wick ! Ce petit côté « scénarisé » est l’autre bel atout dans la manche de ce guerrier que l’on croyait, à tort, manchot : chaque individu du jeu est présenté via quelques lignes qui distillent même, parfois, des indices pour exploiter la faiblesse d’un adversaire. Revers de la médaille : le jeu est moins intéressant en mode deux joueurs, puisqu’il n’y est plus question de piéger l’IA en mettant à jour son point faible…

Relativement technique avec ses quelques coups à bien placer, notamment ce coup de pied retourné qui fera indéniablement la différence, FULL CONTACT n’a donc rien d’un One-Armed Swordsman, il relèverait plutôt d’un surréaliste One-Legged Swordsman ! Le jeu de Team17 ne penche pas non plus du côté de Zatôichi, puisqu’il vaut mieux avoir les yeux grands ouverts pour profiter de ces graphismes qui risquent de vous mettre la tête à l’envers, hypothétique victime d’une Flying Guillotine artistique ! Lorsque FULL CONTACT est sorti, j’avais été littéralement subjugué par ses décors, pareils à des peintures de pixels qui prennent corps – hélas ceux-ci sont figés, aucune animation ne vient les enrichir. Heureusement les sons, très doux et réalistes (le vent qui souffle, l’eau qui ruisselle…) apportent à cet habillage une touche zen très bien venue : on se prend alors à croire à la chaleur abrasive des décors urbains… et au froid des montagnes balayées par une brise gélive.

Plutôt simple, sans pouvoir spécial ni combo, FULL CONTACT a un pied dans le rétro : on peut en effet deviner, à la fois dans ses travers et qualités, un hommage au mythique YIE AR KUNG-FU – le saut super ample est similaire, et il faut souvent sautiller autour de l’adversaire pour l’éviter et placer le bon coup au bon moment… On aurait bien évidemment aimé plus d’ennemis, des sauts mieux maîtrisés… mais FULL CONTACT, avec son héros original (pas bourrin mais aux traits burinés) et ses petits stages bonus pas passionnants mais qui ont le mérite d’exister, demeure malgré tout un petit jeu martial extrêmement sympa, en particulier si vous avez eu le privilège de le connaître à l’époque – les autres joueurs risquent d’avoir plus de mal à se plonger dans un jeu de combat aussi épuré.

Note :     Nostalgie :

En termes de VS Fighting pur, très objectivement, d’autres jeux du même genre sont beaucoup plus fouillés que FULL CONTACT, sur Amiga : BODY BLOWS AGA, MORTAL KOMBAT… mais moi, j’ai un faible pour le premier cité. Sa simplicité, son côté presque épuré qui se retrouve jusque dans son ambiance sonore et l’absence de coups spéciaux… Ça me plait. Ça me parle – comme un livre ouvert sur la nostalgie de mes premiers pas sur Amiga ? Cet hommage au vénérable YIE AR KUNG-FU ne plaira pas – plus ? – à beaucoup de joueurs je présume. Personnellement j’ai toujours beaucoup d’affection pour lui : exploiter le point faible des ennemis, profiter des tableaux et des musiques absolument magnifiques… C’est un plaisir rétro auquel j’ai du mal à tourner le dos – encore plus quand on sait qu’il s’agit du tout premier jeu de Team17.

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

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