Star Wars Episode I: Racer (PlayStation 4, 2020)

STAR WARS EPISODE I: RACER
Année : 2020
Studio : Aspyr
Éditeur : Limited Run Games
Genre : it’s working on PS4, it’s working!
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


Anakin Skywalker n’est pas encore bien grand, et pourtant il fait déjà régner sa loi sur la plupart des circuits de podracers de la galaxie. Cette fois, il va se lancer à l’assaut d’un championnat réparti en vingt-cinq courses, sur huit planètes : les neiges éternelles et la glace foudroyante d’Ando Prime, les rivières de lave de Baroonda, le ciel et les nuages dévorants d’Ord Ibanna et bien évidemment les canyons désertiques de Tatooine… Anakin devra bien évidemment réfréner ses envies de vitesse supersonique en ménageant son boost, et ainsi éviter que ses moteurs ne prennent feu. Car s’il ne parvient pas à les réparer durant la course, il sera peut-être contraint de racheter de meilleures pièces plus tard chez un certain Watto. Prenez garde à ce dernier : s’il prétend pratiquer des prix d’amis, c’est tout simplement parce qu’il n’en a aucun !

J’ai toujours bien aimé la prélogie de Georges Lucas, en particulier les épisodes I et III – les mauvaises langues pourraient même être amenées à la réévaluer après la catastrophe industrielle que constitue la nouvelle trilogie sans queue ni tête imaginée sabotée par Kathleen Kennedy. Bien évidemment, la course de pods est l’un des plus grands moments de THE PHANTOM MENACE – et elle est toujours aussi impressionnante aujourd’hui. Miracle de la Force : le jeu qui lui rend hommage, datant de 1999, n’a, lui non plus, pas pris la moindre ride – graphismes et textures mis à part qui, à l’instar (wars) du film et de ses fonds verts hideux, risquent de déranger plus d’un joueur de moins de trente ans.

Alors je vais faire mon coming out – oui, une révélation fracassante. Et non, il ne s’agit pas du fait que je verse une larme à chaque fois que je vois Chukha-Trok mourir dans L’AVENTURE DES EWOKS. En fait… je n’ai pas connu STAR WARS EPISODE I: RACER à l’époque – j’ai d’ailleurs rarement approché une Nintendo 64 à moins de cinq mètres… J’ai donc profité de sa sortie sur PlayStation 4 pour me procurer une copie de la bête de course – il ne s’agit pas vraiment de HD et encore moins d’un remake. On a visiblement droit au jeu originel lissé et optimisé pour les grands écrans et les consoles de nouvelle génération – framerate stabilisé et assez ébouriffant à la clé.

On ne va pas tergiverser. Pas de faux départ sur Jeux vidéo et des bas : STAR WARS: RACER est un jeu assez fantastique. Malgré son grand âge, il m’a cloué au sol et ce dès sa première course – j’en suis reparti avec des coups de soleils (au pluriel oui, on est sur Tatooine !), et les yeux pleins d’étoiles. La sensation de vitesse est complètement folle, les circuits sont nombreux, variés et vivants (j’adore la présentation de chaque planète)… et le tout est sublimé par les musiques de John Williams. Je vous assure, quand on arrive lancé à 900 km/h au-dessus d’une rivière de lave et que l’on s’apprête à franchir un ravin en sautant dans le vide dévorant de l’espace en écoutant DUEL OF THE FATES, c’est tout simplement cataclysmique. Chair de poule de mynock assurée !

La plupart des 25 circuits possèdent une identité folle, entre ambiance de fleur d’amiante, atmosphère délétère et mécanique et parcours plus bucolique mais tout aussi piégeur. Plages paradisiaques, circuits suspendus dans les nuages ou au contraire enfouis dans les entrailles d’usines en fusion, couloirs futuristes baignant dans un océan de néons, canyons impressionnants avec les cris d’Hommes des Sables tapis dans des ombres écrasantes et s’apprêtant à vous fusiller… Ici un raccourci bien caché, là plusieurs sorties aux embouchures et pièges très différents… En plus d’être beaux et foisonnant d’idées, les circuits de STAR WARS: RACER sont parfois courts, souvent longs, et proposent tellement de passages improbables que l’on a la sensation d’assister, interdit, à une espèce de voyage sur les planètes les plus reculées de la galaxie.

Même si vous n’êtes pas un pilote doté des réflexes d’un Jedi, vous devriez pouvoir profiter du panorama, et rapidement remporter des courses. La maniabilité est parfaite, le véhicule répond au doigt, à la Force et à l’œil et le système, basé sur un boost dont il ne faut pas abuser au risque de voir notre moteur s’enflammer (possibilité de le réparer mais il faut freiner), est simple et jouissif. Le côté obscur de la médaille, c’est que le jeu est trop facile. Une fois que l’on a dompté le pilotage, on se rend compte que celui-ci manque un peu de finesse, de technicité (même le slide n’est finalement pas très important), et les courses s’enchainent rapidement : il n’est alors pas très compliqué de terminer premier sur tous les circuits – l’IA n’est pas assez agressive et la plupart du temps, elle se traine en dépit du bon sens (même Sebulba, quelle déception). On regrettera donc un gros manque de challenge (à moins de jouer pour établir des records de temps), aussi mais c’est moins grave, un système d’améliorations pas très clair.

Ces défauts empêchent, à mon sens, STAR WARS EPISODE I: RACER de côtoyer des étoiles, telles que WIPEOUT et F-ZERO, et donc d’en remporter la guerre. Il n’en demeure pas moins un jeu extrêmement prenant, et fun, qui passe quand même à quelques parsecs de l’éternité.

Note :

Un gameplay hyper efficace mais qui manque de profondeur sur le long terme, et une IA le plus souvent à la ramasse qui semble nous laisser volontairement les rênes de la course (heureusement qu’il est possible de jouer à deux avec un écran splitté). Voilà pour les gros défauts du jeu… Défauts qui seront peut-être rédhibitoires pour certains joueurs. Pour ma part, malgré ces soucis STAR WARS EPISODE I: RACER m’a littéralement enchanté : ses circuits sont fantastiques (on se croirait vraiment dans STAR WARS), l’impression de vitesse est complètement folle et les musiques de John Williams achèvent d’immerger le joueur dans l’univers imaginé par George Lucas. Un super jeu, qui passe sans doute à côté de quelque chose de plus grand. Sa suite, qui sortira sur PlayStation 2, proposera heureusement une IA plus agressive mais sera globalement moins réussie.

Images : PlayStationCountry

Trailer :

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