Cobra (Amstrad CPC, 1987)

COBRA
Année : 1987
Studio : Ocean Software
Éditeur : Ocean Software
Genre : Cobra d’honneur au politiquement correct
Joué et testé sur Amstrad CPC
Support : cassette ou disquette

Marion Cobretti, dit Cobra, est un flic de la « Zombie Squad » : une équipe de choc aux méthodes expéditives à laquelle on fait appel quand il n’y a plus d’autres solutions. Cette fois-ci, Cobra devra arpenter les rues malfamées d’une ville gangrenée par une criminalité d’un nouveau genre : une armée de psychopathes, menée par le terrifiant Night Slasher, convaincu de devoir se débarrasser des plus faibles pour établir un ordre nouveau. Après avoir retrouvé Ingrid Knutsen, témoin extrêmement important pour la police, Cobra devra la protéger coûte que coûte… Tout d’abord c’est avec ses poings qu’il combattra la lie de l’humanité – qui goûtera goulûment du cuir de ses gants ! Heureusement en farfouillant çà et là, Cobra mettra très vite la main sur un couteau, un pistolet voire une petite mitraillette. Est-ce que ce sera suffisant pour venir à bout d’un gang aussi fourni que celui-ci ? Et quid du Night Slasher ? Finira-t-il par sortir de son nid ?


You’re a disease, and I’m the cure.

J’avais littéralement adoré le film COBRA à l’époque. Je ne sais plus exactement où et quand je l’ai découvert pour la première fois, mais ce fut sans doute au format VHS lors d’une location au vidéoclub. D’aucuns diront qu’il s’agit aujourd’hui d’un nanar tout juste acceptable via le prisme de la nostalgie et du plaisir coupable, mais pour l’avoir revu plusieurs fois récemment je dois avouer que je l’aime toujours autant – pour d’autres raisons que celles qui m’avaient conquis à la fin des années 80, bien évidemment. C’est un film que je ne prends plus véritablement au sérieux, et je suis bien conscient de l’effet, bien présent, du prisme déformant précité. Mais ce Marion Cobretti qui aurait pu appeler son paillasson Homélie, la dégaine impayable d’un Stallone sublime d’égotisme qui garde ses gants en cuir même lorsqu’il est chez lui, plusieurs punchlines cultes, un Brian Thompson certes caricatural mais massif et hyper impressionnant en grand méchant, Brigitte Nielsen et ses jambes interminables, ce scénario improbable mettant en scène une armée de psychopathes et une bande originale qui respire de manière over the top les années 80 (Robert Tepper, Jean Beauvoir !), eh bien c’est fun, et qui plus est parfaitement rythmé. Techniquement, tout n’est pas à jeter non plus – les mauvaises langues aiment bien détruire ce film, je le sais, mais moi je leur réponds avec le venin du cobra : George P. Cosmatos n’était pas un manchot (souvenez-vous du duel d’hélicoptères dans RAMBO II) ! Tout d’abord la photo est très correcte, très typée années 80 (fumée, néons, filtres ponctuels…) mais surtout plusieurs scènes sortent vraiment du lot : la poursuite en voitures est assez impressionnante, et le final globalement réussi, Cosmatos parvenant à capter et à retranscrire avec beaucoup d’efficacité l’écrasante atmosphère d’une fonderie en ébullition, ainsi que l’abnégation d’un tueur intraitable et d’un flic brutal, tous deux en mission. On transpirerait presque aux côtés de nos deux titans en nage et musculeux !


I don’t deal with psychos. I put ’em away.

Concernant le jeu vidéo, je pense l’avoir découvert en 1988, lors de ma première année de collège. Je n’avais pas été déçu car j’étais fan de Stallone et je savais me contenter de peu. De plus, il me semble l’avoir obtenu dans une compilation, aussi pouvais-je y jouer par petites touches et passer à autre chose, à un autre jeu sans me lasser. Sur le fond, il s’agit d’un petit jeu d’action avec un zeste de plates-formes. Cobretti commence à arpenter des rues malfamées en se battant à mains nues – en brisant des fenêtres, vous trouverez parfois des bonus en forme de hamburger (c’est un peu raccord avec le film même si, en fait, Cobretti y critique souvent la malbouffe, des pommes auraient été plus adaptées !). Chaque hamburger récolté peut nous octroyer une arme (fusil mitrailleur, pistolet ou couteau – curieusement les trois sont poussifs et semblent tous avoir le même effet) ou des points. Un détail importantissime puisque tous les 10000 points, on récupère une vie (en forme de gant de boxe, ahah). Il y a plusieurs types d’ennemis et il faut apprendre à les connaitre : lorsqu’ils sont armés d’un bazooka on peut les éviter en nous baissant, mais s’ils se battent au couteau ou au pistolet, il faut sauter – et en fait on se fait souvent toucher, la maniabilité étant particulièrement rigide. D’autres adversaires sont plus incongrus : des espèces de robots qui larguent des trucs depuis les fenêtres (s’agit-il d’un hommage à cette scène ?!?), un perroquet est susceptible de nous asperger de fientes (et on perd un point de vie !) et il y a même des canards qui attaquent en piqué ! Concernant le perroquet, je me demande encore où les développeurs sont allés chercher ça… Pour les canards, j’ai une théorie : on en aperçoit durant une seconde lors de la course-poursuite en voiture – mais n’y avait-il rien de mieux à tirer du film ?!?


This is where the law stops and I start, sucker!

À mesure que l’on progresse dans le jeu (en gros après avoir occis notre quota de criminels), les objectifs évoluent un tout petit peu. Arrivé à un certain point, on retrouve en effet Ingrid et elle nous accompagne tandis que notre personnage continue de nettoyer les rues – attention, ne lui tirez pas dessus au risque de l’effrayer et de perdre des points de vie ! C’est d’ailleurs l’une des autres bonnes idées du jeu : on peut tuer des innocents (femmes de fortune ou hommes arpentant le bitume) mais cela nous fait perdre des points (un malus important tant les vies sont précieuses, et qu’elles s’obtiennent, je me répète, tous les 10000 points). Au bout d’un moment avec Ingrid (que les psychopathes n’attaquent pas curieusement), le jeu innove une dernière fois en mettant en scène un nouvel adversaire (j’imagine qu’il s’agit du Night Slasher) : celui-ci s’attaquera frontalement à la jeune femme – qui lorsqu’elle meurt, vous entraine dans sa chute six pieds sous terre. Il faudra alors être encore plus prudent que d’habitude, car le Night Slasher revient souvent à la charge – par exemple, à ce niveau du jeu, il est impensable de rester sur les plates-formes les plus hautes, puisque si le Night Slasher apparait (toujours en bas), vous n’aurez pas le temps de redescendre pour sauver la pauvre Ingrid.


Hey dirtbag, you’re a lousy shot.

Avec ses objectifs (un peu) évolutifs, ses détails sympas voire scabreux (les prostituées, cet homme pendu que l’on découvre parfois derrière une fenêtre…) et sa difficulté relevée mais pas non plus ubuesque, COBRA avait tout pour être un bon jeu. Hélas la maniabilité est comme je l’ai déjà précisé, bien rigide, les tirs de nos armes sont souffreteux au possible et la construction des niveaux présentant une jolie ville via un scrolling tout à fait correct est, en réalité, un leurre. Peu importe que vous alliez vers la droite ou vers la gauche, vous pouvez même rester sur place et attendre que les ennemis apparaissent : dézinguez-les et attendez une nouvelle fournée (il n’y en a jamais plus de deux mobiles sur le même écran). Ça ne rend pas le jeu beaucoup plus facile pour autant car, même en restant sur place, on n’est jamais à l’abri d’une attaque suicide de canard, d’une mauvaise manip’ ou d’une charge dévastatrice du Night Slasher – et surtout lorsque l’on n’avance plus, eh bien on ne peut plus récupérer de nouveaux hamburgers… Remarquez il va être content, votre docteur !

Plutôt correct pour l’époque, COBRA n’éveillera plus aujourd’hui que l’intérêt de certains joueurs aussi chenus que le gameplay du jeu d’Ocean.

Note :     Nostalgie :

L’adaptation d’un film évènement (pour l’époque j’entends), Stallone magnifique avec ses quelques pixels de haut (on distingue même ses lunettes noires mais… il n’a pas de gants, quelle erreur ^^) et des objectifs un brin évolutifs qui viennent un peu renouveler l’intérêt d’un jeu extrêmement basique au demeurant. COBRA aurait pu être un hit, il ne sera finalement qu’un petit soft sympa en 1987. Inutile de dire qu’aujourd’hui ses défauts (notamment sa rigidité, ses tirs poussifs) seront rédhibitoires pour le commun des mortels. Le film a beaucoup mieux vieilli. Oui, oui : je persiste et saigne !

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo (la fin du jeu par mes soins, sans cheat) :

2 réflexions au sujet de “Cobra (Amstrad CPC, 1987)”

  1. Ha toi tu as eu la « Ocean All star Hits volume 2 » ! Tout comme moi…j’avoue que dans le style j’ai bcp mais alors bcp plus aimé le Robocop du même Ocean ou bien un Rolling Thunder même si j’étais fan comme toi de Marion (j’avais opté pour l’allumette dans la bouche dans la cour de recré mais n’est pas Sly qui veut !).

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    • Ahah merci pour l’anecdote ! ^^ Tu as raison ça doit être cette compilation, j’ai retrouvé des images et ça me rappelle des souvenirs. Alors oui par contre tu as raison, ROBOCOP était un super jeu, COBRA non, il joue dans une autre catégorie.

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