
DINO CRISIS
Année : 1999
Studio : Capcom
Éditeur : Capcom
Genre : le dino sort du Crétacé
Joué et testé sur PlayStation
Support : CD-ROM
Un savant surdoué, le docteur Kirk, travaille dans le plus grand secret pour le gouvernement. Son laboratoire est situé sur l’île Ibis, a l’abri des regards indiscrets. Mais ses progrès sur l’énergie pure étant jugés insignifiants, les autorités décident de tout arrêter. C’est alors qu’une terrible explosion survient, et que tout le personnel alors présent dans les lieux semble périr. Quelques années plus tard, pourtant, un espion envoyé sur l’île confirme la présence du docteur Kirk, qui parait même continuer ses expériences. Quatre soldats d’élite sont alors envoyés sur place – ce qu’ils vont y découvrir va les laisser sans voix.
Chez Capcom, on ne change pas une équipe qui gagne – beaucoup d’argent ! Après les succès fracassants et mérités de BIOHAZARD et BIOHAZARD 2, et avant la sortie du troisième épisode, la firme japonaise décida de lancer un clone avec des dinosaures en lieu et place des zombies, et avec le père du premier jeu à la tête de ce projet scabreux, le légendaire Mikami Shinji !
Le résultat est beau, avec des décors en 3D cette fois, ce qui permet à la caméra de nous suivre sous différents angles et travellings – mais le joueur ne peut pas contrôler la caméra en question, ce qui aboutit, immanquablement, à des problèmes déjà vus avant : on ne voit pas toujours les bestioles sur lesquelles on tire, par exemple. Mais oui, le jeu est beau et bourré de détails délicieux : notre personnage qui peut saigner, ces insectes qui prennent un malin plaisir à se brûler les ailes sous les lampadaires, ces cartouches qui s’éjectent de notre arme à mesure que l’on vide notre chargeur, les bruits de nos pas et de nos tirs plus ou moins étouffés selon l’endroit où l’on se trouve, etc. La manière d’explorer les lieux a également été bien pensée : cette fois-ci il est possible de se hisser dans des conduits, et d’activer ou de désactiver des lasers pour bloquer ou débloquer un passage – il est parfois nécessaire de couvrir ses arrières !
Pour le reste, c’est littéralement un copier-coller de RESIDENT EVIL mais avec des dinosaures dans des couloirs – le joueur naïf qui espérait voir du pays va rapidement voir ses espoirs refroidis : pas de jungle ou de sites naturels ici, mais uniquement les couloirs d’une base futuriste qui sont d’ailleurs, comble du malheur, beaucoup moins variés que les décors des deux premiers BIOHAZARD. DINO CRISIS aurait-il été produit à la va-vite, pour sortir avant un BIOHAZARD 3 qui lui aurait fait de l’ombre ? C’est tout à fait possible tant le jeu parait manquer de profondeur, et d’ambition. L’aventure est un peu fade, et la tension faiblarde. On passe le plus clair de notre temps à tenter de résoudre des puzzles, à déchiffrer des codes, à courir après tellement de clés, de pass et de cartes magnétiques que j’ai parfois eu l’impression d’incarner un serrurier !
DINO CRISIS n’est pas pour autant un mauvais jeu, en particulier quand on l’envisage sous le spectre déformant de la nostalgie : techniquement c’est réussi, il y a quelques décisions à prendre qui ont une petite influence sur le scénario, même si le bestiaire est peu varié on prend un réel plaisir à dégommer de grands reptiles, et la présence du T-Rex dans la peau et les écailles d’un ennemi récurrent, avant l’arrivée du Nemesis dans RESIDENT EVIL 3, est une bonne idée – hélas sous-exploitée. C’est d’ailleurs là que se situe le drame de DINO CRISIS : en parallèle de chacune de ses qualités et de quelques trouvailles en or, ses détracteurs trouveront toujours un os à ronger. Oui, le jeu de Capcom a très mal vieilli. C’est un dinosaure.
Un clone de RESIDENT EVIL avec des dinosaures ? Je signe, que dis-je : je saigne de suite ! Hélas si le début de l’aventure est prometteur, le jeu s’enlise très vite dans des pérégrinations procurant un ennui profond, assommant le joueur moribond entre le fossile et le marteau. En réalité, on est plus proche, ici, d’un copier-couler.
Images : thekingofgrabs.com
Preview durant l’E3 1999 :








