Ginga Fukei Densetsu Sapphire (PC Engine Duo, 1995)

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[Total: 4 Moyenne: 4.5]

GINGA FUKEI DENSETSU SAPPHIRE
Année : 1995
Studio : CAProduction
Éditeur : Hudson Soft
Genre : la peau lisse du futur
Joué et testé sur PC Engine Duo
Support : SUPER CD-ROM²


En 2092, le voyage dans le temps est possible, et si son usage est strictement réglementé, certains truands tentent parfois de le mettre à profit pour commettre crimes et délits. Une Force Spéciale de la police, constituée de quatre jeunes femmes, a été formée pour lutter contre ce fléau : la Time Travel Counter-Crime Investigation Unit. Cette fois-ci, ces pilotes d’élite vont tenter de contrecarrer les plans d’un groupe terroriste ayant dissimulé armes et butins à travers le temps – mais dans quel but ? La police temporelle va avoir toutes les peines du monde à leur mettre la main dessus, les terroristes en question parvenant à fuir à travers les époques : en 2092, en 1136, en 625, dans le désert égyptien en 2982 avant Jésus Christ et enfin en 2471 pour un duel final dans le vide et l’obscurité de l’espace.


L’Arcade Card était une HuCard permettant d’améliorer certains jeux édités au format CD-ROM². La HuCard en question, vendue en deux versions selon le modèle de votre PC Engine, était aussi nécessaire pour lancer une douzaine de jeux exclusifs à ce périphérique. Rien de particulièrement indispensable dans cette liste famélique, à part STRIDER à la rigueur, quelques jeux de baston et surtout SAPPHIRE, le mirifique, sans lequel l’Arcade Card serait depuis longtemps tombée en désuétude.


SAPPHIRE porte bien son nom car comme la pierre, l’expérience est ici particulièrement précieuse : techniquement le jeu est renversant pour une PC Engine, on en prend plein la rétine ! Dès les premières secondes de jeu, on croise la route d’ennemis dessinés en simili 3D, avec de jolis effets de rotation, en survolant une ville futuriste illuminée par des hologrammes rappelant les publicités vues dans le film BLADE RUNNER. Il en ira ainsi tout au long de votre partie : les niveaux fourmillent de détails – ici des engrenages qui s’entrechoquent, là d’impressionnants effets de morphing, plus loin un véhicule envahissant tout l’écran broyant littéralement les terrains en contrebas, et bien évidemment des scrollings de toute beauté. Le tout est rehaussé par des musiques rock de qualité CD dans la lignée d’un WINDS OF THUNDER – normal, c’est le même groupe de compositeurs !


Si SAPPHIRE est une magnifique vitrine technologique pour la PC Engine et son Arcade Card, il convient aussi de préciser que le jeu de CAProduction est aussi un très bon shoot’em up : outre l’ambiance de folie qui transsude des exploits techniques de la machine, ceux-ci ont également une vraie incidence sur le gameplay – fluidité de tous les instants, des ennemis énormes aux attaques inimaginables (ce géant qui se saisit de rochers pour nous écraser avec !), et de nombreux passages originaux, aussi surprenants que déstabilisants (lorsque notre vaisseau s’infiltre dans des couloirs médiévaux, sous d’habiles jeux de lumière, et qu’il faut y éviter des colonnes assassines qui surgissent de sous la terre).


Le jeu est très facile à prendre en main : une seule arme à choisir parmi trois et susceptible d’être améliorée (piercing, bounce, Homing…), des smart-bombs et des modules pour nous accompagner – lorsque l’on ne tire pas, ceux-ci se chargent et peuvent ensuite être projetés sur les ennemis (en position défensive ils font office de boucliers latéraux). Quatre vaisseaux sont sélectionnables, avec des armes et des modules aux effets légèrement différents de ceux des autres pilotes. Ils ont également une vitesse propre à chacun, ce qui n’est pas nécessairement une très bonne idée car le vaisseau le plus rapide n’est déjà pas un foudre de guerre – le plus lent (de couleur verte) se révèle donc, sans surprise, presque injouable. Quant au plus rapide, à moins d’être un pilote d’élite, sa force de frappe cacochyme semble devoir le condamner à lécher les abîmes…


Le jeu est relativement court : cinq niveaux extrêmement rythmés qui passent vite, très vite, malgré des scrollings et des vaisseaux un peu lents – c’est paradoxal. On vient de se débarrasser du malheureux mid-boss que l’on entrevoit déjà presque le boss de fin des lieux ! Et ce n’est pas un défaut selon moi, j’aime les jeux intenses avec des vagues ennemies et des pièges retors qui s’enchainent. On n’a pas le temps de souffler certes, mais ni de s’ennuyer ! Cette faible longueur des niveaux permet aussi de relativiser la difficulté du jeu – il parait brutal au premier coup d’œil, mais il est en réalité extrêmement accessible, et assez simple à mémoriser. Le pilote d’élite dont je parlais plus tôt devrait alors prendre son courage à deux mains et se lancer dans la quête du 1CC, puis se frotter aux différents niveaux de difficulté avant d’essayer de dompter les quatre vaisseaux. Eh oui, dans un plot twist digne d’une mauvaise production hollywoodienne, je reviens sur ce que je disais un paragraphe plus haut : le vaisseau vert, ultra lent, n’est pas injouable – il nécessite de connaitre le jeu sur le bout des doigts certes, avec quelques smart-bombs pour se sortir des situations inextricables. Et sa force de frappe fera le reste ! Même les boss le maudissent car face à lui, c’est en quelques secondes qu’ils dévissent !


Sorti dans l’indifférence générale fin novembre 1995, lorsque les joueurs et les journalistes n’avaient d’yeux que pour la Saturn et la PlayStation (au point de n’avoir été testé nulle part dans les magazines français), SAPPHIRE est aujourd’hui reconnu à sa juste valeur : celle d’un shoot’em up de très bonne qualité, techniquement pointu et irréprochable, et très généreux (le jeu est plein d’ennemis et pièges uniques que l’on ne croise qu’une seule fois durant la partie). À mon sens, il ne parvient pas, malgré tout, à se hisser au niveau des plus grands shoot’em up de la console – la faute à un petit manque de vitesse, de folie dans la gestion des armes, mais aussi à cause d’une relative étroitesse de l’écran (scrolling vertical en 4:3 avec une grosse barre grise qui mange de l’espace en bas).

Mais comme je l’ai déjà dit, le jeu regorge de qualités. Pour être aimé, voire vénéré par certains, cela devrait suffire à SAPPHIRE.

Note : Nostalgie :

Développé par un studio avait déjà un très bon jeu à son actif (HAGANE), SAPPHIRE tire le maximum des capacités d’une PC Engine boostée aux hormones de l’Arcade Card Duo. Le résultat n’est pas seulement une jolie vitrine technologique destinée à nous en mettre plein les yeux, mais aussi un vrai bon jeu ! Un shoot’em up court mais intense, proposant une foultitude de bonnes petites idées enrichissant le level design et le comportement des ennemis.

Images : hardcoregaming101

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