
P-47: THE FREEDOM FIGHTER
Année : 1989
Studio : NMK
Éditeur : Aicom
Genre : ça plane pour moi !
Joué et testé sur PC Engine
Support : HuCard
L’armée américaine peut compter sur ses courageux pilotes, aux commandes d’avions de modèle Republic P-47 Thunderbolt, pour renverser le cours de la Seconde Guerre mondiale. L’un d’eux va s’élancer, engoncé dans son cockpit, à l’assaut de troupes ennemies disséminées un peu partout dans le monde. En Europe tout d’abord, avec cette longue et sanglante bataille des Ardennes, mais aussi en Afrique du Nord et même au-dessus de l’océan, pour faire face aux plus puissants cuirassés jamais construits. Heureusement, ce P-47 Thunderbolt est un peu particulier puisque s’il peut s’appuyer sur une mitraillette basique mais efficace, il dispose aussi d’une arme spéciale particulièrement destructrice à sélectionner parmi quatre modèles très différents.
Les joueurs qui ont connu les années 80 et le début des années 90 s’en souviennent sans doute comme si c’était hier : les shoot’em up mettant en scène de petits avions de la Deuxième Guerre mondiale avaient le vent en poupe. L’armée de l’air se divisait alors en deux écoles : le scrolling vertical et l’horizontal. D’un côté nous avions donc les 1942, 1943… et de l’autre des titres comme FIRE MUSTANG, WINGS OF FURY et surtout P-47. Aucun joueur n’a pu échapper à la plupart de ces jeux, puisqu’ils ont connu les joies de portages divers et, parfois, avariés.
À l’instar de 1942 et 1943, P-47 est un titre légendaire, qui fut adapté sur quasiment toutes les machines de l’époque, consoles et micro-ordinateurs confondus. Comme souvent alors, c’est à la PC Engine que revint la Palme d’or du meilleur portage : facile à prendre en main, jouable et précis, P-47 est, pour la fin des années 80, un petit bijou de shoot’em up à scrolling horizontal. On y affronte des ennemis variés (des tanks, des tourelles infernales, des avions, des hélicoptères, des bateaux…), les niveaux sont assez courts ce qui colle bien au genre et au rythme tendu de l’aventure, et si notre tir frontal n’évolue pas, il est possible d’embarquer une arme secondaire importantissime parmi quatre possibles (améliorables, à récupérer via des pastilles bonus disséminées dans le jeu) – les deux meilleures étant sans nul doute les missiles, qui partent à l’horizontal, et les bombes, à larguer évidemment à la verticale, puisque condamnées par la gravité (de la guerre ?!).
Mieux : si P-47 est un peu redondant, et que certaines situations se répètent (déception même si c’est pour coller à la réalité des mythiques navires japonais ; le boss final est une copie à peine améliorée du cuirassé géant affronté plus tôt dans la partie), on sent malgré tout que les développeurs ont tenté d’injecter çà et là un peu de variété. Cela transpire des décors tout d’abord : ici notre avion vole au-delà des nuages au gré de magnifiques scrollings joliment colorés, là il survole le désert africain ou des bases militaires délétères en rase-motte, enfin le voici maintenant au-dessus de l’océan, pour un duel absolument épique avec un bateau gigantesque. Les attaques viennent parfois de la terre ferme, souvent du ciel, quand ce ne sont pas des joutes extrêmement surprenantes contre des ennemis et escadrons qu’on ne croise qu’une ou deux fois durant toute la partie : l’essaim de missiles sol-air qui inonde l’écran, les centaines de petits avions qui fondent sur nous (comme les emmerdes ils volent toujours en escadrille), ou ceux-ci bien plus gros, mais lents, que l’on ne pourra sans doute pas tous détruire et autour desquels il faudra slalomer – éviter leurs grosses carlingues et leurs rafales de plombs infernales nécessitera une bonne connaissance de leurs patterns et un sang froid de tous les instants !
Mais vous vous souvenez sans doute de ma phrase, deux paragraphes plus haut : P-47 est, pour l’époque, un petit bijou de shoot’em up. Pour l’époque – soit la fin des années 80 et plus précisément 1988 en Arcade, et 1989 sur PC Engine. S’il ne s’abîme pas en mer, l’atterrissage du petit avion de NMK plusieurs décennies après son décollage ne se fait pas nécessairement sans heurts, la faute à plusieurs zones de turbulences… La difficulté tout d’abord, est un peu abusée dans les derniers niveaux – seulement deux crédits, c’est chiche. Heureusement un cheat code permet d’en avoir huit (je parviens désormais à finir le jeu en trois ou quatre crédits). De plus, même si la maniabilité est bonne et précise (aucun souci de hitbox), le gameplay du jeu est un peu rigide, d’aucuns diront austère – perdre nos speed-up lorsque l’on explose en plein vol fait clairement office de double peine. Était-ce bien nécessaire ? Certains ennemis, enfin, sont vraiment trop résistants – pas uniquement les boss, qui quittent d’ailleurs l’écran si le joueur ne les dézingue pas dans le temps imparti : un certain nombre de véhicules adverses encaissent ainsi trop bien nos rafales, ce qui n’est pas, à mon sens, très amusant. Mais c’est un choix de game design : les développeurs ont souhaité pousser les joueurs à esquiver les balles – mais pas les pièces, qu’il fallait insérer encore et encore pour espérer voir la fin du jeu sur les bornes d’arcade !
J’ai mis quelques parties pour apprécier P-47 à sa juste valeur : celle d’un témoin d’une époque révolue certes, mais qui ne doit pas tomber dans les remugles de l’oubli. D’ailleurs une fois le cerveau branché en mode « années 80 », ça a plané pour moi : j’ai adoré jouer et rejouer à P-47: THE FREEDOM FIGHTER, un très bon jeu rétro au charme suranné et qui a su marquer son temps – et les doigts des joueurs crispés d’un rouge éclatant !
Note : ![]()
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Nostalgie : ![]()
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Avec ses petites musiques un brin désuètes, volontairement enjouées pour ne pas rappeler trop directement les horreurs de la guerre, P-47: THE FREEDOM FIGHTER est un jeu qui garde clairement un œil dans le rétro. Certains jeunes joueurs le trouveront sans doute aujourd’hui dépassé et préféreront jouer à sa suite sortie en 2025 sur Megadrive, mais pour ma part il s’agit d’un très bon jeu des années 80, dont il faut embrasser les petits défauts comme les marqueurs d’une époque révolue.
Images : iza.namakura
Présentation du jeu en vidéo au Japon (mai 1989) :
















