Silent Hill HD Collection (PlayStation 3, 2012)

SILENT HILL HD COLLECTION
Titre alternatif : Silent Hill HD Edition
Année : 2012
Studio : Hijinx Studios
Éditeur : Konami
Genre : Silent ill
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray


SILENT HILL 2 : James Sunderland a reçu une lettre de sa femme. Celle-ci l’invite à la retrouver là où ils se sont tant aimés… à Silent Hill. James ne comprend pas, ne comprend plus. Comment son épouse a-t-elle pu lui faire parvenir un tel courrier… elle qui est tragiquement décédée il y a de cela plusieurs années ?

SILENT HILL 3 : Le quotidien d’Heather bascule soudainement en plein cauchemar – alors qu’elle est recherchée par un détective privé, la jeune femme semble perdre pied avec la réalité : le centre commercial dans lequel elle baguenaudait bascule dans la folie, et la menace d’ombres affamées. Bon an mal an, Heather va devoir remonter aux origines de son histoire… aux racines assassines de la ville de Silent Hill.

SILENT HILL 2 :

Lorsque SILENT HILL 2 est sorti de l’ombre pour venir hanter la PlayStation 2, j’habitais seul, et j’avais mis un point d’honneur (d’horreur ?) à y jouer dans le noir complet, en profitant de mon ensemble Home Cinéma pour une immersion totale. Ce ne fut pas nécessairement une bonne idée. Angoissé comme jamais, la boule au ventre permanente et l’esprit constamment dévoré par un mal lancinant indescriptible, j’avais fini par abandonner. Peur bleue, rouge de honte, oui j’avais ragequitté le jeu peu après ma première rencontre avec le peu ragoutant Pyramide Head !

Bien des années plus tard, j’ai donc pris mon pad et mon courage à deux mains pour retenter l’aventure désarticulée concoctée par Konami. Oui, je suis parvenu à m’effrayer un chemin jusqu’au bout du cauchemar, des ruelles morbides et du brouillard sans fin de la triste bourgade nommée Silent Hill. Pour cela, j’ai opté pour une version récente du jeu, à savoir celle présente dans SILENT HILL HD COLLECTION sur PlayStation 3 – SILENT HILL 2 y est compilé avec le 3, dans une mouture prétendument HD. Pas de quoi se relever la nuit pour autant, encore moins pour aller aux toilettes j’aurais trop peur d’y croiser un spectre ! Mais concernant la qualité technique de SILENT HILL 2 HD en particulier, on ne va pas faire la fine bouche : si le travail d’ensemble reste assez paresseux (cinématiques non retouchées ?), ça reste extrêmement correct et ça nous permet de pouvoir profiter de ce grand jeu sur nos télévisions modernes. Bien évidemment, ça a pris un petit coup de vieux, et les déplacements un peu lourds associés à une caméra fixe risquent d’effrayer les jeunes joueurs. Les vieux routiers du genre ne devraient pas être dépaysés, bien au contraire : cette caméra fixe est parfois utilisée à dessein pour renforcer la mise en scène (même si, j’en conviens, il n’est pas très logique de ne pas toujours voir ce qui nous fait face…) et la lourdeur des mouvements et en particulier des combats peuvent trouver une justification dans le fait que SILENT HILL 2 n’est pas un jeu d’action. Surtout, cette lourdeur n’est jamais associée à un quelconque problème de maniabilité : le jeu est très jouable, et une fois que l’on connait le tempo de chacune des armes, on parvient à se battre au corps à corps ou encore à distance sans trop de problèmes.

Les mécaniques de SILENT HILL 2 correspondent peu ou prou à ce que l’on est en droit d’attendre d’un survival horror des années 2000 : de l’exploration plutôt linéaire avec un certain nombre de culs-de-sac et de portes condamnées à la clé (enfin façon de parler !), quelques combats (qu’il convient parfois d’éviter, surtout au début), des énigmes assez bien trouvées, des boss rares, retors et sadiques et des ressources limitées (mais en faisant attention il est possible d’en stocker en nombre suffisant). Mais là où SILENT HILL 2 se détache des autres titres du genre, c’est dans son approche très mature du média vidéoludique : les thèmes, drames et chimères abordés dans l’aventure sont résolument adultes. Du rêve torturé en dur.

Déjà particulièrement dérangeant sur le fond, SILENT HILL 2 enfonce le clou sur le cercueil du joueur traumatisé en faisant exploser le trouillomètre dans des proportions bibliques. L’horreur frontale, ponctuellement saisissante, n’est pas la pierre angulaire de l’horreur tissée avec une science maligne et sadique du détail par les développeurs du jeu. Non, le plus saisissant, effrayant est peut-être ce que l’on ne voit pas, ce que l’on entend, ce que l’on imagine… ce que l’on prie de ne jamais croiser au détour de l’une des rues ou de l’un des couloirs déglingués d’une ville maudite, engloutissant en nous un effroi palpable qui parait prendre vie pour nous donner la mort, faisant s’effondrer nos maigres espoirs et terribles remords tel un château de cartes atone s’envolant sous le souffle fétide du diable en personne.

Intelligemment, le jeu nous sort presque immédiatement de notre zone de confort, et les premiers pas effectués dans la ville de Silent Hill sont peut-être les plus traumatisants. Si le joueur courageux s’habituera, bon an mal an, au mal sourd et lancinant qui lui est imposé, il risque malgré tout d’être régulièrement surpris voire choqué par certains aléas qui pourraient bien finir par le dévorer : la carte si pratique et qui se met à jour automatiquement n’est pas toujours consultable, il faudra parfois avancer sans pouvoir utiliser de lumière, voire se lancer dans des sous-sols peu accueillants après s’être délesté de tout notre équipement (et bien évidemment de nos armes !). Mais l’une des plus grandes surprises du jeu est sans aucun doute son dénouement (plusieurs fins disponibles) puisqu’il se révélera plus touchant que véritablement effrayant. Je crois que c’est la première fois de ma vie qu’un jeu m’aime, me hait, m’émeut autant.

SILENT HILL 3 :

Difficile de succéder à la morbide perfection de SILENT HILL 2, et pourtant la suite du jeu de Konami s’en sort avec les horreurs. Durant le premier tiers de l’aventure en particulier. On y contrôle Heather, une jeune femme piégée entre rêve et cauchemar et ignorant tout des tenants et des aboutissants de sa triste histoire. Ces zones de flou, ces monstres rares et ces hommes, fous, constituent la principale réussite de la première heure de jeu. On prend ainsi un vrai plaisir malsain à aller et venir dans un grand centre commercial rappelant vaguement Romero, à fouiller les moindres recoins pour y dénicher d’éventuels objets secrets et quelques munitions, le tout en essayant d’éviter de croiser le chemin d’étranges individus, rappelant d’horribles monstres ventrus. La réalisation se met au diapason puisque graphiquement c’est plutôt solide pour l’époque, et que l’ambiance sonore est une nouvelle fois soignée, au point de voir vos oreilles, saigner ! La suite sera du même acabit, avec ce périple désarticulé au sein d’une immense station de métro, à l’atmosphère très pesante, par les ténèbres dévorée…

Après ce premier tiers de haute volée, l’aventure se gâte un peu, à mon sens. Le retour dans la ville de Silent Hill et notamment l’un des lieux qui nous avait traumatisés durant le précédent épisode (l’hôpital) n’est pas une mauvaise idée, même si ce passage, relativement long, fera basculer le joueur entre nostalgie ou sentiment redondant, c’est selon. L’histoire s’éclaircit aussi, et se révèle plutôt intéressante, découlant directement du premier jeu. Mais ce moment a aussi constitué, pour moi, une bascule assassine : trop de monstres, plus résistants, plus rapides… Difficile dès lors de s’amuser à fouiller les environs, de s’immerger dans cette atmosphère irrespirable comme on avait pu le faire dans le jeu précédent. Le cercle vicieux voulu par les développeurs de cet opus nous bassine alors avec ses mécaniques un brin injustes : en raison de la force, de la vitesse et de l’omniprésence de certains monstres, le joueur a moins de temps et de largesses pour explorer, donc moins de potions revigorantes et de munitions à récupérer… Et avec moins d’atouts dans sa manche lacérée, le joueur amoindri est, une nouvelle fois, obligé de courir constamment et de slalomer entre les diverses monstruosités hantant les couloirs du jeu… Et je ne parle pas de certaines énigmes, atroces en hard (connaitre l’œuvre de Shakespeare, sérieusement ?) et parfois un peu abusées en mode normal – avoir des connaissances en sciences pour mettre le feu à quelque chose, très bien, merci, je note.

Malgré mes réserves (peut-être aurais-je dû jouer en mode easy ?), SILENT HILL 3 demeure un bon, voire un très bon jeu. L’héroïne est attachante, certains nouveaux monstres sont impressionnants, quelques idées ténébreuses sont paradoxalement lumineuses (le miroir, les traces de pas ensanglantés…), la recette empoisonnée et déprimante de la franchise fonctionne toujours et certains lieux sont vraiment inspirés : le centre commercial, la station de métro, le parc d’attractions en forme de cauchemar ambulant et notamment cette maison hantée qui nous propose des premiers pas d’une rare intensité – la suite, lorsque l’on doit courir à toute allure dans d’étroits couloirs pour échapper à une menace fatale et que la camera ne suit pas lorsque l’on arrive à un croisement, m’a hélas donné des envies de meurtres de marshmallow. Mais cette tare technique est excusable, puisqu’elle date de l’époque de la sortie du jeu – début des années 2000.

Ce qui est moins pardonnable, ce sont tous les autres défauts techniques de ce portage d’un jeu PlayStation 2 sur une PlayStation 3 – et encore, moi j’ai joué au jeu patché ! Graphiquement, ce portage n’a d’HD que le nom, mais comme SILENT HILL 3 était déjà particulièrement beau à l’époque de sa sortie, ce n’est pas grave, et si le jeu reste jouable en toutes circonstances, on est parfois déstabilisé par d’étonnantes (mais ponctuelles) chutes de framerate et par de bien disgracieuses désynchronisations labiales lors des cinématiques (avec un nouveau doublage, curieusement obligatoire). Pire : le jeu plante souvent au démarrage ! Chers amis aventuriers, vous pensiez avoir tout connu en matière d’énigmes tordues… eh bien non ! Le mystère le plus épineux de SILENT HILL 3 n’est pas celui de la librairie du centre commercial, ni celui concernant cette étrange peinture avide de feu, et encore moins celui tristement lové dans une morgue aux esprits torturés. Non, l’énigme la plus retorse de ce remaster est en réalité de simplement faire démarrer le jeu ! Ça plante neuf fois sur dix, avec l’obligation de redémarrer la console manuellement ! Ubuesque. Je me suis alors retroussé les manches et trituré le cerveau au scalpel rouillé, pour aboutir à la conclusion suivante : dans ma version du jeu (1.02 Blu-ray PS3), le chargement de la sauvegarde semble faire planter le processus. Grotesque. Mais en lançant tout d’abord SILENT HILL 2 (qui plante parfois aussi, mais beaucoup moins souvent), ce qui a pour conséquence de charger les sauvegardes par la même occasion, puis en sortant du menu via le bouton Home, et enfin en lançant SILENT HILL 3, eh bien ça marche ! Honte titanesque. Oui, on se marche sur la tête coupée…

Note :

Un chef d’œuvre du genre (SILENT HILL 2), son scénario bonus (Born From a Wish) et un bon voire un très bon jeu (SILENT HILL 3) qui souffle néanmoins le chaud et le froid, où le joueur tombe parfois de Charybde en Scylla. Il est d’autant plus difficile de donner une note globale a cette compilation, que le jeu SILENT HILL 4 en est absent. Pire : techniquement ces portages n’ont d’HD que le nom, et quelques tares techniques demeurent présentes malgré les patchs, en particulier sur SILENT HILL 3. On se consolera en se disant que cette compilation permet malgré tout de rejouer à un très grand jeu dans de bonnes conditions, sans qu’il ne soit plus nécessaire de rebrancher notre PS2.

Images : Jeuxvideo.com     .

Trailer du jeu SILENT HILL 2, durant l’E3 2001 :

4 réflexions au sujet de “Silent Hill HD Collection (PlayStation 3, 2012)”

  1. Je garde un souvenir flou mais très positif de SH2, jamais fait le 3 par contre. Pas sûr que je m’y mette de si tôt cependant : le Bio Hazard 7 (belle relance de la franchise !) vient de bien me foutre les jetons et je ne suis pas prêt à me relancer dans un jeu trop flippant. ^^
    PS : j’ai quand même tenté la démo de The Evil Within 2 mais non, faut vraiment que j’attende un peu. 😀

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  2. Voir, même tant d’années après la sortie, ton avis positif sur ses deux grands jeux, ça fait toujours plaisir, et ça donne toujours envie de se relancer dedans (même si j’ai toujours le dilemme : mes versions boites PS2 mais donc ressortir la console, jouer en 4/3 et tout, ou le confort de la version digitale sur Xbox One, mais avec les baisses de framerates (absentes du jeu de base) et surtout le nouveau doublage pour la troisième jeu…).

    Bref, oui, SILENT HILL 2 est un jeu qui reste, 20 ans après sa sortie, toujours une bombe unique et un des jeux les plus matures qui soit, ce qui reste fou quand on pense qu’à sa sortie, dans le fond, le survival horror était encore un genre de niche (de niche, mais de qualité ! Car maintenant y en a partout, mais on se bouffe 9 fois sur 10 des jeux à jumpscares en vue subjective peu intéressants). L’époque où Konami faisait plus que du bon boulot tout en laissant ses équipes s’exprimer, ce qui ne sera plus franchement le cas sur la génération suivante.
    SILENT HILL 2 est plus profond, plus mature, plus traumatisant aussi – ce bruit de grincement de métal en montant le premier escalier de l’hôtel au début du jeu, j’ai du faire pause, et appeler des potes pour le faire à trois, on a finit tous traumatisés – mais j’aime beaucoup SILENT HILL 3 aussi. Moins psychologique oui, différent, moins bien dosé (sans doute à cause d’un temps de développement plus court, du début des exigences des studios pour mettre plus d’action dans le genre ?), mais qui explore le lore et le background de la ville et de son culte de manière satisfaisante quand on est passionné par l’univers.

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    • Merci pour ton commentaire avisé. Je vais faire une pause de mon côté, c’est épuisant les SILENT HILL. ^^ Mais je ferai le 4 cet hiver ou l’année prochaine, sur PS2.

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