Captain America: Super Soldier (PlayStation 3, 2011)

CAPTAIN AMERICA: SUPER SOLDIER
Année : 2011
Studio : Next Level Games
Éditeur : Sega
Genre : I can do this all day
Joué et testé sur PlayStation 3
Support : Blu-ray

France, 1944. En sauvant deux soldats américains des griffes d’un commando nazi répondant aux ordres d’HYDRA, Steve Rogers, plus connu sous le nom de Captain America, découvre des armes à la technologie inquiétante. Après avoir contacté Howard Stark et Peggy Carter, Steve Rogers obtient la localisation du laboratoire du savant nazi Arnim Zola, dans un château bavarois. L’intéressé travaillerait sur un projet nommé Master Man, et viserait l’immortalité dans l’ombre menaçante du Red Skull. Sur place, Captain America devra croiser le fer avec des soldats aux compétences effrayantes, mais aussi venir en aide à ses camarades de toujours Bucky Barnes, Dum Dum Dugan et James Falsworth.

On ne va pas revenir sur les maux qui rongent le MCU post-ENDGAME (qui portait bien son nom, finalement), malgré tout j’ai bien envie de faire une piqûre de rappel : la première longue phase du MCU (Infinity Saga) qui s’étend sur une vingtaine de films a bien évidemment connu des hauts et des bas, mais dans l’ensemble le spectacle était au rendez-vous avec des titres, parfois, de très bonne qualité. C’est notamment le cas des trois films CAPTAIN AMERICA – je sais que le premier demeure le moins aimé des trois, mais moi je l’apprécie énormément, la présence de Joe Johnston derrière la caméra n’étant pas étrangère au côté aventure/action presque à l’ancienne de ce film qui fait aussi des CGI un usage intelligent.

En réalité, je n’étais pas du tout fan de ce personnage durant ma jeunesse (hormis lorsqu’il fut dessiné par John Byrne) mais j’ai beaucoup aimé la version qu’en a donné le MCU. Imaginez donc ma surprise lorsque, il y a peu, j’ai découvert que Captain America avait bénéficié d’un jeu, sur PlayStation 3, avec Chris Evans dans le rôle principal ! La voix de l’acteur américain donne beaucoup de relief au jeu, et les fans seront aux anges d’apprendre que de nombreux personnages secondaires sont également doublés par les acteurs du MCU. L’ambiance est donc très réussie, et colle parfaitement au premier film – France, 1944. La Seconde Guerre mondiale bat son plein et HYDRA multiplie les projets fous en dépassant parfois la mégalomanie nazie.

Techniquement, le jeu accuse hélas quelque peu son âge (graphismes, textures…), en particulier sur PlayStation 3 avec un framerate qui risque de faire tiquer les perfectionnistes. Mais si vous faites fi de ces écueils, et si vous êtes fan des films et amateur de jeux d’action, je vous promets un chaleureux accueil. CAPTAIN AMERICA: SUPER SOLDIER est en fait un beat’em all en 3D, mâtiné de petites phases d’exploration (quelques passages secrets, des chemins de traverse, moult bonus à récupérer), de séquences de grimpette et de quelques puzzles d’une facilité déconcertante – ça ne m’étonne plus que les Alliés aient réussi à décoder les machines Enigma ! L’action est donc, sans surprise, l’aspect du jeu le plus réussi : on peut contrer, achever au sol, esquiver, utiliser les murs, exécuter quelques prises au sol, des combos, des coups spéciaux et d’autres très, très spéciaux qui font des dégâts impressionnants (la jauge bleue doit être remplie – en réalisant des mouvements techniques). Bien évidemment, le bouclier est souvent mis à contribution et c’est l’une des grandes réussites du jeu : sa physique est bien gérée et il est possible de faire de nombreuses choses avec. C’est résolument jouissif et le rendu est excellent à l’écran : les différents coups ainsi assenés dégagent une puissance folle. Mieux : avec un contre parfaitement exécuté, Captain America pourra faire ricocher les balles et les renvoyer ! Un conseil cependant : jouez à SUPER SOLDIER en mode hard. Le jeu est en effet très (trop ?) facile, aussi convient-il d’y jouer dans le mode de difficulté le plus élevé pour vraiment s’y amuser – en hard par exemple, la régéneration automatique est désactivée.

Certains pesteront au sujet du bestiaire, puisqu’il s’agit peu ou prou toujours du même genre d’ennemis : des soldats nazis (ou plus précisément d’HYDRA), parfois améliorés grâce à d’obscures technologies, de puissants canons et quelques robots. Mais c’était sans doute nécessaire pour respecter l’ambiance de l’époque et le lore du premier film. Moi ça ne m’a pas dérangé, même si j’aurais apprécié un peu plus de folie dans les patterns adverses. La même remarque pourrait s’appliquer aux différents boss, très corrects mais loin d’être inoubliables. Par exemple, même si on n’atteint pas le nombre assommoir des mille Zola, combattre plusieurs fois un robot habité par l’esprit du savant nazi n’est pas un défi qui restera dans les mémoires. Le boss final est aussi très décevant, et je ne comprends toujours pas pourquoi il ne s’agit pas du Baron Zemo ou du Red Skull, un antagoniste culte que l’on aperçoit pourtant à de nombreuses reprises au cours de notre aventure – pour que le jeu reste canon au sein du MCU, on aurait très bien pu non pas le tuer, mais simplement le faire fuir… Heureusement, Cap croisera bel et bien le fer avec d’autres personnages emblématiques des comics : le Baron von Strucker, Madame Hydra, l’impressionnant robot Iron Cross et bien évidemment Arnim Zola.

Sur le fond, le souci de CAPTAIN AMERICA: SUPER SOLDIER est que, s’il fait les choses plutôt bien, ça reste hélas à mille lieues d’autres jeux sortis pourtant quelques années avant –BATMAN: ARKHAM ASYLUM pour l’action ou UNCHARTED pour les phases d’escalade. Mais à mon sens, ne pas égaler la perfection n’est pas un crime, aussi malgré ses défauts et un classicisme que certains pourraient qualifier de désuet, j’ai adoré l’aventure proposée par Sega, dont le charme suranné m’a délicieusement rappelé le premier film CAPTAIN AMERICA, quand le MCU avait encore quelque chose à raconter – et une ligne directrice de qualité.

Note :

Certes CAPTAIN AMERICA: SUPER SOLDIER n’est pas un grand jeu d’action, mais il a le mérite de respecter à la lettre l’univers du film sorti en 2011 (même les acteurs ont rempilé) et de proposer une aventure réalisée avec sérieux, au contenu pas conséquent mais respectable (secrets, bonus à débloquer, salles de challenge pour prolonger le plaisir, etc.). Surtout, le bouclier de Cap America est vraiment bien géré et on s’amuse vraiment avec. Mais pour apprécier ce jeu peut-être faut-il être comme Steve Rogers, issu d’une époque révolue, et ne pas avoir peur de se replonger dans le passé, de jouer à des jeux aujourd’hui quelque peu dépassés.

Images : Jeuxvideo.com

Preview d’époque (Push-Start TV) :

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